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Poésie

Posts Tagged ‘désemparé’

UNE LIGNE (Pai Ch’iu)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019



Illustration : Barbaras BilderKunst – Barbara Walder
    
UNE LIGNE

Ce qui s’élève est ciel, est envol.
Ce qui descend sont vagues écrasantes,
est déchéance et perdition.

Une ligne divise le monde :
abandonné au milieu il y a toi,
désemparé tu vacilles

Réveillée de sa sieste
une oie sauvage pourchasse l’horizon.

Tu es une moucheture de poussière
entre ciel et terre.

***

A LINE

What ascends is sky, escape.
What descends is dashing waves, decadence and decay.

A line divides the world:
You’re left in the centre,
Floating unsupported.

Awakening from an afternoon nap,
A wild goose chases the horizon.

You’re a speck of dust
Between heaven and earth
Seeking a place to stay for the night

***

EEN LIJN

Wat opstijgt is hemel, is vlucht.
Wat neerdaalt zijn verpletterende golven,
is teloorgang en verderf.

Een lijn scheidt de wereld:
achtergelaten in het midden ben jij,
zwalp je hulpeloos rond.

Uit haar middagslaap ontwaakt
jaagt een wilde gans de horizon achterna.

Jij bent een spikkeltje stof
tussen hemel en aarde,

***

EINE LINIE

Was aufsteigt ist Himmel, ist Flucht
Was absteigt sind zerschmetterende Wogen.

Eine Linie trennt die Welt
Vergessen, in der Mitte, bist du
Hilflos treibend

Du bist ein Körnchen Staub
Zwischen Himmel und Erde
Suchst du einen Hort für die Nacht.

***

Una linea

Ciò che sale è il cielo, fuga.
Ciò che scende sono onde che si infrangono, decadenza
e declino.

Una linea divide il mondo: tu
rimani al centro,
galleggiando senza un aiuto.

Svegliandosi dal riposo del pomeriggio
un’oca selvaggia insegue l’orizzonte.

Sei un granello di polvere
fra cielo e terra
Alla ricerca di un posto dove passare la notte.

***

O LINIE

Ce crește spre cer, e doar evadare
Ce cade din el e tumult vijelios.

O linie simplă desparte Pământul
E muchia pe care stingher poposești
Suspendat în derivă

Firicel de nisip
Între cer și pământ
Căutând adăpost pentru-o noapte.

***

ΜΙΑ ΓΡΑΜΜΗ

Ότι ανυψώνεται είναι ουρανός, διαφυγή
Ότι κατέρχεται κύματα ολοφώτεινα, παρακμή, φθορά.

Μια γραμμή χωρίζει τον κόσμο:
Κι έμεινες στο κέντρο
να πλέεις δίχως σωσίβιο.

Tο απόγευμα που ξυπνά
μια χήνα κυνηγά τον ορίζοντα

ένας κόκκος σκόνης είσαι
ανάμεσα σε γη κι ουρανό
και ψάχνεις να βρεις πού να ξοδέψεις τη νύχτα

***

一条线

上升的是天空,逃离。
下降的是汹涌的波浪,颓废和腐朽。
一条线分割世界:
你被留在中心,
没有支撑地漂浮着。
从午睡中醒来,
一只天鹅在追求地平线。
你是天地间的
一粒尘埃
在找个地方过夜。

***

UMA LINHA

O que sobe ao céu, é fuga
O que desce são ondas desfeitas, decadência e perdição.

Uma linha divide o mundo:
Permaneces no centro,
Flutuando sem sustentação.

Despertando de uma sesta
Um ganso selvagem persegue o horizonte.

És um pouco de pó
Entre o céu e a terra
Buscando um lugar de acolhimento à noite.

***

LINIA

Co wzniosłe – jest niebem, ocaleniem.

Co upadłe – jest szalejącymi falami,
dekadencją i rozpadem.

Świat dzieli linia:
Ty pozostajesz w centrum,
unosisz się,
niczym nie podtrzymywany.

Przebudzenie z popołudniowej drzemki.
Dzika gęś goni za horyzont.

Jesteś drobiną pyłu między niebem i ziemią,
poszukującą miejsca na nocleg.

