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Poésie

Posts Tagged ‘désespoir’

Nus déchirant les jours (Gilbert Vautrin)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019



Illustration
    
nus déchirant les jours

et les visages nus
déchirant le temps et l’espace
oh je voulais tant donner tant
de la douceur du désespoir…

(Gilbert Vautrin)

 

Recueil: Anges et Corbeau
Traduction:
Editions: Phoenix AEncrages & Co

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Pauvre Âme (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Pauvre Âme, dit l’Esprit,
je suis triste avec toi, et même bien plus que toi,
— car moi, dont ce n’est pas le métier,
quand je m’émeus et je m’affecte, je sais pourquoi;
et mon désespoir est encore lumière.

Que tu as cette chance de te lamenter dans tes ténèbres,
où tu ne vois pas s’il y a, ou s’il n’y a pas, de quoi espérer toujours.

Tu veux, ô immédiate,
tu veux qu’elle t’aime comme tu l’aimes.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nos plus Beaux Moments (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019


beauté

Nos plus Beaux Moments, s’ils duraient –
Détrôneraient le Ciel –
Que peu d’instants – et par Risque -procurent –
Aussi n’en est-il – dispensé –

Que comme stimulants – dans
Les cas de Désespoir –
Ou de Stupeur – Une Réserve –
Sont ces Célestes Heures –

Un Don du Divin –
Qui Tout comme il est Venu –
Se retire – laissant l’Ame éblouie
Dans son Appartement nu –

(Emily Dickinson)

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PETITE CHANSON POUR UNE ORPHELINE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019



    

PETITE CHANSON POUR UNE ORPHELINE

A quoi rêvent les orphelins
quand la mort rôde et aboie
Le désespoir attend son tour
quand s’annonce la solitude

Orpheline aux yeux noirs
petite fille de la nuit
donnez-moi la main

Nous sommes tous des orphelins
vêtus de sombre et de chagrins
Nous voulons vivre d’espoir
n’est-il pas déjà trop tard

Petite fille aux yeux noirs
orpheline de la nuit
votre main donnez-la moi

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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JUSQUE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019



Illustration:Ana Cruz
    
JUSQUE

Par milliers millions milliards
voie lactée incalculable
forêt chaque arbre un rappel
chaque campanule autant de cloches
dans les prés du souvenir
chaque nuage jamais retrouvé
dans le ciel de la mémoire
écumes que l’océan impose
pour toutes les marées
celles de la honte du désespoir
de la mélancolie
et les vagues de regrets de remords
qui se brisent quand vient la nuit
Orages oubliés éclairs de colère
éclairs des déchirements
le sang coulera-t-il longtemps
le prochain orage qu’on n’attendait plus
plus jamais
Et pourtant le premier coup de tonnerre
la même catastrophe et la même chanson

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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ÉTERNEL AUTOMNE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019




    
ÉTERNEL AUTOMNE

Ecraser les souvenirs comme les feuilles mortes
feuilles mortes couleur de crépuscule
déjà pourritures multicolores et nécessaires
au pied des arbres dépouillés
et qui doivent refleurir après un long silence
le long silence de l’espoir après le désespoir
toujours la même chanson la même saison
celle où l’on brûle les fleurs les fruits les feuilles
toutes les branches qu’il faudra couper
et les scier pour qu’on n’en parle plus jamais
plus jamais comme si rien n’avait été
et qui ne sera jamais plus enfin
enfin jamais plus puisqu’il faut finir
et qu’ainsi tout est pour le mieux
qu’on n’est plus obligé de choisir
Choisir les fumées que dévorera le vent

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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UN IMMENSE DÉSESPOIR (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



 

Edvard Munch - Melancholía,   00

UN IMMENSE DÉSESPOIR

Un immense désespoir
Noir
M’atteint
Désormais, je ne pourrais
M’égayer au rose et frais
Matin.

Et je tombe dans un trou
Fou,
Pourquoi
Tout ce que j’ai fait d’efforts
Dans l’Idéal m’a mis hors
La Loi ?

Satan, lorsque tu tombas
Bas,
Au moins
Tu payais tes voeux cruels,
Ton crime avait d’immortels
Témoins.

Moi, je n’ai jamais troublé,
Blé,
L’espoir
Que tu donnes aux semeurs
Cependant, puni, je meurs
Ce soir.

J’ai fait à quelque animal
Mal
Avec
Une badine en chemin,
Il se vengera demain
Du bec.

Il me crèvera les yeux
Mieux
Que vous
Avec l’épingle à chapeau
Femmes, au contact de peau
Si doux.

(Charles Cros)

Illustration: Edvard Munch

 

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Enfin j’ai pu entendre son nom (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018


amour

« Enfin j’ai pu entendre son nom –
Sans – progrès Enorme –
Cette sensation d’Arrêt – en mon Ame –
Et ce Tonnerre – dans la Chambre –

Enfin j’ai pu franchir
Cet Angle du plancher
Où il a tourné ainsi – et moi – ne sais –
Et tous nos Nerfs se déchiraient –

Enfin j’ai pu remuer le Coffret –
Où ses lettres s’entassaient
Sans cette pression, dans mon souffle –
Comme des Rivets – qu’on enfonce –

Ai pu vaguement me rappeler une Grâce –
Je crois qu’on la nomme « Dieu »,
Connue pour adoucir l’Extrémité –
Quand la Formule, a échoué –

Et joindre mes Mains –
En geste de prière,
Quoique ignorant un mot
Par l’Ordination – prononcé –

Mon Affaire, avec le Nuage,
S’il est derrière, un quelconque Pouvoir
A l’abri du Désespoir –
Qui se soucie, lointainement,
D’un incident aussi mineur
Que le Malheur –
Trop grand, lui-même, pour s’arrêter – plus longtemps –

(Emily Dickinson)

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Certaine clarté Oblique (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Certaine clarté Oblique,
L’Après-midi d’Hiver –
Oppresse, comme la Houle
Des Hymnes Liturgiques –

Céleste Blessure, elle ne laisse
Aucune cicatrice,
Mais une intime différence –
Là où les Sens, résident –

Nul ne peut l’enseigner – Non –
C’est le Sceau du Désespoir –
Une affliction impériale
Que des Airs on nous envoie –

Elle vient, le Paysage écoute –
Les Ombres – retiennent leur souffle –
Elle s’en va, on dirait la Distance
Sur la face de la Mort –

(Emily Dickinson)


Illustration

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La Musique (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




La Musique

La musique souvent me prend comme une mer!
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile;

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Sur l’immense gouffre
Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir!

(Charles Baudelaire)

 

 

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