Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘dérober’

Le vent (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Le vent dérobe
Le foulard d’une écolière
D’une corde à linge
Un samedi matin

(Abbas Kiarostami)

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J’avais (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019



J’avais une terre au bout de ma peine
La mort l’a habitée

J’avais une coupe de mes chants pleine
L’étoile l’a renversée

J’avais une source au sein de la fontaine
La mer l’a ignorée

J’avais un soleil qui caressait la plaine
La nuit l’a dérobé

J’avais un fleuve pour lit pour ma reine
Le désert l’a ensorcelé

J’avais une oasis que je partageais avec la lune
L’ombre l’a brûlée

***

I had a land at the end of my sorrow
Death has inhabited it

I had a cup full of my songs
The star has overturned it

I had a spring at the heart of the fountain
The sea has ignored it

I had a sun which caressed the plain
The night has stolen it

I had a river as a bed for my queen
The desert has bewitched it

I had an oasis that I shared with the moon
The shade has burned it

(Tahar Bekri)


Illustration: Francine Van Hove

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La terre est un pacage des étoiles (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
La terre est un pacage des étoiles
ou peut-être la zone d’opérations
d’un voleur invisible.
Quoi que nous fassions ou prenions,
c’est concurrence ou usurpation,
transgression d’un droit
qui nous surveille secrètement d’en haut,
violation d’un principe antérieur à nous.

Être est donc un vol.
Être, c’est être contre quelque chose,
contre une substance fuyante
qui occupe toujours les lieux où nous sommes
et filtre par le moindre interstice.
Être est quelque chose d’interdit
à quoi nous sommes néanmoins sinistrement obligés.
A moins qu’être ne consiste simplement
à aller dérober ailleurs,
là où le vol n’est pas un délit.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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A MES AMIS (Evariste Parny)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



 

William Bouguereau La Jeunesse de Bacchus 1884 (Détail)-

A MES AMIS

Rions, chantons, ô mes amis,
Occupons-nous à ne rien faire,
Laissons murmurer le vulgaire,
Le plaisir est toujours permis.
Que notre existence légère
S’évanouisse dans les jeux.
Vivons pour nous, soyons heureux,
N’importe de quelle manière.
Un jour il faudra nous courber
Sous la main du temps qui nous presse ;
Mais jouissons dans la jeunesse,
Et dérobons à la vieillesse
Tout ce qu’on peut lui dérober.

(Evariste Parny)

Illustration: William Bouguereau

 

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Le chat derrière la vitre (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2018




    
Le chat derrière la vitre
écarte le rideau
pour regarder la nuit
qui habite ses yeux

L’ ombre
l’éclaire

Retombée des paupières

Du rideau

Nuit dérobée

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Maligne Abeille (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


abeille pollinise dactilo

Si tu devais venir à l’Automne,
Je chasserais l’Eté,
Sans souci et sans merci, comme
De la cuisine, une Mouche.

Si dans un an je pouvais te revoir,
Je roulerais les mois en boules –
Et les mettrais chacun dans son Tiroir,
De peur que leurs nombres se mêlent –

Si tu tardais quelque peu, des Siècles,
Je les compterais sur ma Main,
Les soustrayant, jusqu’à la chute de mes Doigts
En Terre de Van Diemen.

Si j’étais sûre que, cette vie passée –
La tienne et la mienne soient –
Je la jetterais, comme une Peau de fruit,
Pour mordre dans l’Eternité –

Mais, incertaine que je suis de la durée
De ce présent, qui les sépare,
Il me harcèle, Maligne Abeille –
Dont se dérobe – le dard.

(Emily Dickinson)

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Je t’offre un collier de mots (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018



 

Albert Ritzberger _1280 [1280x768]

Ecoute
je t’offre un collier de mots

désert
blessure
miel
étoile
fatigue
horizon
splendeur
lèvres
estuaire
fièvre
baptême
rosée
alphabet

[…]

je voudrais t’asperger de mes mots
comme de gouttes d’eau
prises au silence
dérober ta sueur
aux lèvres de la nuit
je voudrais que tu germes

(Zéno Bianu)

Illustration: Albert Ritzberger

 

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Minuit (Julien Delmaire)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2018



Julien Delmaire
    
Minuit dérobe
Les bijouteries
Contre ta robe
Un diamant cri

Je suis l’alcool
Térébenthine
Je suis la folle
Sur la colline

Criblé d’épines
Je suis l’alcool
L’encre de chine
Sur ton épaule

Je suis le Christ
De Kigali
Et l’améthyste
Qu’on a sali

Je suis l’enfance
Défigurée
Je suis l’offense
De l’emmuré

Syntax error
Bug intégral
Signes d’aurore
Jour minéral

Je veux l’oiseau
Lacrymogène
Aux ras des eaux
Cancérigènes

Je veux ton ventre
Dans la fumée
Mes doigts qui entrent
Pour exhumer

Un oasis
Une métaphore
Ton clitoris
Ta mandragore

Je vois l’oubli
Brisant ses chaînes
La mort partie
Avec la haine

Voici le monde
La vie bégaye
Voici la ronde
Des merveilles

Je te retrouve
Ma Géorgie
Le soleil couve
Ton sein rougi

Le temps caresse
Son vieux piano
Ta voix disperse
Les moineaux

Les nègres écument
La nostalgie
La nuit s’allume
Ma Géorgie…

(Julien Delmaire)

 

Recueil: Turbulences
Traduction:
Editions: Le temps des cerises

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LIBÉRATEUR (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Remedios Varo Uranga -nacer-de-nuevo

LIBÉRATEUR

Que j’ai de peine, ô temps,
à te dérober tes joyaux
— tant et tant de joyaux ! —
tes silences — à cor
et à cri, dans l’allégresse
ou dans l’aigre lumière !
Comme ils brillent
sur mes mains en sang,
écrasées par les masses
qu’il leur faut écarter,
supporter, déchirer,
pour en extraire un sourire,
une fleur, une étoile,
une larme, une illusion !

***

LIBERTADOR

¡Con qué dificultad, tiempo,
te voy robando tus joyas
—¡tantas joyas, tantas!—,
tus silencios — entre carro
y grito, entre bailoteo
y luz agria!-

¡Cómo brillan
sobre mis manos sangrientas
y aplastadas de las moles
que tienen que separar,
que soportar, que rajar,
hasta sacar la sonrisa,
la florecilla, la estrella,
la lágrima, la ilusión!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

 

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Se pourrait-il qu’une nuit (Bruno Mabille)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Illustration: François Martin-Kavel
    
Se pourrait-il qu’une nuit
même en rêve
elle vînt à moi
en simple déshabillé
ou nue avec juste un collier
plutôt qu’en jupe blanche
et chemise ample
qui dérobent à mes yeux
dans la lumière du jour
ce que d’elle je voudrais tant étreindre
et mordre à pleine bouche ?

(Bruno Mabille)

 

Recueil: A celle qui s’avance
Traduction:
Editions: Gallimard

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