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Poésie

Posts Tagged ‘dénoué’

Abîme (G.L Godeau)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018


Le soir, quand tu sors tes clés pour fermer la salle de lecture, je suis le dernier.
Je remets les journaux à leur place.
Et tu me dis en rougissant: « Ne vous donnez pas la peine, monsieur; je suis là pour ça ».
Tes longs cheveux dénoués et ma veste souris iraient très bien ensemble.
Nous le savons aux sourires que nous échangeons pour affaires au-dessus du fichier.
Mais il y a tant de choses à remuer que nous nous suffisons à ces mots de vieillard.

(G.L Godeau)


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Être visage (François Muir)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



Illustration

    

Être visage,
Ondulant sous les planètes.
Cerf-volant mandarin
Aux liens dénoués.
Mille facettes
Ni mobile
Ni immobile.

(François Muir)

 

Recueil: Toi, l’égaré (poèmes inédits)
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Je me baigne dans l’obscurité (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018




    
Je me baigne dans l’obscurité.
Je me peigne au grand soleil.

Quand je sors au clair de lune,
ma mère me lace serré.

J’ai trois soeurs aînées, plus heureuses que moi.
Au clair de lune j’ai vu la première,
et sa robe était dénouée.

Au grand soleil j’ai revu la seconde
et elle se laissait baiser sur la bouche.
Dans l’obscurité j’ai vu la troisième

Il n’y a pas de nuit assez noire,
où l’oeil d’une vierge ne devine l’amour.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans la maison de l’âme (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



Illustration: Paul Delvaux

    
Dans la maison de l’âme

Plus au fond, tout au fond, dans la Maison de l’Âme,
Où vont et viennent et s’assoient autour d’un feu,
Les Passions avec leurs visages de femme.
(Rodenbach)

Dans la Maison de l’Âme, les Passions —
jolies femmes vêtues de soie,
la tête ornée de saphirs, sont chez elles.
Toutes les salles, de l’entrée jusques au fond,
sont maintenues sous leur pouvoir. Dans la plus belle,
pendant leurs nuits d’exaltation,
on danse, on boit, et leurs cheveux dénoués ondoient.

Dehors, pauvresses pâles et chétives,
les Vertus, en vieux vêtements,
prêtent l’oreille, non sans amertume,
au tapage endiablé des courtisanes ivres.
Le visage collé aux vitres qui s’allument,
Elles voient, muettes, pensives,
Les fleurs du bal et ses lueurs et ses diamants.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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Depuis maintes années (Michel-Ange)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Depuis maintes années cent fois je fus
brisé, vaincu, puis blessé et tué
par toi, de ma faute ; or, le chef chenu,
vais-je encor me fier à tes sottes promesses ?

Que de fois as-tu lié, que de fois dénoué
mes pauvres membres, et tant piqué mon flanc
qu’à peine en moi-même je puis rentrer,
baignant ma poitrine d’un flot de larmes.

Je te parle, Amour, de toi je me plains,
libéré de tes leurres : à quelle fin
prendre l’arc cruel et tirer en vain?
C’est honte d’offrir à la scie, aux vers
un bois calciné, ou courir après
qui a perdu la souplesse et l’élan.

Mes yeux ont ouvert l’huis à mon venin,
quand aux âpres dards livrèrent passage.
Nid et refuge ai offert aux doux regards
en ma mémoire, que rien n’effacera.

Endure est mon coeur, et mon sein soufflet
pour forger les soupirs dont tu me brûles.

(Michel-Ange)

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Ce qui reste à jamais à dire (Robert Ganzo)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



Vos liens sont dénoués, paroles,
Mes étoiles aux ciels des yeux.
L’instant m’interroge et je peux
Titubant de pleurer à rire
Tenter enfin de dire au mieux
Ce qui reste à jamais à dire.

(Robert Ganzo)


Illustration: Michel Ogier

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Le Double Froid (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2017



Le Double Froid

Demande,
efforce-toi,

bien que l’orgueil te tienne
comme le gel tient la terre
alors vêtue de glace, d’anathèmes.

Supplie le vent, implore qu’il desserre
le double froid,
la trompeuse splendeur.

L’infime croît,
le rouge-gorge est le pardon du jour.
Dénouée, à contre-nuit,
un robe enchante le ciel.

Vaste est la joie où le chemin se perd.

(Jean Joubert)

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JE ME JETTE A LA MER… (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2016



 

Mahira Ates (42) [1280x768]

JE ME JETTE A LA MER…

JE me jette à la mer pour savoir que je t’aime
Et dans l’algue multiple et son mouvant sommeil
Cette chair, ma blessure, et cet effroi, le même,
M’enchaînent à ce corps au nôtre enfin pareil.

Les flots du bel été puisent leur innocence
Dans ces mille regards par tous nos yeux voués
Aux blancheurs que le jour dans la palme balance
Sur ces instants plus beaux d’être ici dénoués.

Mais, pour nous délivrer de la muette absence,
De cette mort sans fin dont tu n’es pas jaloux,
Amour, ignores-tu que rien ne recommence
Lorsque nous te perdons dans un autre que nous ?

Sommes-nous si longtemps, aux confins de toi-même,
Ces mortels dont la fuite a désuni les pas,
Amour, quand ton orage abat l’arbre qu’il aime
— Cette chair que la nôtre enfante et ne voit pas ?

(Louis Emié)

Illustration: Mahira Ates

 

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Elle (André Gaillard)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2016


 

La route tournait et tu me soulevais de terre
pour m’embrasser.
Je ne me souviens pas d’avoir éprouvé
une jouissance aussi complète,
Aussi imprévue.
Ma chair se dénouait en bouquets
tremblants et lourds
D’un absurde bonheur,
d’un bonheur jamais rêvé.

(André Gaillard)

 

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