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Posts Tagged ‘départ’

J’emprunte le chemin qui franchit l’horizon (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2021



J’emprunte le chemin
qui franchit l’horizon
pour rejoindre l’au-delà
et me retrouve au point de départ

(Jean-Baptiste Besnard)

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SOUVENIR AU MOMENT DES ADIEUX (Niu Xiji)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
SOUVENIR AU MOMENT DES ADIEUX
(Sur l’air « L’aubépine de montagne »)

La brume timidement
se dissipe,
sur le ciel pâle
les dernières étoiles
peu à peu s’effacent.
La lueur faible
de la lune déclinante
effleure sa joue.
A l’aube nous partageons
les larmes du départ.

Beaucoup a été dit,
mais les mots d’amour
comment les épuiser?
Elle tourne la tête
et à nouveau répète :
« Souviens-toi de ma jupe
de soie verte
et regarde tendrement
les herbes fines partout
où te mèneront tes pas. »

(Niu Xiji)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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DEPUIS TON DÉPART (Zhang Jiuling)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



Illustration: Alix
    
DEPUIS TON DÉPART

Depuis que tu m’as quittée,
ma main a tenté en vain
de dénouer la pelote
de fils emmêlés.
Depuis que tu m’as quittée,
je suis comme la lune,
en son plein
et sur son déclin,
qui nuit après nuit décroît
et peu à peu s’éteint.

(Zhang Jiuling)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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L’intervalle (Nohad Salameh)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2021




    
L’intervalle

[…]

Venus de plus loin que l’enfance
À bout de départs et de retours
De chutes et d’assauts
Nous basculons dans la blancheur unanime
Ni sanglot
Ni amertume
Pas même un bruissements
Mais l’intervalle.

[…]

(Nohad Salameh)

 

Recueil: Voix d’encre 33
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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DE TOI (Jacques Demarny)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



 

Pier Toffoletti 22

DE TOI

Si je chante encore cette chanson
C’est pour toi
Pour que tu reviennes un jour te blottir dans mes bras

Il me reste de toi
Le souvenir des jours heureux
Quand j’étais amoureux
Quand tu prenais ma main
Pour découvrir ensembl’
Des mondes incertains
L’ivresse des matins
Un peu de mon chagrin
Et puis des mots d’amour
Ne rimant plus à rien

Mais j’aurai su garder l’espoir
L’espoir secret de te revoir
La la la la la la la la la la…
Après tant de souvenirs
La la la la la la la la
Après tant de souvenirs
La la la la la la la …

(Jacques Demarny)

Illustration: Pier Toffoletti

 

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Ailleurs (Ewa Lipska)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2021



Illustration: Igor Marceau
    

Ailleurs

Je voudrais vivre Ailleurs.
Dans de petites villes brodées à la main.

Rencontrer ceux
qui ne viennent pas au monde.

Nous serions enfin heureux solitaires.
Pas une station ne nous attendrait.

Nulle arrivée. Nul départ.
Au musée du temps qui passe.

Pas une seule guerre ne se battrait pour nous.
Pas une humanité. Pas une armée. Pas une arme.

La mort un peu pompette. Ce serait gai.
À la bibliothèque le temps en plusieurs volumes.

L’amour. Chapitre sans connaissance.
Tournerait dans un murmure les pages de nos cœurs.

***

Gdzie Indziej

Chciałabym mieszkać Gdzie Indziej.
W haftowanych ręcznie miasteczkach.

Spotykać się z tymi
którzy nie przychodzą na świat.

Bylibyśmy wreszcie szczęśliwie samotni.
Nie czekałby na nas ani jeden przystanek.

Żaden przyjazd. Żaden odjazd.
Przemijanie w muzeum.

Żadne wojny nie biłyby się o nas.
Żadna ludzkość. Żadne wojsko. Żadna broń.

Śmierć na rauszu. Byłoby wesoło.
W bibliotece wielotomowy czas.

Miłość. Nieprzytomny rozdział.
Przewracałaby nam szeptem kartki w sercach.

***

Elsewhere

I’d like to live Elsewhere.
In hand-embroidered towns.

To meet those
who are not born into the world.

At last we would be happily alone.
No stop would wait for us.

No arrival. No departure.
Evanescence in a museum.

No wars would fight for us.
No humanity. No army. No weapon.

Tipsy death. It would be fun.
In the library a multi-volume time.

Love. A mad chapter.
It would turn the pages of our hearts in a whisper.

