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Poésie

Posts Tagged ‘déraciner’

Que restera-t-il de la collision (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2021



Illustration: René Seyssaud
    
Que restera-t-il de la
collision Après
l’embrasement que lira-t-on
dans les cendres ? La chair
s’est détachée de la chair
Arbre déraciné
l’homme gît
auprès de la femme

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: L’arbre à poèmes Anthologie personnelle 1992-2021
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chant de chœur (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2021




    Chant de chœur

Il est des peines que nul ne connait.
Il est des profondeurs que le soleil
jamais ne sonde. Des monts de silence entourent les lèvres.
Et tous les témoins se taisent. Les yeux ne disent pas.
Il n’est point d’escalier si profond
qui descende là où s’agite
l’être de l’homme. Si le silence parlait,
s’il soufflait, s’il éclatait – il déracinerait tous les arbres du monde.

(Nikiforos Vrettakos)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil:
Traduction: Traduit du grec par Ioannis Dimitriadis
Editions:

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Ce cri silencieux (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2021



Illustration: Patrick Marquès
    
ce cri silencieux
dans ton regard

le cri
de ta souffrance
et de la mienne

de celle qui ronge
en chacun

la millénaire
et insondable
souffrance
humaine

trop profonde pour
qu’on puisse
espérer la déraciner

celle qui a usé
toute colère
toute révolte

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Poésie (Jamel Eddine Bencheikh)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020




Poésie proue jetée vers l’amont de la déraison
j’entends tes flancs s’écorcher à des
rives immobiles
Tu dénoues les ténèbres et leurs mensonges
Tu déchiffres les légendes
qui s’enflamment dans nos os
Tu déracines jusqu’à l’ombre
des ruses plantées dans nos yeux
Tu nous redonnes un corps éblouissant

(Jamel Eddine Bencheikh)

Illustration

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VIEILLE MÉLODIE (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



 

Illustration: Luc Thébault
    
VIEILLE MÉLODIE

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
la vue de ce que nous étions s’est effacée,
elle choit de nos yeux et n’est plus,
accumule un automne de plus sur nos poitrines.

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
mais quand deux amants s’en vont, chacun son chemin
le cœur brûle sans se consumer, déraciné mais non sans racines,
le cœur trop lourd à porter.

Même si nous avons partagé l’ombre d’un arbre en chemin,
ces vies à nous ont passé comme des ombres ;
et si sous un coucher de soleil, nous avons partagé du bonheur
notre soleil s’est couché avec lui
dans une mer sombre.

Mais dans l’enveloppe du crépuscule, dans l’apaisement du vent
là, au-delà de la lumière qui noircit,
quand ils auront encerclé l’horizon du ciel,
nos yeux s’ouvriront sous des paupières de brume :

l’esprit souffle encore dans la forêt, l’ombre dans le feuillage,
et dans le paysage du coucher de soleil qui n’en finit pas
nous nous séparons vers un amour infini.

(Amir Or)

 

Recueil: Dédale
Traduction: Isabelle Dotan
Editions: MAËLSTROM

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Sans gourde ni bâton (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
Sans gourde ni bâton
sans prêche ni cantique
nous demeurons pèlerins

Sans autel au bout de la route
sans luminaire liturgique
des clartés en nous cheminent
qui nous font acheminer
vers nos secrètes dévotions

N’est pas de nous l’itinéraire
le noir nous l’a donné
nous marchons sans nommer
ces gouttes de lumière
qui perlent
sur les parois de l’angoisse
pour nous mener en pèlerinage
aux lieux saints
de nous-mêmes

En nous
prend racine une pensée
que nous n’avons pas semée
Nous la voyons grandir
malgré nous
Qui donc l’a jetée
clandestine
en l’un de nos sillons
pour qu’elle se nourrisse
de nous?

Et qui la déracinera
puisqu’elle s’est faite
par nous?
Un jour elle jaillira
nous
serons ce qu’elle sera

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Avant de me donner (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Charles Juliet
    
Avant de me donner
des fondations
j’ai dû
me déraciner

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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L’homme-chêne (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




    
L’homme-chêne

Le temps pourtant était innocent
des blessures infligées au corps
battu de tempêtes et battant;
il connaît l’issue du combat

et l’embellie qui succède au gris.
Lui connaît la pluie, le noir,
l’éclair qu’appelle déjà la nuit.
Tapis dans la symbolique de sa mort
l’homme encore tentait sa vie

pour la clarté du jour et le brin
de lumière qu’allumait l’arbre rouge.
L’homme-chêne attaché au piquet
et que déracinerait le ciel.
Il lui resterait une phrase,
un mot à trouver

avant de se taire, il le dirait.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Cette page, c’est la nuit (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    

Cette page, c’est la nuit, elle brûle.
Toutes les pages et les nuits brûlent,
nuits sans étoiles mais avec beaucoup de formes délirantes
qui sont les constellations de l’homme adulte.
On y entre et nul ne sait quand il en sortira.

Une nuit de draps froissés et d’herbes fortes, une nuit de forêt,
une nuit paysanne, une nuit faite de miroirs, et de chuchotements,
de spasmes, d’arbres qui frottent leurs branches,
une nuit sans suite, de désespoir et de combat.
Une nuit aveugle.

La femme que j’aime est belle et mon sang lui appartient.
C’est une nuit que je poursuis depuis toujours, jamais la même,
puisque je ressemble à l’éclair qui se fraie un passage entre les branches
et déracine la plainte qui habite le cœur de la terre.

Tendu à l’extrême comme pour faire jouir l’amour dans les années,
j’y vais de tout le poids de mon âge et de ma science.
Depuis que j’aime, je sais qu’elle approche quand les feuilles frémissent
et derrière la poésie, par-delà le cercle de feu, dont la Walkyrie.

Je voudrais inventer tous les mots, et cette page, c’est ton corps,
c’est le poème qui chante comme une blessure.

(Jean Malrieu)

 

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LE POÈTE EST ATTRISTÉ PAR L’INONDATION (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



Hokusaï

LE POÈTE EST ATTRISTÉ PAR L’INONDATION

Le vent glacé des montagnes Vouchan déracine les arbres.
L’inondation implacable augmente de jour en jour.
On ne distingue plus ni les montagnes ni la plaine.
Le brouillard et l’eau noient toutes choses.

Cependant, mes derniers chrysanthèmes fleurissent.
Quand tu passeras, Young Hi,
arrête ta barque devant mon jardin,
et contemple-les.
Leurs chaudes couleurs
se répandront sur tes pensées.

(La Flûte de Jade)

 Illustration: Hokusaï

 

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