Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘déracinée’

DEMAIN, SI LA MER… (Félix Leclerc)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Oleg Zhivetin (35)

DEMAIN, SI LA MER…

Demain si la mer est docile
Je partirai de grand matin
J’irai te chercher une île
Celle que tu montres avec ta main.

Je la ceinturerai en filet
La traînerai près du grand quai
Tu l’offriras au jour
En l’honneur de nos amours

Si l’océan frémit
Au toucher de ton doigt
Que penser mon amie
Quand tu te donnes à moi

Passerais-je la nuit
Immobile comme marbre
Si tu prends comme lit
Mon hamac sous les arbres

Quand ils t’ont aperçue
Les oiseaux en folie
Ont envahi la rue
Et reculé la nuit

Les fleurs de mon jardin
Se sont déracinées
On les voit le matin
Dans l’air se promener

Viens nous nous coucherons
Sous le même manteau
Nous nous endormirons
Liés comme roseaux

(Félix Leclerc)

Illustration: Oleg Zhivetin

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PRIME (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2015



PRIME

Pour l’existence erronée
L’image déracinée
La parole lacunaire
Aube, sois l’ancre de sel
La règle exposée au ciel
La faim cloîtrée de silence.
L’ouvrier de la présence
Voit couler une rivière
Une enfant de la lumière
Qui vit en simplicité
Suivant la courbe tracée
Par la retenue du Père.

(Henry Bauchau)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA SEMAISON (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015



 

LA SEMAISON
(extraits)

XII
Tout ce
vert ne s’amasse pas, mais tremble et brille,
comme on voit le rideau ruisselant des fontaines
sensible au moindre courant d’air; et tout en haut
de l’arbre, il semble qu’un essaim se soit posé
d’abeilles bourdonnant; paysage léger
où des oiseaux jamais visibles nous appellent,
des voix, déracinées comme des graines, et toi,
avec tes mèches retombant sur des yeux clairs.

XIII
De ce dimanche un seul moment nous a rejoints,
quand les vents avec notre fièvre sont tombés :
et sous la lampe de la rue, les hannetons
s’allument, puis s’éteignent. On dirait des lampions
lointains au fond d’un parc, peut-être pour ta fête…
Moi aussi j’avais cru en toi, et ta lumière
m’a fait brûler, puis m’a quitté. Leur coque sèche
craque en tombant dans la poussière. D’autres montent,
d’autres flamboient, et moi je suis resté dans l’ombre.

XIV
Tout m’a fait signe : les lilas pressés de vivre
et les enfants qui égaraient leurs balles dans
les parcs. Puis, des carreaux qu’on retournait tout près,
en dénudant racine après racine, l’odeur
de femme travaillée… L’air tissait de ces riens
une toile tremblante. Et je la déchirais,
à force d’être seul et de chercher des traces.

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :