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Poésie

Posts Tagged ‘déplier’

FERMOIR (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo 71

FERMOIR

Tableau transformable
au mobile écran
le prisme des fables
sert les quatre sens ;
l’espace qui bouge
en ta profondeur
filiforme touche
l’esprit créateur
violet et rouge
métamorphoseur,
tout se multiplie
silhouette, l’art,
son et poésie,
le ciel qu’on déplie,
retour et départ :
à chacun son rêve,
oeuvre, liberté
de tout transposer ;
la vie est trop brève,
il faut l’inventer.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Désir du désir (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2019



Illustration
    
Désir du désir jamais rassasié du corps
de l’autre comme d’un horizon qui s’éloigne
à mesure. Ici tout tremble

De volupté, danse qui de toi
te rapproche, rose de chair heureuse

respirée dépliée
sous un plafond d’étoiles
et d’inquiétude.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je trouve si naturel que l’on ne pense pas (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Je trouve si naturel que l’on ne pense pas
que parfois je me mets à rire tout seul,
je ne sais trop de quoi, mais c’est de quelque chose
ayant rapport avec le fait qu’il y a des gens qui pensent…

Et mon mur, que peut-il bien penser de mon ombre ?
Je me le demande parfois, jusqu’à ce que je m’avise
que je me pose des questions…
Alors je me déplais et j’éprouve de la gêne
comme si je m’avisais de mon existence avec un pied gourd…

Qu’est-ce que ceci peut bien penser de cela ?
Rien ne pense rien.
La terre aurait-elle conscience des pierres et des plantes qu’elle porte ?
S’il en est ainsi, eh bien, soit !
Que m’importe, à moi ?
Si je pensais à ces choses,
je cesserais de voir les arbres et les plantes
et je cesserais de voir la Terre,
pour ne voir que mes propres pensées…
Je m’attristerais et je resterais dans le noir.
Mais ainsi, sans penser, je possède et la Terre et le Ciel.

(Fernando Pessoa)

Découvert ici: https://frogsblog7.wordpress.com/

 

Recueil: Le Gardeur de troupeaux et les autres poèmes d’Alberto Caeiro
Traduction: Armand Guibert
Editions: Gallimard

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Un Oiseau, avança dans l’Allée (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Un Oiseau, avança dans l’Allée —
Je le voyais à son insu –
De son bec il coupa un Lombric
Qu’il avala, tout cru,

Puis, sur une Herbe à portée
Il but de la Rosée –
Puis, sautillant de biais jusqu’au Mur,
S’effaça devant un Scarabée -—

Il lançait des regards très vifs,
En hâte, tout alentour —
Ses yeux semblaient des Perles effarées,
Il secoua sa Tête de Velours. —

Comme en péril, Circonspect,
]e lui offris une Miette,
Alors il déplia ses plumes
Et rama vers son Nid –

Plus doucement que Rames, de l’Océan
Divisent l’argent lisse,
Ou que des Rives de Midi, plongent
Les Papillons, sans clapotis.

***

A Bird came down the Walk —
He did not know I saw —
He hit an Angle Worm in halves
And ate the fellow, raw,

And then, he drank a Dew
From a convenient Grass —
And then hopped sidewise to the Wall
To let a Beetle pass —

He glanced with rapid eyes,
That hurried all abroad —
They looked like frightened Beads, I though,
He stirred his Velvet Head —

Like one in danger; Cautious,
I offered him a Crumb,
And he unrolled his feathers,
And rowed him softer Home —

Than Oars divide the Ocean,
Too silver for a seam,
Or Butterflies, off Banks of Noon,
Leap, plashless as they swim.

(Emily Dickinson)


Illustration

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Constellation de la Vache (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Constellation de la Vache

Cette traîne d’étoiles est mon linceul
dans le ciel déplié
au-dessus du champ d’oliviers
où pleure la flûte seule

Tu savais mes yeux comme des puits
où tu venais te rafraîchir
mais si tu veux me voir partir
c’est au firmament que je suis

Mes sabots sonnent dans la nuit
ma queue frappe, mon museau brille
ma robe de lait et de suie
forme des lacs et des villes

Ce soir regarde les signes
gravés le long de mon collier
ô chant tremblant et oublié
d’un berger d’une autre colline

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Que rien ne te contraigne (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

Que rien ne te contraigne

Que rien ne te contraigne — ah je n’y peux rien –
au soleil avant d’éclore venu baiser tes mains
qu’y pourrais-je, le jour est encore plus fort

(ô toute dorée)

Je sais bien qu’à sa chaude lumière
résister est vain
ta peau brille comme un or fin ruisselle
et dans le sable où tu sommeilles
sans refuge à mon inquiétude

(toute dorée)

C’est Isis transformée qui vient braver mes yeux
tant aveugles qu’ils n’aiment que la nuit
et si plier mes bras toujours ne puis
les déplier je dois pour embrasser votre clarté

(ah ! dorée)

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Abraxsis Der Jen

 

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Je déplie une carte (Valérie Canat de Chizy)(Marie-Noëlle Agniau)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
1

Je déplie une carte
pour savoir où tu es

quel chemin suivre
dans les méandres

si les animaux traversent
les champs déserts

si comme eux
un frisson court en moi.

2

J’attends la neige
qui ne vient pas

principe actif : me perdre

les yeux en l’air,
émerveillés.

(Valérie Canat de Chizy)(Marie-Noëlle Agniau)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Le poème correspondant
Traduction:
Editions: La Porte

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Au-delà de la flamme (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2017




    
au-delà de la flamme
aiguë du cierge
qui plie la haute
quête et déplie
la prière fragile
brûle le mystère
partagé

(Silvia Baron Supervielle)

 

Recueil: Sur le fleuve
Editions: Arfuyen

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Parfois s’installe un oranger du Mexique (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Parfois s’installe un oranger du Mexique
dans l’oreillette droite de votre coeur

laissez-le
déplier ses odeurs, accueillir ses oiseaux
s’entourer d’herbe.

Il tiendrait aisément sur votre paume
parce que le coeur est petit, maniable

pourtant sa perspective n’en finit pas.

Jetez vos heures lourdes
au-delà de son horizon.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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SIGNER (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2016



eblouissement

SIGNER

Ça tient d’une magie simple
D’une concordance des contretemps
Captée en un instant
Qui renverse les frontières les saisons
Les dés jetés dans la poussière

C’est un étourdissement

Avec une boussole en feu
Une fois parti au grand large
On déplie ses océans
On garde la tête à l’Orient
On parie sur une volonté cavalière

C’est un éblouissement

(André Velter)

 

 

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