(Pai Ch’iu)

 

Recueil: Ithaca 591
Traduction: Français: Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Anglais: Zhou Dao Mo / Néerlandais: Germain Droogenbroodt / Allemand / Italien: Luca Benassi / Roumain: Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Grec: Manolis Aligizakis / Chinois / Portugais: José Eduardo Degrazia / Polonais: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Editions: POINTS

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Sans doute nous ne faisons qu’entrevoir les allures du monde (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2019



sans doute nous ne faisons qu’entrevoir
les allures du monde à travers
la brume de notre ignorance
et lorsqu’un brusque éclat de soleil
illumine un sein nu la colline
oubliée de l’enfance ou l’ocre rose
d’un portail roman sous un cèdre
nous sommes éblouis nous prions
pour que demeure en nous la trace
de ce qui se dérobe à nos regards
trop pauvres infidèles désemparés

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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Nuages épars (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
Nuages épars
désemparés
édredons moisis
égarés par hasard

Dociles
ils attendent
la brise bergère
qui leur désignera
le sens
les rassemblera
vers l’horizon
censé devenir leur

Passagèrement

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Cils de la nuit (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018



Illustration
    
Cils de la nuit
entre les joncs
blonds sur encre

Cils immobiles
remous d’ombres
ciel paisible

Sous les paupières
des ténèbres
l’aube mûrit

Parée de frais
loin de la nuit
désemparée

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Ces arbres (Paul Vincensini)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018




Ces arbres

De quels oiseaux
Ces arbres sont-ils muets
Désemparés par quelle absence

(Paul Vincensini)


Illustration: île Nancy

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Comme un oiseau (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    
Comme un oiseau

Comme un oiseau désemparé dans l’air,
j’écris mon nom sous d’austères missives
à l’avenir qui jamais ne répond.

Désemparé dans son vol l’oiseau signe
plus que sa mort la chute du soleil.
L’aile brisée, il glisse vers la terre
et croit monter vers son ultime ciel.

La lettre en blanc, ma nouvelle naissance,
si je la signe, elle sera mon oeuvre
jamais écrite et le songe brisé
de ce grand livre, espace d’existence,
et dont subsiste un paraphe d’oiseau.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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LA SOLITUDE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
LA SOLITUDE

Avec une feuille tombée
Avec le trop-plein d’un seau

Avec cette lampe aux œufs d’or
Sur la desserte de la neige
Quand il a bien fait froid dehors

Avec une route où s’avance
Un cheval qui n’est pas d’ici
Avec l’enfant glacé tout seul
Dans un autocar de rêve

Avec des villes consumées
Dans le désert de ma mémoire
Un ciel d’épines et de craie
Où le soleil ne vient plus boire

Avec l’idiot désemparé
Devant ses mains qui le prolongent
Et dont le cœur comme une oronge
Suscite un désir de forêt

Avec toi qui me dissimules
Sous les tentures de ta chair
Je recommence le monde.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Où ai-je vu ce lilas de Perse (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017



J’arracherai ce jour de ta mémoire
Pour que ton regard, brumeux, désemparé,
Demande: où ai-je vu ce lilas de Perse,
Ces hirondelles, cette maison de bois ?
En m’entendant nommer, tu te rappelleras
La soudaine douleur des désirs indicibles,
Dans des villes pensives tu chercheras
Cette rue qui n’est sur aucun plan.
En voyant arriver une lettre inattendue,
En entendant derrière une porte une voix
Tu penseras: «C’est elle, elle-même,
Qui vient au secours de mon peu de foi.»

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Les néants (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016




Les néants

« J’existe trop », dit le néant,
Gras comme une châtaigne,
Aux néants qui se plaignent.
« Pourquoi m’a-t-on nommé, créant

Le rien concret, l’absence à voir? »
L’autre néant réplique,
doux comme une musique:
« On me confond avec l’espoir

Désemparé, déçu, retors. »
Le troisième décide:
« Je veux être le vide,
Le trou sans fond, le plus que mort. »

Puis il s’en va, svelte souris.
Néants qu’on civilise,
Incarnés par surprise,
Chacun de vous s’est désappris.

(Alain Bosquet)

 

 

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César Vallejo (Miguel Espejo)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



poeta_vallejo

César Vallejo

Si je pouvais disposer d’un jour
– ou du moins de quelques heures –
pour courir derrière les morts
j’aurais la force et l’illusion
d’écrire enfin un vrai poème :
du pain dans la bouche de l’affamé
une béquille pour le boiteux désemparé
et le tambourinement incessant des pas
sur les ruelles désertes et graves,
où pas un ivrogne ne profère des imprécations en vain
ne lance ses insultes comme des crachats vers le ciel
vers son visage léché d’étoiles
semblable aux bâtiments désolés
et aux villes abandonnées
aux chemins insondables qui piègent les rêves,
les larmes, les espoirs et l’ombre des corps,
et les entraînent vers un éblouissant trou noir.

(Miguel Espejo)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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