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Poésie

Posts Tagged ‘dénoncer’

POÉSIE I (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



 

POÉSIE I

Poésie
Tu nous mènes
vers la substance du monde

Lacérant en poèmes
le bandeau des mots

Rompant leur cartilage
Dénonçant leurs lézardes

Questionnant la clairière
Cernant tout le brasier.

(Andrée Chedid)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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LES FLEURS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LES FLEURS

Nymphes des bois et des fontaines, amies bienfaisantes, je suis là.
Ne vous cachez pas, mais venez m’aider,
car je suis fort en peine de tant de fleurs cueillies.

Je veux choisir dans toute la forêt une pauvre hamadryade aux bras levés,
et dans ses cheveux couleur de feuilles,
je piquerai ma plus lourde rose.

Voyez : j’en ai tant pris aux champs
que je ne pourrais les apporter si vous ne m’en faites un bouquet.
Si vous refusez, prenez garde :

Celle de vous qui a les cheveux orangés,
je l’ai vue hier saillie comme une bête par le satyre Lamprosathès,
et je dénoncerai l’impudique.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le menacé (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



Le menacé

C’est l’amour. Je devrais me cacher ou fuir.

Les murs de ma prison grandissent, comme en un rêve atroce.
Le beau masque a changé, mais comme toujours c’est le seul.
De quoi peuvent me servir mes talismans :
l’exercice des lettres, la vague érudition,
l’apprentissage des mots dont l’âpre Nord se servit pour chanter ses mers et ses épées,
la sereine amitié, les galeries de la Bibliothèque, les choses courantes, les coutumes,
le jeune amour de ma mère, l’ombre militaire de mes morts, la nuit intemporelle, la saveur du sommeil ?

Etre avec toi ou ne pas être avec toi est la mesure de mon temps.

Déjà la cruche se brise sur la fontaine, déjà l’homme se lève à la voix de l’oiseau,
déjà s’assombrissent ceux qui regardent aux fenêtres mais l’ombre n’a pas apporté la paix.

C’est, je le sais bien, l’amour : le désir anxieux d’entendre sa voix,
l’attente et la mémoire, l’horreur de vivre dans la succession.

C’est l’amour avec ses mythologies, avec ses petites magies inutiles.

Il y a un coin de rue où je n’ose passer.

Déjà les armées m’encerclent, les hordes.

(Cette chambre est irréelle, elle ne l’a pas vue.)

Le nom d’une femme me dénonce.

J’ai mal à une femme dans tout mon corps.

(Jorge Luis Borges)

 

 

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Un bourdonnement de fond (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2016



Un bourdonnement de fond

témoigne de la présence des choses.
Nous avons besoin de la parole et du vent
pour le supporter.

Un bourdonnement de fond
dénonce l’absence des choses.
Nous devons inventer une autre mémoire
pour ne pas devenir fous.

Un bourdonnement de fond
annonce qu’il n’y a rien
qui ne puisse exister.
Nous avons besoin d’un silence doublé de silence
pour admettre que tout existe.

Un bourdonnement de fond
souligne le froid et la mort.
Nous avons besoin de la somme de tous les chants,
du résumé de tous les amours
pour pouvoir apaiser ce bourdonnement.

Ou bien un soir,
sans autre condition que son ajour,
un oiseau viendra se poser sur l’air
comme si l’air était une branche.
Alors cesseront tous les bourdonnements.

(Roberto Juarroz)


Illustration: Giotto

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Nous humons les parfums les plus fragiles (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016



Nous n’aurons de cesse d’être en vie
que pour dénoncer les roses
qui ne seraient que roses.
Eau à la bouche, nous humons
les parfums les plus fragiles.

(Jacques Izoard)

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Je dénonce ma vie et j’y reste (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2016



Je dénonce ma vie et j’y reste
par désarroi ou par malice,
par vaillance et par sot plaisir.

(André Frénaud)

Illustration: Olivier Valsecchi

 

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On s’émerveille (Paul Mathieu)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016



on s’émerveille devant
deux ou trois brins d’herbe
poussés au hasard d’une friche
quand il s’agirait de voir plus loin
de crier avec les autres
souligner
toutes les inepties du temps
dénoncer tous les crimes
mais
dénoncer ne suffit pas
c’est d’abord d’enseigner
la beauté qu’il s’agit
non pour distraire les regards
mais pour les élever
les amener à dire oui au brin d’herbe
poussé au hasard d’une friche

(Paul Mathieu)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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LA FIGURE (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2016



Zdzislaw Beksinski 2522_orig

LA FIGURE
A Jacques Duron.

SOMMES NOUS, par nous seuls dépassés ou détruits,
Ces errants, déserteurs d’un combat sans conquête,
Cette chair mise à nu par celle qui nous guette,
Obstinée à survivre au souffle de ses nuits ?

Pourquoi n’as-tu choisi qu’un corps pour cette tête,
Amour, arbre à soleil qui prend peur de ses fruits ?
Des grappes de l’éclair les chiffres éblouis
N’ont jamais dénoncé que ma seule tempête…

– Coeur lié nuit et jour au devoir de s’ouvrir,
Quel secret te condamne au secret de mourir,
Étoilé, dans un coeur qui t’écrase et t’emmure?

— Si je te vois encor quand je brûle de moi
Et ai l’astre éclaté donne au ciel sa figure,
L’ange né de mon sang ne ressemble qu’à toi…

(Louis Emié)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

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MON amour n’a jamais rencontré qu’un visage (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2016



 

Mahira Ates (7)

LE VENT DE SABLE
A Hubert Dubois,

MON amour n’a jamais rencontré qu’un visage :
Il ne ressemblait pas à ceux que j’ai perdus
Et dans ce paysage où nous errions plus nus
Que le ciel, je cherchais, vertige, une autre image.

Ailleurs, rien qu’une étoile — et ses feux se sont tus —,
Rien que toi, mon désert debout sur cet orage,
— Mais ce sanglot d’enfant qui n’a jamais eu d’âge,
Quels secrets dans ces bras n’a-t-il pas obtenus ?

N’es-tu cette ombre, Amour, à l’ombre de moi-même
Et si, de tout mon sang, tu dénonces qui j’aime,
Brûles-tu son fantôme ou mon double hasardeux?

— Je ne sais qu’un seul nom, le tien, l’irremplaçable,
Mais pour vivre sans lui l’angoisse d’être deux
J’arrache encor le nôtre à ce grand vent de sable.

[…]

(Louis Emié)

Illustration: Mahira Ates

 

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Complicité (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2015



Complicité

Toi et moi nous tenons tout le ciel dans nos mains
Caressons le soleil sur le faîte du mur
Et respirons un air plus pur
Qui frissonne dans le lointain
Tu m’offres les fruits que tu cueilles
Dans la joie de la sève et le rire des feuilles

Nous chantons dans le vent
Emportés par sa course
Et dans ton beau regard de source
Je lis un désir de clarté
Un grand souffle de liberté
Nous pousse jusqu’à l’horizon

Nous ôtons les toits des maisons
Pour y faire entrer le printemps
Avec tous les oiseaux chantants
Et l’odeur de l’herbe des champ
Qui monte à l’heure du couchant

Le bois s’éloigne
Nous ne l’atteindrons jamais
Pour nous cacher aux regards indiscrets
Qui veulent nous empêcher de nous aimer
Et la plaine est trop vaste à traverser
Pour être à l’abri

La trace de nos pas
S’effacera dans le sable
Mais restera gravée dans la glaise
Pour nous dénoncer.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Hugues Gillet

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