Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘désespérance’

L’ÉPUISEMENT (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

Igor Morski 9ab99e64

L’ÉPUISEMENT

De toute façon
En ces temps difficiles,
Que l’âme exulte ou pleure,
Que le coeur saigne,

Que j’agonise libre ou prisonnier,
Saoul de désespérance
Ou tendant au bonheur,
Tout est en vain, en vain.

Nous vivions et nous mourions
En ces temps désordonnés,
A la vie nous avons résisté,
Mais elle nous est passée sur le corps.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Igor Morski

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ÉCHAFAUDER SES RÊVES (Françoise Coulmin)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020



Illustration: Marilyne Bertoncini
    
ÉCHAFAUDER SES RÊVES

Échelles impraticables pour essayer
de monter jusqu’au ciel

Lourde tâche
quand au jour le jour
s’accumule
gravité entêtée

Le pire et le meilleur

Se dégager des pesanteurs
de la désespérance
pourquoi comment

Tisser
l’échafaudage
de ses rêves.

(Françoise Coulmin)

 

Recueil: DE QUOI SE SOUVENIR ?
VAGABONDAGES dans BUCAREST À l’occasion du FESTIVAL INTERNATIONAL DE POÉSIE mai 2019
Traduction:
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un feu vivant (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



alexandra-bochkareva-10

Un feu vivant

Mon amour du profond des nuits
Du fond de la terre et des arbres
Du fond des vagues, de l’oubli
Mon amour des soifs de l’enfance
Mon amour de désespérance

Je t’attends aux grilles des routes
Aux croisées du vent du sommeil
Je crie ton nom au fond des soutes
Des marécages sans oiseaux
Du fond de ce désert de fonte
Où je pose un à un mes pas

J’attends la source de tes bras
De tes cheveux, de ton haleine
Tu me libères, tu m’enchaînes
Tu me dévastes tu me fais

Je t’attends comme la forêt
Inextricable, enchevêtrée
Tissée de renards et de geais
Et que le matin fait chanter.

(Luc Bérimont)

 Illustration: Alexandra Bochkareva 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SOMBRER (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



Titanic

SOMBRER

Ah! cette volupté sans bornes de périr
De sombrer dans la mer de la désespérance,
Dans un océan noir de morbide souffrance
Où la raison s’enlise et se comprend mourir!

Sentir, sentir, qu’on disparaît dans l’ombre immense
Et puis, sombrer toujours, ne pas se retenir,
Entendre au fond de soi quelque chose frémir,
Croire que c’est la mort peut-être qui commence…

Le navire a frappé quelqu’invisible écueil :
Penché dessus le gouffre noir comme un cercueil,
Il frémit dans la nuit qui l’environne : il sombre…

Le capitaine est là, superbe sur le pont :
Il n’a pas voulu fuir. Ivre, de son oeil sombre,
Il regarde monter les abîmes sans fond!

(Hector de Saint-Denys Garneau)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Réminiscences dans un songe (Oktay Rifat)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016




Réminiscences dans un songe

À la main son chandelier à quatre branches
Dans ses yeux la flamme des bougies
Ses jupes frôlent le sol ses pieds invisibles
Nus, sur les dalles

Un corridor — interminable —
Sur les murs anciens du Temps
Les squelettes, les rets des fossiles
Vers la désespérance étirée
La beauté de sa robe blanche

Tremblante, comme les musiques de ce jour-là.

(Oktay Rifat)

Illustration: John Everett Millais

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mer jours (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2016



Mer jours
et de harpes sans oiseaux

pour de secrètes marées disparues
dans l’anfractuosité des silences
tu retisses à rebours
les souffles à mon coeur capiteux

pour un mystère qui t’ensemence
dans le multiple dense des étreintes
tu auscultes toujours
d’une sonde à l’étoile
ta longue désespérance

(Gaston Miron)


Illustration: Timothy Martin

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Les rêves morts (Gaétane de Montreuil)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2016



Les rêves morts

Je voudrais pour aimer avoir un cœur nouveau
Qui n’eût jamais connu les heures de détresse,
Un cœur qui n’eût battu qu’au spectacle du beau
Et qui fût vierge encor de toute autre tendresse ;

Mais je porte en moi-même un horrible tombeau,
Où gît un songe mort, loin de la multitude :
J’en ai scellé la porte et seul un noir corbeau
Du sépulcre maudit trouble la solitude !

Cet oiseau de malheur, c’est l’âpre souvenir,
C’est le regret des jours vécus dans la souffrance,
Qui ronge jusqu’aux os mes rêves d’avenir,
Beaux rêves glorieux, morts de désespérance.

Sans cesse l’aile sombre au fond de moi s’ébat,
Son grand vol tournoyant fait comme la rafale,
Qui siffle en accourant vers la fleur qu’elle abat
Et disperse les nids, dans sa course fatale.

Pourtant, d’un port lointain, si le vent, quelquefois,
M’apporte la chanson d’un ami sur la route,
À l’émoi de mon cœur je reconnais sa voix,
Car il cesse de battre, et tout mon être écoute.

(Gaétane de Montreuil)

Illustration: James LeGros

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :