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Posts Tagged ‘descellé’

La destination de l’être humain (Jacqueline Kelen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



 

Illustration: Adolphe Lalyre
    
Au fond, la destination de l’être humain
serait de pleurer et de sourire.
Non pas de pleurer sur quelqu’un, encore moins sur soi,
non pas de pleurer après quelque chose. Non.
Mais de pleurer comme on se lave,
comme on bénit, comme on se noie dans la clarté.

Les larmes sont donc un don en soi ,
et, comme elles ne nous appartiennent pas,
autant en faire don à notre tour,

autant les offrir comme des caresses limpides,
comme des ponts fraternels,
comme des remerciements émus.

Ces sources descellées feront sans nul doute
refleurir les déserts.

(Jacqueline Kelen)

 

Recueil: Les Larmes
Traduction:
Editions: Alternatives

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MON ÂME QUE FERONS-NOUS DE TOUTES SOUVENANCES (Xavier Grall)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



 

MON ÂME QUE FERONS-NOUS DE TOUTES SOUVENANCES

Mon âme que ferons-nous de toutes souvenances
en notre coeur meurtri dépenaillé
j’ai perdu ma jeunesse et ma lande
les feux se sont éteints au verglas des absences
ronciers givres ont descellé demeures lentement
nostalgiquement au néant de mes jours qui s’en vont
ma tête n’est que masure ouverte à tout passant
et me voici dans la colline de Hurlevent des dolences
mon âme t’en souviens-tu des harpes de Brenn-héol
mortes les saisons les braises sont éteintes
agonisent musiques dans le fond des étangs
quel drôle de Tristan fais-tu barde inécouté
chiens du Ménez-Hom venez, venez
cherchez-moi dans la tourbe et dans l’ajonc coupé
sur les villages dormants tintent les pluies mortelles
j’ai vécu ma vie j’ai crevé mon cheval
follement j’ai brûlé ma vie comme une lampe
adieu chemins adieu vallée adieu…

(Xavier Grall)

 

 

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L’UNE OU L’AUTRE (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



L’UNE OU L’AUTRE

La lampe de la chambre à travers les vitres de la porte
avait regardé tout le soir la triste lampe de tous les
vents
Une voix voulait atteindre on ne sait quoi en
elle-même et soudain hors de toutes paroles
Domine son amour comme s’il n’y avait autour d’elle
qu’un ciel vivant où le moindre geste tirerait des larmes
de tout
Mais où donc est l’espace qui lirait l’exil dans les
larmes

Une eau chuchote La dernière parole raisonnable est
pour dire qu’on a fait mourir la raison
S’ouvrant à travers toi un regard pénètre tes yeux
déshabille ta chair de celui que tu es
Ta bouche dans la nuit blanche d’un sourire ta face
tous les gages de ta pensée
Visage descellé aux mains de tes secrets pluie d’argent
où boire au silence

Un frère pâle à travers le bonheur regardait tristement la route du bonheur
Ton coeur a pris toute sa peine
ses yeux prendront toute sa vie
Qu’auras-tu fait toi qui voulus à ton innocence
d’avant les jours ouvrir avec tes mains toute l’étendue du désir

(Joë Bousquet)

Illustration: Alex Alemany

 

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