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Poésie

Posts Tagged ‘dénuement’

FIN D’ÉTÉ (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



 

FIN D’ÉTÉ

Déluge boréal, et la nuit entière, lâchée
à l’heure diluvienne de l’oeil. Notre volonté
aux os brisés, contrant le flot
de pierres dans notre sang : vertige
depuis les hauteurs d’hélium
de la langue.

Demain : une route de montagne
bordée d’ajoncs. Ensoleillement
dans les fissures de la roche. Dénuement.
Comme si nous pouvions retenir un simple souffle
à la limite du souffle.

Il n’y a pas de terre promise.

(Paul Auster)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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Dénuement (Armen Lubin)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



Dénuement

N’ayant plus de maison ni logis
Plus de chambre où me mettre,
Je me suis fabriqué une fenêtre
Sans rien autour.

(Armen Lubin)


Illustration: René Magritte

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Les murs (Vahé Godel)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



A force d’être
silencieux et nus
dépourvus de fenêtres

les murs m’ont revêtu de leur silence
et de leur dénuement

(Vahé Godel)

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Tu m’ouvres grand les bras (Auguste Bonel)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2017



tu m’ouvres grand les bras
même quand le vent
casse les branches

tu laisses couler mes larmes
entre tes doigts
pour séparer dans ma vie
l’eau de source de l’eau boueuse

tu m’offres ta nudité
contre mon dénuement
quand je suis mégot fumant
tu me glisses dans tes nerfs
je deviens puce lumineuse
communication cosmique

(Auguste Bonel)

Illustration: John Byam Liston Shaw

 

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LAISSE ICI TON BAGAGE D ESPOIR… (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration
    
LAISSE ICI TON BAGAGE D’ESPOIR…

Laisse ici ton bagage d’espoirs,
De peurs secrètes, de ténèbres,
Tes oripeaux d’enfance, tes ferveurs,
Et tous les morts qui t’accompagnent
De leurs paisibles voix aimées.
Tu dois poursuivre seul,
Lourd de tes mots, de tes silences,
Sans autre recours que ton dénuement,
Pour mesurer ta vie
A l’abandon des êtres et des rêves,
Pour que ton âme s’illumine
De ce qu’elle a quitté.

Ce qui est écrit sur la pierre
Ne t’apprend rien que tu ne saches.
Méfie-toi de ces mots qui voudraient
Te parler de toi. Ils sont leurres.
Ce qu’ils cherchent à dire
Demeure en deçà des paroles.
Fouille en toi plus profond,
Jusqu’à cette lueur qui tremble
En ce miroir embué de ténèbres
Où ton visage dort encore.
Ne désespère pas, tout est si proche,
Ta lumière ici fait silence.

Toutes les routes sont promises
A qui les rêve sans les voir.
L’une s’ouvre à tous les voyages,
L’autre avec toi s’enfonce au coeur du temps,
La troisième fait don d’une enfance
A celui qui n’en avait plus,
Une autre encore à l’errance t’incite
Vers une terre en friche où naisse enfin
L’espoir sous la parole et toute paix
Dans le regard des hommes.
Tu t’inventes, les yeux fermés,
Le seul chemin qui ne mène qu’à toi.

Ce que le monde te raconte,
Préserve-le comme un secret
Scellé sous l’écorce de la chair.
Au fond de tes yeux veille encore
L’innocence du premier regard.
Chaque syllabe en toi fait don
De sa lumière au jour qui la suscite
Et, d’un souffle, renait pour mourir
D’une autre vie, d’elle-même jaillie.
L’été, la nuit, tout t’habite à jamais,
La neige, le galet, l’oiseau perdu
Et cette flaque où le ciel nu respire.

(Pierre Gabriel)

 

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L’ordre logique s’effondra (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



 

L’ordre logique s’effondra avec le toit
nous applaudissions les pluies entre nos murs
rapiécions avec ferveur les accrocs des toiles d’araignée
Nous étions fétichistes
irrévérencieux
ma mère tirait les cartes aux merles moqueurs
mon père frappait le sable
frappait Dieu
à la saignée des nuages
sur le dos courbé de l’air
Notre salut viendrait de la nature
nous attraperions les rousseurs des automnes
le dénuement de l’hiver
nous finirions en sarments
en fagots
pour affronter les colères brèves des résineux.

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Hans Thoma

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Objets (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2017



Objets

On cherche en vain dans la nuit des soupentes
le couteau disparu, la mince lame
qui partageait la tendresse du pain.

Puis c’est le pain qui fait défaut. Un livre,
un gant, une clef, un bijou frileux
cèdent tour à tour à la contagion.

Partout la main glisse sur une absence.
La maison se vide, et nous sommes seuls,
transpercés par une lueur d’épouvante.

Nous sentons fondre nos dents sous la langue,
nos cheveux jonchent le sol, nos os
déracinés se couchent dans le vent

qui fouille le désert entre les murs,
car dans la nuit s’est brisée la toiture,
avant l’aube du parfait dénuement.

(Jean Joubert)


Illustration: Jacques Place

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Celui qui prévoit d’attendre (Jack Keguenne)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



celui qui prévoit d’attendre s’obstine d’espérance, s’allie au dénuement.
rien ne s’épuise plus vite que l’envie d’un refus.

(Jack Keguenne)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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Feuille (Oktay Rifat)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2016



 

Feuille

Si toutes mes feuilles s’ouvrent
Prends peur
Car ma solitude c’est moi
Car mon dénuement c’est moi
De la tête aux pieds.

(Oktay Rifat)

Illustration: Follon

 

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La traversée (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2016



La traversée

Car la perte était alors notre seule joie,
La privation de tout, notre désir exaucé,
Le monde notre propre trésor et notre jouet
Dans le dénuement, net comme feu,

En ces jours-là … comment dire
A quel point nous étions comblés de vie
A satiété comme en une parabole,
Liés ensemble en harmonie, comme des dieux.

(Edwin Muir)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

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