Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘dentelle’

LA MER (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



LA MER

La mer brille
Comme une coquille;
On a envie de la pêcher.
La mer est verte,
la mer est grise
elle est d’azur,
elle est d’argent et de dentelle.

(Paul Fort)

Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans la filature des saisons (Maggy De Coster)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



 Sol Halabi - (12)

Dans la filature des saisons
J’ai déposé la laine du soir
Et les anneaux des souvenirs
Accrochés à la dentelle du temps
S’entrelacent
Quand l’haleine du vent
Décoiffe la végétation endormie

Sur le ciré de ton corps
Se déposent les larmes de l’infante
Qui s’évaporent dans la brume crépusculaire
Et les pas du silence s’avancent
Dans le vestibule de la nuit se déployant
Timidement

(Maggy De Coster)

Illustration: Sol Halabi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MESDAMES LES FLEURS (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



MESDAMES LES FLEURS

Mesdames les fleurs,
assises sur les branches
dans l’allée de cerisiers,
serrées hanche contre hanche
en toilettes du dimanche,
Mesdames les fleurs
du verger
parlent entre elles
de mousseline et de dentelle
en secouant leurs poudriers.
Et de temps en temps
sous le baiser
d’un jeune vent
égaré
elles laissent tomber
un mouchoir ou un gant
blanc
tout blanc
tel un pétale de printemps.

(Christiane Barrillon)

Illustration: Jean-Jacques Grandville

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dentelle de cils (Bernard Pozier)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



Dentelle de cils
courbe du rêve
couloir du ciel
lèvres des rives

(Bernard Pozier)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Fidèle (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



Christian Schloe 4 [1280x768]

Fidèle

1. Fidèle, fidèle je suis resté fidèle
A des choses sans importance pour vous
Un soir d´été, le vol d´une hirondelle
Un sourire d´enfant, en rendez-vous
Fidèle, fidèle je suis resté fidèle
A des riens qui pour moi font un tout
Un vieux toutou, une boite d´aquarelle
Le port de La Nouvelle au mois d´août.

2. Fidèle, fidèle je suis resté fidèle
A des lieux et des amis très doux :
Un drôle d´Albert et sa sœur en dentelles
Un castillet tout neuf, un Canigou.
Une rue de Béziers, une tante Emilie
Une maman partant pour Budapest
Ma vieille maison avec sa tonnellerie
Et près de la gendarmerie, les express.

3. Fidèle, fidèle je suis resté fidèle
Au souvenir d´un soir à Montauban
Candides ardeurs, nos cœurs je me rappelle
S´étaient donnés si jeunes sur un vieux banc
J´étais parti dans la nuit des vacances
Plus léger qu´un elfe au petit jour
Mais à présent à présent quand j´y pense
Je pleure toujours mon premier amour.

4. Fidèle, fidèle pourquoi rester fidèle
Quand tout change et s´en va sans regrets
Quand on est seul debout sur la passerelle
Devant tel ou tel monde qui disparaît
Quand on regarde tous les bateaux qui sombrent
Emportant les choses qu´on espérait
Quand on sait bien que l´on n´est plus qu´une ombre
Fidèle à d´autres ombres à jamais.

(Charles Trenet)

Illustration: Christian Schloe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

HIVER BLANC (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



HIVER BLANC

La margelle du puits déroule son tapis
De laine de nuage à la blancheur d’albâtre
Un moineau égaré, dans un coin se tapit
Tandis qu’une fumée, mollement, sort de l’âtre.

Les toits éclaboussés de larmes hivernales
Pleurent de tout leur soûl les chagrins de la nuit
Et festonnent les tuiles de perles de cristal.
Accrochées ça et là dans les ombres qui fuient.

La rivière est miroir … les chemins sont d’hermine !
Les arbres de noël ont envahi les prés !
Les pommiers dépouillés qui faisaient triste mine
Se sont enjolivés de robes sans apprêt.

En ce joli matin d’hiver éblouissant
Où le jour et la nuit se font « guerre en dentelle »
Des flocons de duvet animent en dansant
Ce merveilleux tableau digne d’une aquarelle !

