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Poésie

Posts Tagged ‘désappointé’

À peine défigurée (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019


ange

Adieu tristesse
Bonjour tristesse
Tu es inscrite dans les lignes du plafond
Tu es inscrite dans les yeux que j’aime

Tu n’es pas tout à fait la misère
Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent
Par un sourire

Bonjour tristesse
Amour des corps aimables
Puissance de l’amour
Dont l’amabilité surgit
Comme un monstre sans corps
Tête désappointée
Tristesse beau visage.

(Paul Eluard)

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Funérailles (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



Je perçus des Funérailles, dans mon Cerveau,
Un Convoi allait et venait,
Il marchait – marchait sans fin – je crus
Que le Sens faisait irruption –

Puis quand tous furent assis,
Un Office, comme un Tambour –
Se mit à battre – on eût dit
Que mon esprit devenait gourd –

Puis j’entendis soulever une Caisse
Et de nouveau crisser dans mon Âme
Des pas, avec ces mêmes Bottes de Plomb,
Puis l’Espace – sonna le glas,

Comme si tous les Cieux étaient une Cloche,
Et l’Être, rien qu’une Oreille,
Et le Silence, et Moi, une Race étrange
Ici naufragée, solitaire –

Puis une Planche dans la Raison, céda,
Et je tombai, tombai encore –
Je heurtais un Monde, à chaque plongée,
Et Cessai de connaître – alors –

Combien obscurs les Hommes, les Pléiades,
Avant qu’un ciel soudain
Révèle qu’à jamais l’Un d’eux
Est soustrait à la vue –

Membres de l’Invisible, ils existent,
Sous nos yeux écarquillés,
Dans l’Immensité du Possible,
Insaisissables, comme l’Air –

Pourquoi ne pas Les avoir retenus ?
Les Cieux en souriant,
Frôlent nos Têtes désappointées,
Sans une syllabe –

(Emily Dickinson)

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Combien obscurs les Hommes, les Pléiades (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Combien obscurs les Hommes, les Pléiades,
Avant qu’un ciel soudain
Révèle qu’à jamais l’Un d’eux
Est soustrait à la vue —

Membres de l’Invisible, ils existent,
Sous nos yeux écarquillés,
Dans l’Immensité du Possible,
Insaisissables, comme l’Air —

Pourquoi ne pas Les avoir retenus?
Les Cieux en souriant,
Frôlent nos Têtes désappointées,
Sans une syllabe —

***

How noteless Men, and Pleiads, stand
Until a sudden sky
Reveals the fact that One is rapt
Forever from the eye —

Members of the Invisible,
Existing; while we stare,
In Leagueless Opportunity,
O’ertakeless, as the Air —

Why did’nt we detain Them?
The Heavens with a smile,
Sweep by our disappointed Heads,
Without a syllabe —

(Emily Dickinson)


Illustration: William Blake

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Si la vie (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



 

Illustration
    
Si la vie pouvait n’être que du sommeil désappointé…

(René Char)

 

Recueil: Feuillets d’Hypnos
Traduction:
Editions: Gallimard

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A l’enterrement d’une feuille morte (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017




    

A l’enterrement d’une feuille morte
Deux escargots s’en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes

Ils s’en vont dans le noir
Un très beau soir d’automne
Hélas quand ils arrivent
C’est déjà le printemps

Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés

Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir

Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L’autocar pour Paris

Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C’est moi qui vous le dis

Ça noircit le blanc de l’oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C’est triste et pas joli

Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes

Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l’été

Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C’est un très joli soir
Un joli soir d’été

Et les deux escargots
S’en retournent chez eux
Ils s’en vont très émus
Ils s’en vont très heureux

Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

(Jacques Prévert)

 

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Désappointé (Christine Lièvre)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017



Enfant qui te balances
Dans les bribes du vent
Sans savoir la froidure
Innocent et blessure

Enfant regard de lune
Craintif de tant de peurs
Quêteur de l’imprenable
Sous un front batailleur

Ô mon preneur d’étoiles
Qui fis glisser des larmes
Pour première tendresse
Dans le chant d’une nuit

Fragile et sans mesure
Comme un glaçon d’eau pure
Epris d’immensité
Tu dénonces les pièges

Jusqu’à te retrouver
Aux premières coulées
Du jour tout blond
Frêle et désappointé
Comme un violon … dans la rosée

(Christine Lièvre)

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