(Ewa Lipska)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Moi, ailleurs, l’écharde
Traduction: Traduit du polonais par Isabelle Macor-Filarska et Irena Gudaniec-Barbier – The New Century (Northwestern University Press, 2009) – Translated by Robin Davidson & Ewa Elzbieta Nowakowska.
Editions: Grèges

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Le lys pur (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2020



    

Le lys pur

Le jardin invite au bonheur,
à l’agréable compagnie.
bienvenue, ô saison des fleurs !
Voici le temps des beuveries.
a brise du matin apporte
ses doux effluves à chacun.
Oh oui ! Oh oui ! Comme elle est douce,
l’odeur du souffle protecteur !
La peine est éclose la rose
qu’elle chante un chant du départ :
Gémis donc, pauvre rossignol,
car ton cri nous va droit au cœur.
Voici, oiseau mélodieux,
pour toi une bonne nouvelle :
En amour, il faut bien gémir
toute la nuit, ô triste amant !
Le bonheur ne s’achète pas
au bazar du monde, ici-bas :
Il se trouve dans les façons
des voyous, des mauvais garçons.
Au lys pur j’ai entendu dire
— de ses lèvres à mon oreille
Qu’il ne faut pas être chargé,
dans le monde, ce vieux couvent.

O Hâfez, le renoncement
est le vrai chemin du bonheur.
Il faut bien te garder de croire
que la vie des mondains soit bonne

***

(Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

 

Recueil: L’amour, l’amant, l’aimé
Traduction: Vincent-Masour Monteil
Editions: Actes Sud

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FAUX DÉPART (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2020




    
FAUX DÉPART

Penser qu’on aurait pu devenir cela aussi :
des héros, le visage resplendissant
et le corps couturé de blessures,
Alexandre aux portes d’Ecbatane, Colomb ou —

Penser cela ici, dans l’herbe abandonnée
au piétinement des boeufs sombres,
et piétiner comme eux, l’âme assourdie,
mais l’oeil prêt à ce qui doit venir

tôt ou tard, n’importe : qui viendra,
étant donné le point d’origine, l’axe,
l’uniformité du mouvement et la vitesse
avec laquelle comme un noyé

nous déglutissons nos échecs et nos ruines.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le départ (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



Illustration: Edvard Munch
    
le départ
est frère jumeau de l’amour,
ce tout-puissant, ce dieu assassiné.

(Adonis)

 

Recueil: Commencement du corps fin de l’océan
Traduction: Vénus Khoury-Ghata
Editions: Mercure de France

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RITUEL D’AMPLIFICATION DU MONDE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2020



 

Tereza Vlcková -a-perfect-day-elise...-10

RITUEL D’AMPLIFICATION DU MONDE

Je commencerai par être
un verbe
sans limites
un langage
où rien ne serait dit
mais tout pressenti
dans le monde visible
et nulle part ailleurs
un grain de sable
qui dialogue avec les dieux
une élévation
dans l’affection et le bruit neufs
un miracle inouï
sous le soleil de la conscience
je commencerai par être
en devenant ce que je suis

Je commencerai par être
un dispositif
d’émerveillement
un voyage
au bout du possible
vers
ce qui m’apprend
à mourir
la raison
la plus silencieuse
en moi-même
le loup
chaviré
d’une langue universelle
je commencerai par être
là voix d’une résonance

Je commencerai par être
un souffle
d’année-lumière
contre le vertige
de la tentation
du malheur
une anthologie
des bouleversements
un retour
de nuit blanche
qui coule
dans les veines
une tendresse
démesurée
je commencerai par être
au milieu de la poussière

Je commencerai par être
un sourire
blessé
une fêlure
centrale
un tressaillement
une souveraineté
fluide
tendue
la part donnée
offerte
au vide
une salve
dans l’imprévisible
je commencerai par être
avec la peau des dents

Je commencerai par être
le refus
de rêver pareil
le refus
du bureaucrate intérieur
une exaltation sereine
un visage
qui se transforme
en tigre
à chaque émotion
un visage sans visage
qui accueille
tous les visages
un tremblement de ciel
je commencerai par être
jusqu’au paroxysme

Je commencerai par être
mille kilomètres
de battements
de coeur
à la seconde
ici-haut
contre tous les robots
couleur chair
un saut
dans la vie
un saut
dans le vide
un saut
de lumière noire
je commencerai par être
une pulpe d’aimantation

Je commencerai par être
un soir
d’anéantissement
la plus haute
obstination
une science
de l’excès
l’empreinte
digitale
de la mort dans la vie
le toujours
maintenant
la parfaite
insoumission
je commencerai par être
à bout portant

Je commencerai par être
celui qui
chaque jour
découvre l’infinie
première fois
la parure du chaos
l’abandon
des masques
l’éclosion accélérée
d’une fleur de sens
celui qui
ne veut plus
traduire la vie
en cendres mortes
je commencerai par être
incomparable

Je commencerai par être
au diapason
d’un vent bleu
une danse exacerbée
des atomes
une mise au jour
de l’ossature du temps
le feu insoupçonné
de ma propre consumation
une vigilance détendue
une porte battante
qui va et qui vient
quand j’inspire
quand j’expire
je commencerai par être
jusqu’au bout du monde

Je commencerai par être
un maquisard de l’esprit
un étoilement
de précipices
pour saluer sans fin
les grands isolés
une secousse
de moelle
à mourir de fou rire
un accomplisseur
secret
préférant le coup de sang
au coup de dés
un infini départ
je commencerai par être
repassionné

(Zéno Bianu)

Illustration: Tereza Vlcková

 

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