Et ce petit village, éternel inconnu
Devient soudainement une œuvre de Grand Maître !
Miracle des saisons … Décor tombé des nues …
Fasciner un instant ! Doucement disparaître …

(Jacqueline Commard)

 Illustration: Hendrick Avercamp

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHANSON (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



 

CHANSON

REVENU du désert
me tenant agrippé
au bord du renouveau
et voici
du repos qui console
à ma joie débordée
que scintille frileux
– ô matin – ô bonté –
la dentelle et les fleurs
Noël aubépine blancheur
mon amour

Le sourire de la plénitude
sensible comme la colombe
Seules des caresses furtives
avec les mains de la neige

Venez nous irons nous marier
dans un pays plus clair

Mais toujours à merci
du néant qui m’entraîne
à chercher sous l’écaille
ce qu’il faut pour nourrir
à l’étal de ma vie
cette angoisse
je retourne au désert
emportant avec moi
le sel noir de tes larmes
la tendresse entr’ouverte
Noël aubépine ô blancheur.

(André Frénaud)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

NUITS (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration
    
NUITS

Des nuits parfois sont mornes.

Les jardins n’ont plus d’odeur
Il n’est plus de frisson aux feuilles
Le ciel bas est plus rouge entre tant de portiques
Les places sont hantées de spectrales statues
Qui passe en vain s’y hâte.

Des nuits s’appesantissent à l’égal de nos jours.

Nuits d’une vieille ville
Trop vieille
Sans oiseaux sans licornes
Sans cavaliers ni dames folles
Ni faons blessés ni biches ni loups-cerviers
Ni sang frais sur les murs des palais ancestraux.

Les jeux de mains les jeux de mots sont feux
Jeux de mots jeux de mains où l’amour s’égarait
Parmi les cascades les lucioles les pierreries
La mousse des dentelles rompues
Les écharpes de soie jetées sur des yeux fiers
Les rires sous les pluies de pétales.

Nuits comme un théâtre de velours défunt
Où s’exaltent nos souvenirs diminués.

Matins étayés de béquilles.

Il reste un goût de cendre et de pourri
Un goût de fleurs croupies d’eaux fanées
Ce goût d’être déçu qui nous plaît plus que tout.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: L’âge de craie suivi de Dans les années sordides Astyanax et Le Point où j’en suis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ces jours-là, la rosée avait un goût d’enfer (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



Ces jours-là, la rosée avait un goût d’enfer
Aux dents des jeunes loups lâchés contre les nues.
l’entendais dans l’automne ouvert sur la menue
Dentelle de l’aurore un morne chant de fer

Qui passait sur la ville aux muettes entrailles
Sur la vigne et son coeur tatoué de mildiou,
Triste à mourir, un chant venu on ne sait d’où
Un chant vous aidant à vivre vaille que vaille.

(Albert Ayguesparse)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE MUR DE LA SANTÉ (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



Paris_Prison_de_la_Santé_Coin_Sud_2

LE MUR DE LA SANTÉ

Le mur de la Santé est le plus beau du monde.
L’eau avare qui suinte à son pied est limpide
Comme un lac de montagne où les oiseaux du ciel
Vont tracer sur l’ennui leur grand deleatur.

Le mur de la Santé est le plus haut des murs,
Mais la rose du rêve est piquée à son flanc ;
Ces graffiti de sang ont la couleur du temps,
Du temps qui fuit, du temps qui dort, du temps perdu,
Du temps que nous vivons, du temps qui vit sans nous.

Le mur de la Santé est le plus vieux du monde.
Le nom de mes amours en dentelle de suie
Dans le dessin d’un coeur percé y meurt et brille.

Le mur de la Santé est le plus grand des murs.
Les longs cheveux du vent effacent la brûlure
Des évasions manquées. C’est dans le souvenir
Que s’ouvrent les battants des portes de prison
Sur les champs de blé roux au bas d’un paysage
Signé par le soleil : Vincent en toutes lettres.
Mais on dit que Vincent est mort fou à Auvers.

Le mur de la Santé n’est saoul que le dimanche.
C’est un dimanche aussi que j’écris ce poème,
Avec le sang qui naît de sa main, mal fermée
Sur la vie, et son ombre endormie à mes pieds.

(Albert Ayguesparse)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :