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Poésie

Posts Tagged ‘dépenser’

IDÉAL LA CHANSON (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019




    
IDÉAL LA CHANSON

Toute l’âme dépensée
entre les amis d’un jour,
les désolantes pensées
et les avides amours,

je n’ai plus que cette rose
éclose par habitude,
arme frêle que j’oppose
à la noire inquiétude.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Signe de vie
Traduction:
Editions: Gallimard

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AINSI SOIT ELLE (Georges Perros)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
AINSI SOIT ELLE

Oui, nous ferons la croix ensemble,
Et je te clouerai sur le lit
Et je mêlerai mes membres
Aux tiens, ma petite amie.

Oui, cela ferons ensemble
Et je te prendrai la main
Comme à l’enfant pour descendre
Dans le ravin.

Nous jouirons de nous surprendre
Ainsi liés, oui, c’est promis,
Et caresserons nos cendres,
Avec mépris.

Nous regarderons en face
Nos deux pauvres corps meurtris
Sans y voir malice, et fasse
Que le bon Dieu n’y soit. Ainsi

Nous pourrons tous deux survivre
A cet enfer et paradis
Ainsi nous mourrons, et vive
Après l’hiver, l’âpre fruit.

Car il faut que tout finisse
En splendeur, chemise ou non
Ah! que le jour serait triste
Sans la nuit qui dit son nom.

Le plaisir veut qu’on y pense
Un rien de plus qu’il ne vaut
Que la bête en nous dépense
Son crescendo.

A l’amour rendons les armes,
Il nous dérange si peu!
Sois tel un soldat. Les larmes
Ne sont rien qu’un coup de feu

Qu’à personne l’on destine
Sans savoir pourquoi, comment,
Dresse ton corps et calcine
Ton sempiternel tourment.

Laisse-toi souffrir, ma belle,
Moi je laisse aller mon coeur.
Ainsi le navire appelle
L’ancre. Ainsi l’âme soeur, ma soeur.

(Georges Perros)

 

Recueil: J’habite près de mon SILENCE et 27 autres poèmes
Traduction:
Editions: Finitude

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Vous avez dit « Je t’aime » (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Vous avez dit « Je t’aime » au vide-ordures,
« je vous salue » aux fruits tombés,
« bonjour » au sable assis sur vos mensonges.
Vous avez dit « remplacez-nous »
aux trottoirs malheureux,
à la fatigue végétale,
au verbe sans vertèbre.
Vous avez dépensé tout votre orgueil.
Retraités de la peur, mot à mot, geste à geste,
vous êtes devenus votre potence.

(Alain Bosquet)

 

 

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L’INTERDICTION (John Donne)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Isabelle Zimmermann
    
L’INTERDICTION

Garde-toi de m’aimer,
Ou ma défense, au moins, songe à te rappeler!
Non que je me paierais de ma folle dépense
De salive et de sang sur tes pleurs et soupirs
En te rendant les coups dont tu me sus férir.
Mais, comme un tel Bonheur passe notre existence,
De peur que ton amour par ma mort soit frustré
Si tu m’aimes un jour, garde-toi de m’aimer.

Garde de me haïr,
Ou bien de ce succès de trop t’enorgueillir
Non point qu’en répondant par ma haine à la tienne
Je voudrais de mes torts m’instituer vengeur;
Mais tu t’aliénerais le style du vainqueur
Si je devais, vaincu, succomber à ta haine.
Donc, pour que mon néant ne te vienne amoindrir
Si tu me hais un jour, garde de me haïr.

Joins la haine à l’amour :
Ces extrêmes, ainsi, s’annuleront toujours.
Aime-moi, que je souffre une mort allégée;
Hais-moi, car ton amour pour moi serait trop grand;
Ou qu’ils me laissent vivre en s’entre-déchirant :
Je vivrai ton Théâtre, et non pas ton Trophée.
Pour ne m’anéantir avec eux même jour.
Pour ma vie épargner, joins la haine à l’amour.

