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Poésie

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Incantation (Denise Miège)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



Je t’enlise, je t’enrobe, je te love, je te veux
Je te vise, te bombarde, et je te prends d’assaut.
Je ne te laisse pas le temps, je t’invite,
Je t’emperle, je t’envoûte, je t’attends.
J’ai tellement envie de toi.
Je t’envahis, je t’environne, je suis partout à la fois.
Je suis de tous les départs
Que tu prendras au hasard
Pour ne plus m’entendre te répéter que je t’aime
T’enlise, te veux, t’attends,
Te vise, te prends, te laisse,
T’embobine à chaque pas, te frise, te lisse , te lèche,
T’use et ruse, charme et louvoie.
Et du plus loin que tu sois,
Je suis ta dernière demeure
Et tu chemines vers moi.

Donner le change,
Tu n’en finis pas, ma tendresse murée.
Toute gouaille dehors, pourquoi cacher profond
Ta douceur de pollen? Tu n’es pas fait pour la mêlée!
Des animaux gracieux dorment dans tes prunelles,
S’éveillent à la caresse.
Même blessé, je t’aime, t’imaginant parfois soleil
D’une contrée heureuse.
Pourtant c’est quand tu mords à dents de loup
Les mots mieux que personne,
Beau parleur, que tu donnes le change
D’une légende dont rien ne te délivre.

(Denise Miège)

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La Mourre (Denise Miège)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2015



Je suis au fond du vide, je veille un mort
Je chavire et ça ne se voit pas.
Je perds pied je crie sans bruit
Mais personne ne s’en aperçoit.
Je mets des masques sur la nuit
Je craque je détraque je dis depuis longtemps des mots
Qui n’ont pas cours dans le langage des prisons
Dont vous avez refermé les fenêtres
Dans les villes sans joie où l’on s’en va bientôt mourir
Où nous marchons, reflets, sans jamais nous rejoindre,
Où tu parles un langage que je ne comprends pas
Où je peux très bien ne pas exister
Dans l’ordre des caresses
Où tu pourrais peut-être ne jamais avoir été
Qu’un mirage qu’un corps à deux dimensions une image
Qu’on peut annuler
Etouffer étouffer
Sans que personne ne s’étonne,
Ma petite musique de nuit,
Mon cheval pâle, mon attente,
Un amour de chat du Chester s’efface
Lentement autour de son propre sourire!

(Denise Miège)

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