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Poésie

Posts Tagged ‘désespérément’

J’ai souffrance beaucoup (Franck Venaille)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019




Illustration: Guy Swyngedau
    
J’ai souffrance beaucoup, de coeur surtout,
Comme on l’est d’hôpital, malade aux draps
Fiévreux. J’ai longs moments où je suis autre
Où je cherche ma route personnelle désespéré-
Ment. Je me repose, adossé aux poumons qui
Puisent l’air bon : celui qui donne envie de vie.
On voit, de par le monde, beaucoup de coeurs
Blessés. Et cette souffrance, parfois, confie tout
Bas, aux autres, les raisons de sa présence. Ici.

(Franck Venaille)

 

Recueil: Ça
Traduction:
Editions: Mercure de France

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OBSCURCISSEMENT (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration: Abanindranath Tagore   
    
OBSCURCISSEMENT

Une sombre appréhension servant de linceul
Enveloppe le monde,
En son centre demeure par-delà l’appréhension
Une ferme conviction.

Au milieu d’un orage de mots et la poussière de débats
L’ intelligence aveuglée tâtonne désespérément,
La conviction reste inébranlable, au fond,
Sans une ombre de peur.

Des centaines d’épreuves sur le chemin de la vie
Errent en un tourbillon,
Tandis qu’au centre règne la paix imperturbable
Sous l’ombre d’un arbre immortel.

Des flèches empoisonnées fusent sans relâche —
La censure, la perte, la mort et la séparation —
Éternelle, la Joie reste calme dans sa transe :
Elle ne connaît nulle destruction.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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Cible (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



Illustration: ArbreaPhotos
    
Cible

Pour les rires ailés je suis la large cible,
Car je vis dans le songe adorable et terrible.

Accourez vivement en choeur, vous, ombres vertes,
Et riez en voyant ma face découverte.

Mon coeur est las enfin des mauvaises amours,
Des songes de mes nuits et des maux de mes jours.

Mon coeur est vieux autant qu’un très ancien grimoire
Et, désespérément, j’appelle l’Heure Noire.

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Désespérément moi (Farah-Martine Lhérisson)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



 

Albert Asensio   2-3

Désespérément moi
à l’aller et au retour

(Farah-Martine Lhérisson)

Illustration: Albert Asensio

 

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Ce dont Lily voulait se saisir (Virginia Woolf)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


 


 

Artemisia Gentileschi_autoritratto_1638_-_1639

Ce dont Lily voulait se saisir
était cette irritation même des nerfs,
la chose elle-même
avant qu’elle ne se transforme en autre chose.
Obtenir cela et recommencer;
obtenir cela et recommencer, dit-elle
désespérément,
se projetant fermement contre son chevalet

(Virginia Woolf)

Illustration: Artemisia Gentileschi

 

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MIDI (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018



Illustration
    
MIDI

plage bleue de midi
quand les enfants
s’amusent à vivre

petites silhouettes
à la pêche au trésor
le long des vagues
qui doucement
viennent mourir

à l’heure où
dans une maison fermée
un téléphone désespérément
sonne

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Les murs qui me serrent (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration: Euan Macleod  
    

Les murs qui me serrent
n’étouffent pas le dégoût
qui doit coller à mon sang
comme à la gorge un crachat.

Le soleil passe dans mon regard
comme il passe dans les fenêtres
qui luisent désespérément le soir
comme des tas de houille sans feu.

Pareille à un oiseau abattu,
la rue est plaquée au sol,
ayant perdu jusqu’à son ombre,
jusqu’à son propre poids.

Je traverse seul la terre
sans rien voir de mes yeux ouverts
et je ne rencontre personne
qui prenne le même chemin que moi.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LA MORT EST HAUTE (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



    
    

Illustration: Albert Marquet   

LA MORT EST HAUTE

La mort est haute,
là où se trouve ce qu’on exalte.
Je le sais, d’avoir perdu le souffle jusqu’à être
emporté sur une étoile à cinq branches.

J’étais exalté
mais guère à mon aise dans cet espace.
Sous moi respirant ton visage
criait Reviens, Reviens.

Reviens, appelais-tu en dormant.
Et en arrière je rampais désespérément
résistant à la chute ascendante.

Il n’était pas facile de courir à quatre pattes
contre ces torrents sans fin de lumière,
tous inclinés dans le même sens,

et seule ta voix criait : Reste !

Mais était grand mon désir
d’être réconforté, réchauffé
une fois de plus par ta forme endormie,
d’être, un instant, pas plus haut
que tu n’étais,
petite chambre, ardent amour, humble étoile !

***

DEATH IS HIGH

Death is high;
it is where the exalted things are.
I know, for breathlessness took me
to a five-pointed star.

I was exalted
but not at ease in that space.
Beneath me your breathing face
cried out, Return, Return.

Return, you called while you slept.
And desperately back I crept
against the ascending fall.

It was not easy to crawl
against those unending torrents of light,
all bending one way,

and only your voice calling, Stay!

But my longing was great
to be comforted and warmed
once more by your sleeping form,
to be, for a while, no higher
than where you are,
little room, warm love, humble star!

(Tennessee Williams)

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Comment le mot s’est-il fait chair pour toi (Ali Hamouda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2016



Je répète les mots inexacts
les mots impuissants
les mots injustes
les mots de miel qui blessent l’oreille
les mots d’amour qui embrasent la haine
les mots durs et creux
désespérément creux comme
la tête et comme l’âme
comme la main tendue dans un geste de grâce
comme la main qui tient la dernière goutte d’eau
et qui s’étonne de
ses rides plus assoiffées que la gorge.
Mon Dieu, comment le mot
s’est-il fait chair pour toi?

(Ali Hamouda)

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Boutons d’or (Ali Hamouda)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2016



Cette nuit-là l’aurore se leva sur des boutons d’or
jaillis miraculeusement des ruines;
l’air et le soleil pénétraient libres
à travers un toit désespérément épanoui
des pas d’enfants ciselaient l’herbe
et le souffle des fleurs
évoquait tel un rêve la voix des absents.

(Ali Hamouda)

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