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Poésie

Posts Tagged ‘déposer’

Gravissant la pente du printemps (Mayuzumi Madoka)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2019



Illustration: Ogata Gekko 
    
Gravissant la pente du printemps
elle s’en va déposer
ses ex-voto d’amour

***

(Mayuzumi Madoka)

 

Recueil: Haikus du temps présent
Traduction: Corinne Atlan
Editions: Philippe Picquier

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UNE COMPLAINTE JUIVE (David Einhorn)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019



Illustration: Rafal Olbinski
    
UNE COMPLAINTE JUIVE

Comme à leur arc rivées
Les cordes sont tendues,
Tirées à se briser
Par des mains inconnues,
Mais sans frémir, muettes,
Comme avant la tempête
Dans les yeux la tristesse
Se calcine, embrasée.

Terrifiant silence
Qu’on ne peut endurer,
Douleur à ne pas dire
Plaie à ne pas montrer,
Comme harpes qui pendent
Muettes sur les branches
Quand dans les doigts se fendent
Les sanglots étranglés.

Pourtant les heures restent
Quand l’océan s’endort,
Que du bleu sourd le presque
Imperceptible accord,
Vers nous, de chaque corde,
Un écho monte alors,
Comme prière il flotte
Comme une voix implore.

Tout s’allège et la peine
Peut alors déposer
Au coeur comme au désert
Un semblant de rosée.
Le réconfort nous berce
Comme longue langueur,
Une complainte juive
Se trempe dans les pleurs.

(David Einhorn)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je le sais bien (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



Je le sais bien, que tu déposes
O jour, en moi cet air, cette eau,
Ce vol, ce chant, cette corolle
Qui se closent et se reposent
Et qui vont s’endormir en moi.
Mais vienne un jour, un autre jour,
Du fond de ces jours qui me restent,
Du fond de l’effort et des veilles,
De cette hâte sans répit,
De cette impatiente angoisse,
Pourquoi jaillis et d’où germés
Le vol et le chant ressuscitent.

Je suis venue au monde avec des cheveux blancs,
La souffrance, je la savais avant de naître
Et j’ai séché vos pleurs avec des doigts tremblants.
Je sais qu’ils vont s’ouvrir les liens que je me tresse !
La mort enfin sera peut-être la jeunesse ?

A moitié je surgis du tronc, la prisonnière
Dont les bras libres sont tendus vers les nuages.

Un pays sans oiseaux légers, plein d’ailes lourdes
Et noires, de corbeaux par troupes et criantes
Dans l’air et sur la terre immobile des champs
Où pesamment ils avancent, comme des poules.

Larges les feuilles, sous l’étale
Fraîcheur de l’air, et sous les ailes
Sans un battement, qui se mêlent
Au soir immobile, pétales.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Ricardo Fernandez Ortega 

 

 

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Ô insensé (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019



Illustration: Laurent Fièvre
    
Ô insensé, qui essaies de te porter sur tes propres épaules!
Ô mendiant, qui viens mendier à ta propre porte!
Dépose tes fardeaux entre les mains de celui qui peut tout porter,
et jamais ne jette un regard de regret en arrière.
Ton désir éteint la flamme de la lampe aussitôt que l’atteint son souffle.
Il est profane et ses mains sont souillées; n’accepte aucun don qu’il te tende.
Mais cela seulement que t’offrira l’amour sacré.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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Dans la filature des saisons (Maggy De Coster)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



 Sol Halabi - (12)

Dans la filature des saisons
J’ai déposé la laine du soir
Et les anneaux des souvenirs
Accrochés à la dentelle du temps
S’entrelacent
Quand l’haleine du vent
Décoiffe la végétation endormie

Sur le ciré de ton corps
Se déposent les larmes de l’infante
Qui s’évaporent dans la brume crépusculaire
Et les pas du silence s’avancent
Dans le vestibule de la nuit se déployant
Timidement

(Maggy De Coster)

Illustration: Sol Halabi

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Les mots (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



Les mots ne retiennent aucune preuve
aucun silence
Ils te déposent un peu plus loin
rongé par le soleil.

(Christian Viguié)

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Qu’il soit, ton livre (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019




    
Qu’il soit, ton livre,
le refuge de ceux qui
vivent avec le silence !

qu’il adopte ce que tu
n’as pas su voir à temps!
qu’il dépose sur chaque
mot le frisson des oiseaux

fatigués, le friselis
des fleurs dans les soirs
solitaires! qu’il
rassemble les foudroyants

adieux et les enterre
sous une phrase pleine
d’amour! qu’il soit,

ton livre, entre clarté
et nuit, la boîte secrète
où tu ranges un pâle
sourire avec tes regrets!

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’attente (Richard Brautignan)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019



Illustration: Raymond Peynet  
    
L’attente

Ça m’a paru
des années
avant que
je cueille
un bouquet
de baisers
sur sa bouche
et les dépose
dans un vase couleur d’aube
dans
mon
coeur.

Mais
l’attente
valait le coup.
Parce que
j’étais
amoureux.

***

It seemed
like years
before
I picked
a bouquet
of kisses
off her mouth
and put them
into a dawn-colored vase
in
my
heart.

But
the wait
was worth it.
Because
I
was
in love.

(Richard Brautignan)

 

Recueil: Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus
Traduction: Thierry Beauchamp / Romain Rabier
Editions: Points

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Les objets sont nos voisins, sans rêve (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



    

Les objets sont nos voisins,
sans rêve, seulement là et proches,
posés très lourds
sur un lit de silence.

Mais le temps est en eux, il mûrit,
va son chemin comme en nous,
sans limite perceptible, il creuse,
sans poids, dans d’invisibles lointains.

En débat avec la nuit, plus
nocturne que toute nuit, il dépose
en eux sa parole de sable

Tandis que, sans mémoire, sans voix, ses marteaux
frappent de grands coups de silence
en nous et contre nous.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Plus lourd que l’air (Georges Lambrichs)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



Quand je sors ce carnet de ma poche,
c’est comme si j’avais à y déposer quelque chose
qui serait plus lourd que l’air.

(Georges Lambrichs)

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