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Poésie

Posts Tagged ‘dénuder’

Villanelle du solitaire (Patrice Auboin)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2018



Villanelle du solitaire

Douce compagne solitude
Tu t’accoudes à mon fauteuil
Toi silence, toi mansuétude.

Suis-je digne de ta quiétude
Quand tu scintilles sur le seuil
Douce compagne solitude ?

Tu favorises mon étude
Si je plonge dans un recueil
Toi silence, toi mansuétude.

Pour rompre quelque lassitude
Aux dames tu fais bon accueil
Douce compagne solitude.

Si dans l’herbe je les dénude
Eloigne-toi comme un chevreuil
Toi silence, toi mansuétude.

Après mainte vicissitude
Suivras-tu mon humble cercueil
Douce compagne solitude
Toi silence, toi mansuétude ?

(Patrice Auboin)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Gennadiy Ulybin

 

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Les mains de la source (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



Les mains de la source
Dénudent le sable
Et l’écume se détache de la cascade

Le sol respire
La terre s’estompe au tournant des orages
Quand l’aurore habille les épis

Dans cet horizon de silence
Se mêlent l’herbe et la forêt
Et les feuilles s’ébattent
Dans une profusion de sève

(Jean-Baptiste Besnard)

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Retouche à la prière du merci (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017




    
retouche à la prière du merci

Sur les paravents du soir
les oiseaux peints les fleurs se regardent
l’homme dénude sa compagne
heureux d’être au monde
et l’histoire a la taille d’un instant
sans vaincu ni victoire
forts prénoms au bas du ciel
que la lumière paraphe.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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Les muses (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Abdalieva Akzhan -  19

Les muses

Elles passent dans notre vie
Elles s´endorment dans nos lits
Nos amantes nos égéries
Les Muses

Qu´elles soient là pour un soir
Un mois un an ou pour toujours
Elles s´offrent avec amour
Les Muses

Elles se laissent regarder
Elles se laissent dénuder
Et nous donnent bien des idées
Les Muses

Elles hantent tous nos couplets
Nos guitares
Nos chevalets
Et font de nous ce qui les amuse

Par elles naissent des chansons
Des vagues à l´âme des passions
Des bonheurs et des grands frissons
Les Muses

Elles se laissent regarder
Elles se laissent dénuder
Et nous donnent bien des idées
Les Muses

Si par disgrâce elles s´enfuient
On peut sombrer dans l´insomnie
Le désert le vice et l´ennui
Qui usent

Mais à nous voir désespérés
Prises de remords et de regrets
Elles reviennent nous inspirer
Les Muses

Elles se laissent regarder
Elles se laissent dénuder
Elles nous donnent bien des idées
Les Muses

C´est à elles que je dédie
Ces mots cette mélodie
A mes amantes mes amies
Les Muses

(Georges Moustaki)

Illustration: Abdalieva Akzhan

 

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Retouches (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2017




    

Très tôt je m’aperçus que les lettres d’amour que j’envoyais
se ressemblaient toutes : demande, attente, merci, nouvel appel,
et que les réponses que l’on y faisait avaient le même tour.

J’abrégeai donc, je contournai les évidences
et ne parlai plus que du décor qui m’entourait,
de l’image ou de l’idée qui me tourmentait autant que mon corps,
mais je trouvai mes descriptions trop longues et mes cachettes bien théâtrales.

Comme j’avais le temps je me suis mis à les réduire et dénuder,
à regarder de biais ou par-dessous
les villes, les êtres, mes sentiments,
tout ce qui me tombait sous la main,
à les concentrer en poèmes,
c’est-à-dire en chambres fortes,
à faire en sorte que le destinataire de ces mots
eût à les forcer, à les prendre et reprendre.

Je les appelai retouches.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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C’est là ma vie (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2017



 

papillon

C’est là ma vie, celle d’en haut,
celle de la brise pure,
celle de l’oiseau ultime,
celle des cimes d’or de l’obscur !
C’est là ma liberté, humer la rose,
briser l’eau froide de ma main folle,
dénuder l’allée d’arbres,
dérober au soleil sa lumière éternelle !

