Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘dénouement’

Il n’y a rien à garder (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Il n’y a rien à garder.

Nous pouvons laisser les portes ouvertes
ou les clefs dans les serrures.

Nous pouvons partir les mains vides
sans penser à ce qui est à emporter
ou à ce qui est à laisser.
Il nous suffit des regards
qui ne peuvent pas se garder.

Face au dénouement prévu depuis longtemps,
ce qui est impossible à garder
est la seule chose qui compte.

***

No hay nada que guardar.

Podemos dejar las puertas abiertas
o puestas las llaves en las cerraduras.

Podemos irnos con las manos vacías
y sin pensar qué llevamos
o qué dejamos.
Nos bastan las miradas,
que no se pueden guardar.

Ante el desenlace largamente previsto
lo imposible de guardar
es lo único que importa.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dénuement. Dénouement (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
Dénuement. Dénouement.
Fais confiance à ce rythme linéaire.
Il contient tout le nécessaire.

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

LA CITÉ ENDORMIE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



LA CITÉ ENDORMIE

Avant le lever de rideau
Et l’éclairage de l’aube
Absence du machiniste
Dans la Cité endormie

La voûte noire enserre
Des gerbes de béton
Des tours ponts avenues
Des places et des jardins
Un fleuve et puis l’absence

Le plateau est désert
Les galeries sont muettes
Le parterre sombre et nu

Théâtre à l’abandon
Comédiens éphémères
Parodiant dans leur sommeil
Le funèbre dénouement.

(Andrée Chedid)


Illustration: Paul Delvaux

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les images (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



Un enfant qu’on soulève un peu
un vin foncé
des feuilles tressées en couronnes
un corps vibrant
jusqu’au plus doux aveuglement
n’imposent parfois
aucun désir de dénouement
mais forment dans les yeux
d’éphémères images
qu’on se remémore
au crépuscule
à bruyères noires.

(Jean Follain)

Illustration: Júlia Fernández Sánchez

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La cité endormie (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



La cité endormie

Avant le lever de rideau
Et l’éclairage de l’aube
Absence du machiniste
Dans la Cité endormie

La voûte noire enserre
Des gerbes de béton
Des tours ponts avenues
Des places et des jardins
Un fleuve et puis l’absence

Le plateau est désert
Les galeries sont muettes
Le parterre sombre et nu

Théâtre à l’abandon
Comédiens éphémères
Parodiant dans leur sommeil
Le funèbre dénouement.

(Andrée Chedid)

Illustration: Paul Delvaux

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les treuils, les cordes, les poulies (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Les treuils, les cordes, les poulies, — les volants et les
leviers — les manettes, les trappes, les glissières — la
poussière et les aboiements — toute la machinerie du
théâtre mental se met en marche, fonctionne à vide,
fonctionne pour le vide, pour le divertissement du
vide…
jusqu’à ce que le fleuve en crue sur lequel est flot
tant ce théâtre, s’engouffre entre les colonnes et les ors,
et apporte un dénouement à une vacance éternelle de
drame. Tout ce qui roule entre mes tempes, de séche
resse et de cailloux, à les faire éclater, comme à travers
un cirque de montagne qui amplifie son grondement, et
roule, et déferle contre vos genoux

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Laver son cœur (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2017



Laver son cœur
le faire sécher
le repasser
le suspendre sur un cintre
Ne pas le replacer tout de suite
dans sa cage
Attendre
la clé charnelle de la vision
l’impossible retour
le dénouement de l’éternité

(Abdellatif Laâbi)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

APRÈS (André de Fouquières)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2017



Illustration: Oleg Zhivetin

    

APRÈS

Méchante, tu le veux, c’est toi
Qui brise ton bonheur si frêle
Hélas ! Le mien aussi. Pourquoi
Faut-il que mon cœur las t’appelle ?

J’ai vécu l’ébauche d’un rêve
Sans voir le dénouement venir,
Et mon existence s’achève
Dans les relents du souvenir.

Comme toi, l’oiseau qui s’endort
Dans les plis d’un feuillage d’or
Repart au matin, infidèle.

Reste un duvet qui fut son lit
Comme mon cœur, l’arbre s’emplit,
Du frissonnement d’un bout d’aile !

(André de Fouquières)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

VENT ET NUIT (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2015





VENT ET NUIT

Heure de vent,
nuit contre la nuit,
ici, dans ma nuit.

Le vent taureau,
court, s’arrête, tourne,
va-t-il quelque part ?

Vent courroucé :
aux carrefours
l’âme se brise.

Comme moi-même,
colère accumulée
sans dénouement.

Vers où suis-je ?
Le vent vient et va.
Ni ici ni là.

Miroir aveugle.

(Octavio Paz)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :