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CLAIR DE LUNE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2020




    
CLAIR DE LUNE

La lune bleuit le jardin et, dans l’ombre, Zeineh rêve.
Elle est accroupie tout au bord du ruisseau limpide,
un jasmin aux lèvres, l’âme resplendissante d’amour.
Chaque battement de son cœur scande le nom du bien-aimé
et la chanson de l’eau le lui répète.
Zeineh sourit ; la fleur de jasmin palpite.
L’heure s’écoule. Le jardin bleuit davantage.
La lune a quitté le palmier dentelé et glisse derrière la colline ;
un rossignol prélude ; ses notes énamourées s’égrènent une à une dans la nuit écouteuse.
Zeineh lève le visage et rit.
Mais la fleur de jasmin s’est échappée de ses lèvres.
Elle est recueillie par le ruisseau où ne se mire plus la lune.
Zeineh tressaille. Son regard cherche les pétales tombés au fil du courant.
Mais le courant a emporté la fleur de jasmin et, là-bas,
la grenouille mélancolique semble pleurer une joie évanouie.
La fleur de jasmin est loin ; elle parfume l’eau fuyante.
Dans le cœur de Zeineh plus rien, que le souvenir du parfum.

(Anonyme)

 

Recueil: Ghazels – Poemes persans
Traduction: Marguerite Ferté
Editions: http://www.ebooksgratuits.com

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Une feuille de hêtre ! (Marcel Martinet)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017




    
Une feuille de hêtre !

De ma fuite d’entre les hommes
Avais-je escompté
La libération sans borne et sans rivage,
La révélation magique, le miracle ?

Peut-être.

Mais je n’ai rapporté
Que cette feuille d’arbre,
Cette petite feuille à peine dentelée.

Est-ce là ce miracle
Qui m’aurait commandé de marcher jusqu’au soir
Et qui m’aurait permis de rentrer chez les hommes ?

J’avais imaginé peut-être
Des horizons prodigieux,
La découverte de secrets
Cachés encore à tous les yeux,

Des renaissances de visages,
La majesté des choses vierges
Jamais nommées, jamais connues.
Je ne me souviens plus. Peut-être.
Mais je rapporte en témoignage
La petite feuille de hêtre.

(Marcel Martinet)

 

Recueil: Une feuille de hêtre
Editions: Plein chant

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Le sentiment d’une solitude déchirante (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017


Le sentiment d’une solitude déchirante
et d’une certaine incommunicabilité du monde
était parfois donné par la vue d’une brouette vide
vide encore chaude de la fumure transportée.
Le jardinier s’en était allé boire:
il se pouvait qu’il ne revînt jamais.
Je me disais que je lui avais quelques fois parlé.
A bien réfléchir, il se pouvait que je lui aie dit cent mots.

Les oiseaux passaient à tire-d’aile, les horloges sonnaient
et les ombres s’allongeaient sur le sol blanc.

Le jardinier n’était pas mort, il n’avait eu qu’une attaque.
Il ne parlerait plus et resterait sur un banc
devant sa porte et des mouches en pleine vie
marcheraient dans ses mains sur lesquelles tremblerait
l’ombre dentelée des feuilles pacifiques.

(Jean Follain)

Illustration

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Je prends plaisir à m’étendre sur toi (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2017



Illustration: Jean Picart Le Doux

    
Je prends plaisir à m’étendre sur toi
Mais je suis légère ma bien-aimée
Et mon Bleu
Va si Bien
A ton Blanc
Tous les amants sont jaloux
De la douceur des caresses
Que je te fais
Et l’arbre auquel j’appartiens
Pour l’éternité
Que dirait-il s’il savait notre amour
Il n’y a que les peintres et les poètes
Qui soient heureux de voir nos baisers dentelés
Les hommes marchent dessus

(Pierre Albert-Birot)

 

Recueil: Poèmes à l’autre moi précédé de La Joie des sept couleurs et suivi de Ma morte et de La Panthère noire
Editions: Gallimard

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Les béguines (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2015



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Les béguines sous les arbres bruissants
vont, et les feuilles criblent les cornettes
de coeurs dentelés qu’agite le vent,
si pesants, si noirs pour leurs blanches têtes
qu’elles se courbent en avant
vers la nuit déjà prête.

(Robert Mallet)

 

 

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