***

¡Ésta es mi vida, la de arriba,
la de la pura brisa,
la del pájaro último,
la de las cimas de oro de lo oscuro!

¡Esta es mi libertad, oler la rosa,
cortar el agua fría con mi mano loca,
desnudar la arboleda,
cojerle al sol su luz eterna!

(Juan Ramón Jiménez)

 

 

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Tes seins (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



De nouveau j’évoque
tes seins que dénude le soleil
tes seins en surplomb
qui se balancent au rythme de la marche
tes seins que tu m’offres généreusement….

et ton regard d’extase
torturé de pureté
ton regard vierge
sensuellement s’ouvre
aux images de la perversité.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Pierre-Yves Vigneron

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Comme un jardin à l’abandon (Aurélia Lassaque)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



Illustration: Céline Decubber
    
Comme un jardin à l’abandon

Comme un jardin à l’abandon
Ta peau
Comme un jardin à l’abandon
Avec beaucoup de fleurs dedans.

Tu dis — J’aime tes longs cheveux —

Dans le creux de ta main
La clé d’une maison inconnue;
Celle de tes ancêtres.

Tu dis que les volets ont perdu leur couleur,
Comme les vieilles tortues qui encombrent la mer.
Tu as dénudé tes yeux
Sur mon épaule.

À l’heure de la prière,
Nous avons dessiné des oiseaux
Avec l’ombre de nos mains.

Tu me parlais d’arbres
Qui ouvrent leurs feuilles
Au clair de lune.

Et je ne t’écoutais pas.
Je ne voyais déjà plus tes mains
Qui ouvriraient
Bientôt loin de moi
Les volets ternes d’une maison
Au bord d’une rivière
Dont tu ne m’as jamais donné le nom.

(Aurélia Lassaque)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Sur les hauts d’Esmoulières (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017




    
Sur les hauts d’Esmoulières

1
dans ce matin il n’y a rien
qu’herbes jaunies broussailles mauves
le ciel mouvant tourne
sur ma tête

et pourtant

2
le corps s’avance et se durcit
Sur cette route de janvier
qui m’ouvre ses portes bleues

3
une parole pauvre et qui dénude
dans le vent du pays
et qui éclaire loin
à travers le chaos du siècle
voilà ce que je cherche

4
et plus j’avance
plus je perçois
cet archipel d’étangs
fragments de la mer oubliée
de l’origine perdue
dans cette montagne

5
je la remonte
par des sentes broussailleuses
marche dans les veines
d’un corps nubile

sur le haut du plateau
bleu sombre, lumineux
je découvre son ventre herbeux
et la pointe neigeuse
d’un Sein

6
et tout est là
dans ce silence
ce vide génésique

un vrai visage
longtemps cherché

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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Bois d’Hiver (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2017




Illustration
    
Bois d’Hiver

J’ai mis les livres de côté
et je vois les dernières pommes
tomber des arbres gelés

j’ai vu aussi les glands darder
leurs pousses rouges
dans le sol dur

et l’écorce des bouleaux blancs
fut pour moi plus que tous les livres

et ce que là je lus
dénuda mon cœur au soleil d’hiver
et ouvrit ma cervelle au vent

et tout à coup
tout à coup je sus dans ce bois d’hiver
que j’avais toujours été là

avant les livres
comme après les livres
il y aura un bois d’hiver

et mon cœur nu
et ma cervelle ouverte au vent.

***

Winter Wood

So I have put away the books
and I watch the last apples fall
from the frosty trees

and I have seen also
acorns stretching red shoots
into the hard soil

and the white bark of the birches
was more to me than all the pages

and what I read there
bared my heart to the winter sun
and opened my brain to the wind

and suddenly
suddenly in the midst of that winter wood
I knew I had always been there

before the books
as after the books
there will be a winter wood

and my heart will be bare
and my brain open to the wind.

(Kenneth White)

 

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