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Posts Tagged ‘désabusé’

Solitude (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



 

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Solitude

Abîme à franchir seule, où personne, oh ! Personne
Ne touchera ma main froide à tous après toi ;
Seulement à ma porte, où quelquefois Dieu sonne,
Le pauvre verra, lui, que je suis encor moi,
Si je vis ! Puis, un soir, ton essor plus paisible
S’abattra sur mon coeur immobile, brisé
Par toi, mais tiède encor d’avoir été sensible
Et vainement désabusé !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Lori Earley

 

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SOLITUDE (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



 

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SOLITUDE

Abîme à franchir seule où personne, oh ! personne
Ne touchera ma main froide à tous après toi :
Seulement à ma porte où quelquefois Dieu sonne,
Le pauvre verra, lui, que je suis encor moi,

Si je vis ! Puis un soir, ton essor plus paisible,
S’abattra sur mon coeur immobile, brisé
Par toi ; mais tiède encore d’avoir été sensible
Et vainement désabusé !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Gustave Courbet

 

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La Fontaine de pitié (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

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La Fontaine de pitié

Les larmes sont en nous. C’est la sécurité
Des peines de savoir qu’il y a des larmes toujours prêtes.
Les cœurs désabusés les savent bien fidèles ;
On apprend, dès l’enfance, à n’en jamais douter.
Ma mère à la première a dit : « Combien sont-elles ? »

Des larmes sont en nous, et c’est un grand mystère.
Cœur d’enfant, cœur d’enfant, que tu me fais de peine
À les voir prodiguer ainsi et t’en défaire
À tout venant, sans peur de tarir la dernière !
Et celle-là, pourtant, vaut bien qu’on la retienne.

Non ce n’est pas les fleurs, non, ce n’est pas l’été
Qui nous consoleront si tendrement, c’est elles.
Elles nous ont connus petits et consolés ;
Elles sont là, en nous, vigilantes, fidèles,
Et les larmes aussi pleurent de nous quitter.

(Henry Bataille)

Illustration: Guy Baron

 

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Étude de voix d’enfant (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017




    
Étude de voix d’enfant
Rengaine pour piano mécanique
(Comme un rémouleur superbe et désabusé.)

Dépêche-toi de rire
il en est encor temps
bientôt la poêle à frire
et adieu le beau temps.

D’autres viendront quand même
respirer le beau temps
c’est pas toujours les mêmes
mais y a toujours des gens.

Sous le premier empire
y avait des habitants
sous le second rempire
y en avait tout autant.

Même si c’est plus les mêmes
tu t’en iras comme eux
tu t’en iras quand même
tu t’en iras chez eux.

C’est pas moi c’est mes frères
qui vivront après moi
même chose que mon grand-père
qui vivait avant moi.

Même si c’est plus les mêmes
on est content pour eux
nous d’avance on les aime
sans en être envieux.

Dépêche-toi de rire
il en est encor temps
bientôt la poêle à frire
et adieu le beau temps…

(Jean Tardieu)

 

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VISIONS (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2016



Amanda Clark  k [800x600]

VISIONS

Je vois passer tous mes baisers,
Toutes mes larmes dépensées;
Je vois passer dans mes pensées
Tous mes baisers désabusés.

C’est des fleurs sans couleur aucune,
Des jets d’eau bleus à l’horizon,
De la lune sur le gazon,
Et des lys fanés dans la lune.

Lasses et lourdes de sommeil,
Je vois sous mes paupières closes,
Les corbeaux au milieu des rosés,
Et les malades au soleil,

Et lent sur mon âme indolente,
L’ennui de ces vagues amours
Luire immobile et pour toujours,
Comme une étoile pâle et lente.

(Maurice Maeterlinck)

 Illustration: Amanda Clark

 

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Paris-Tropic (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2015




Je passais en chantant sur le pont Alexandre
L’air du matin avait des senteurs de coriandre

Un dromadaire blanc d’un pas désabusé
S’éloignait lentement vers les Champs-Alizés

Des otaries aux corps noirs comme de l’ébène
Faisaient mille plongeons dans les eaux de la Seine

Et dans les grands palmiers le long du quai d’Orsay
Des singes bleus et or en voltigeant dansaient

La mousson se leva le ciel devint de bronze
Soudain parut un bus ligne 91

Une autruche en habit et coiffée d’un gibus
D’un geste dédaigneux arrêta l’autobus

Elle dit en montant et je l’ai entendue
Car elle avait la voix très forte et très pointue:
« Oh can’t you take me please to the Park Montsouris? »

Décidément Paris sera toujours Paris!

(Francis Blanche)

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