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Poésie

Posts Tagged ‘désarticulé’

Le muguet rougit (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




Le muguet rougit — le
sang tire à soi
les blancs, nous
sommes suspendus
au-dessus du chagrin,

désarticulés, gauches,
paroles défleuries,
mémoire au rebut,

nous bourlinguons
dans nos noirceurs,
nos bouches s’unissent,
ténèbres — traversée
des étoiles mortes.

(Richard Rognet)

Illustration

 

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Si loin (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2017



Illustration

    

Si loin de ton regard et de ta vie
je ne retrouve plus les pas
qui me conduisaient vers toi.
Je ne peux plus m’enfermer

dans tes mains, ni dans ton sommeil.
Quelques lettres toujours pareilles
vont de l’un à l’autre
comme autant de géants sans voix.

Tu es pour mon coeur, pour ma bouche
pour le pantin désarticulé de ma vie
une brûlure toujours plus forte
qui ne les réchauffe pas.

Je cherche en vain, sans jamais me rendre,
à te reconnaître, à te reprendre.
Je ne sais même plus la place
que tu tenais entre mes bras.

(Lucien Becker)

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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CREDO (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



 

CREDO

je crois à l’opacité solitaire
au pur instant de la nuit noire
pour rencontrer sa vraie blessure
pour écouter sa vraie morsure

je crois à ces chemins
où le corps avance dans l’esprit
où l’on surprend
le bruit de fond des univers
par ces yeux
que la nuit
a pleurés en nous
par ces yeux que la vie
a lavés en nous

je crois comme Trakl
qu’il faut habiter la lumière
par un long questionnement
sans réponse

je crois à Zoran Music
dessinant ses fagots de cadavres
sur de mauvais papiers
trouvant encore la vie
au fond du désarticulé
au fond de l’incarné
au fond de l’éprouvé
exorciste
vertical

je crois aux cassures
de fièvres aux sursauts de nuit
aux césures de nerf

je crois
qu’ il faut prendre appui
sur le vent
s’agenouiller en mer
et se vouer
à l’infini

(Zéno Bianu)

Illustration: Zoran Music

 

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Je crois à l’opacité solitaire (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2016



je crois à l’opacité solitaire
au pur instant de la nuit noire
pour rencontrer sa vraie blessure
pour écouter sa vraie morsure
je crois à ces chemins
où le corps avance dans l’esprit
où l’on surprend
le bruit de fond des univers
par ces yeux
que la nuit
a pleurés en nous
par ces yeux que la vie
a lavés en nous
je crois comme Trakl
qu’il faut habiter la lumière
par un long questionnement
sans réponse
je crois à Zoran Music
dessinant ses fagots de cadavres
sur de mauvais papiers
trouvant encore la vie
au fond du désarticulé
au fond de l’incarné
au fond de l’éprouvé
exorciste
vertical
je crois aux cassures
de fièvre
aux sursauts de nuit
aux césures de nerf
je crois
qu’il faut prendre appui
sur le vent
s’agenouiller en mer
et se vouer
à l’infini

(Zéno Bianu)

 

 

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Désattendre (Adeline Baldacchino)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2016



Désattendre

Saisi de désir comme on le serait
de froid
quelque chose en nous, de désordonné
qui désempare
nous démembre de l’intérieur
on se tait, dans le noir
l’hiver est brûlant

La nuit est pleine
de fantômes désarticulés
je renonce enfin
au vertige du désir
l’âme anesthésiée
recule tout au fond
d’une armoire sans porte

Je veux la jubilation
mais je trouve ce qui reste
quand elle n’est pas
là quand elle se refuse
au partage indélicat
de l’aube et des rêves
seule, ce qui reste

On écrit comme on fulgure
en étincelles bordées de cris
frappant contre le ciel
qui n’a jamais répondu
creusant les formes de l’absence
répétant des mots vides
leurs discrètes brisures

Demain, sans répit
qui ne vient pas
le sang frappe
il n’y a pas de signe
le temps se démet
se détourne
du corps épuisé

Suffirait-il peut-être
de ne plus rien attendre
et c’est alors que surgirait
ce qui se cache
sous la peau féroce des heures :
leur gloire secrète
gorgée d’invisibles caresses.

(Adeline Baldacchino)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

 

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