***

THE PROHIBITION

Take heed of loving mee,
At least remember, I forbade it thee;
Not that I shall repaire my’unthrífty vast
Of Breath and Blood, upon thy sighes, and tearer,
By being to thee then what to me thou wart;
But, so great Joy, our life at once outweares,
Then, least thy love, by my death, frustrate bee,
If thou love mee, take heed of loving mee.

Take heed of hating mee,
Or too much triumph in the Victorie.
Not that I shall be mine owne officer,
And hate with hate againe retaliate;
But thou wilt lose the stile of conquerour,
If I, thy conquest, perish by thy hate.
Then, least my being nothing lessen thee,
If thou hate mee, take heed of hating mee.

Yet, love and hate mee too,
So, these extremes shall neithers office doe;
Love mee, that I may die the gentler way;
Hate mee, because thy love’is too great for mee;
Or let these two, themselves, not me decay;
So shall I, live, thy Stage, not triumph bee;
Lest thou thy love and hate and mee undoe,
To let mee live, O love and hate mee too.

(John Donne)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: J.Fuzier et Y. Denis
Editions: Gallimard

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Aime riveraine (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2017




    
Aime riveraine.
Dépense ta vérité.
L’herbe qui cache l’or de ton amour
ne connaîtra jamais le gel.

(René Char)

 

Recueil: Fureur et mystère
Traduction:
Editions: Gallimard

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Responsable (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



Illustration
    
Responsable
A Guillevic.

Et pendant ce temps-là que faisait le soleil?
ll dépensait les biens que je lui ai donnés.

Et que faisait la mer? — lmbécile, têtue
elle ouvrait et fermait des portes pour personne.

Et les arbres? — Ils n’avaient plus assez de feuilles
pour les oiseaux sans voix qui attendaient le jour.

Et les fleuves? Et les montagnes? Et les villes?
Je ne sais plus, je ne sais plus, je ne sais plus.

(Jean Tardieu)

 

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (XVI) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



 Illustration
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (XVI)

Il me faut aller vite dans tous les sens
parce que partout autour de moi
des femmes qui vont mourir se donnent
à des hommes dont la mort est pour demain.

Je dépense sans compter l’or de l’amour,
je goûte à ton corps comme à un verre
dont je n’ai pas le temps d’achever le contenu
parce que j’ai la main de la mort sur la gorge.

Il importe peu que je dise mon nom
à celles que je rencontre sur la route :
ma mort n’aura pour témoin que le visage
dont j’aurai vécu de tout mon regard.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Rêverie (Elisa Mercoeur)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2017



Rêverie

Qu’importe qu’en un jour on dépense une vie,
Si l’on doit en aimant épuiser tout son coeur,
Et doucement penché sur la coupe remplie,
Si l’on doit y goûter le nectar du bonheur.

Est-il besoin toujours qu’on achève l’année ?
Le souffle d’aujourd’hui flétrit la fleur d’hier ;
Je ne veux pas de rose inodore et fanée ;
C’est assez d’un printemps, je ne veux pas d’hiver.

Une heure vaut un siècle alors qu’elle est passée ;
Mais l’ombre n’est jamais une soeur du matin.
Je veux me reposer avant d’être lassée ;
Je ne veux qu’essayer quelques pas du chemin

(Elisa Mercoeur)

 Illustration: Ettore Tito

 

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Si j’avais 53 minutes à dépenser (Antoine de Saint-Exupéry)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2017



desert-cascades

Moi, se dit le petit prince,
si j’avais 53 minutes à dépenser,
je marcherais tout doucement vers une fontaine.

(Antoine de Saint-Exupéry)

 Illustration

 

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Ne dépensez pas trop tôt ces visages riants (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2016



Ne dépensez pas trop tôt ces visages riants
dans la pénombre d’une pièce ouverte étroitement
sur l’éclatant jardin retrouvé.
Ni la menue monnaie de ces pierres sèches
et ces feuilles poussiéreuses.

Ils pourraient être l’or d’un pays à venir.

(Heather Dohollau)

 

 

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