Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘désastreux’

Le monde s’éteignit (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



Illustration: Casey Baugh

    

Le monde s’éteignit
seuls brillaient ses yeux

Mon amour mon mari
mon astre coléreux

m’a vue un samedi
dans mon bain désastreux

serpente du nombril
jusqu’au bout de la queue

Mon mari qu’as-tu dit
reste mon amoureux

Mais déjà j’ai pâli
dans un cri douloureux

Le monde s’éteignit
seuls brillaient ses yeux

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je meurs de soif auprès de la fontaine, (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017




Je meurs de soif auprès de la fontaine,
Tremblant de froid au feu des amoureux;
Je suis aveugle et je conduis les autres;
Pauvre en bon sens, l’un des gens avertis ;
Très négligent, souvent soucieux pour rien :
Ma situation est comme ensorcelée,
Conduite au pire et au mieux par Fortune.

Gagnant du temps, je perds mainte semaine ;
Je joue et ris quand la douleur m’étreint;
Mon déplaisir est comblé d’espérance;
J’attends ma chance aux affres du regret;
Rien ne me plait et pourtant je désire;
Joie et chagrin je trouve à ma pensée
Conduite au pire et au mieux par Fortune.

Je suis bavard et me tais à grand peine ;
Déconcerté sans manquer de courage ;
Mon réconfort est aux mains de Tristesse :
Je ne peux pas les esquiver tous deux ;
Dans l’affliction, je fais bonne figure ;
La maladie m’échoit dans la santé
Conduite au pire et au mieux par Fortune.

Envoi

prince, je dis que mon cas désastreux
Et mon profit aussi avantageux,
Je les jouerai au hasard, quelque année
Conduite au pire et au mieux par Fortune.

(Charles d’Orléans)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 7 Comments »

Que tu es belle maintenant que tu n’es plus (Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2016



Que tu es belle maintenant que tu n’es plus
La poussière de la mort t’a déshabillée même de l’âme
Que tu es convoitée depuis que nous avons disparu
Les ondes remplissent le cœur du désert
La plus pâle des femmes
Il fait beau sur les crêtes d’eau de cette terre
Du paysage mort de faim
Qui borde la ville d’hier les malentendus
Il fait beau sur les cirques verts inattendus
Transformés en églises
Il fait beau sur le plateau désastreux nu et retourné
Parce que tu es si morte

(Jean Jouve)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :