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Poésie

Posts Tagged ‘désespoir’

J’ignore si demain me gardera intacte (Joséphine Bacon)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
J’ignore si demain me gardera intacte
Je dis que l’espoir de se laisser être
Éloigne le désespoir

(Joséphine Bacon)

 

Recueil: Un thé dans la toundra – Nipishapui nete mushuat
Traduction:
Editions: Mémoire d’encrier

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Entre deux désespoirs (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration
    
entre deux désespoirs l’illusion du bonheur
ravitaille les bouches avides d’illusion

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Traité du vertige
Traduction:
Editions: La Différence

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Après les remparts dans le quartier de l’Océan (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Après les remparts
dans le quartier de l’Océan
vivait Khalti Samar

À son grand désespoir
son mari ce mécréant
ne buvait que du café noir

«Pourquoi boire du thé?
disait-il d’un air critique
Son goût est beaucoup trop sucré
et il amollit la logique

Prenez n’importe quelle démente
donnez-lui un thé à la menthe
et elle vous contera des histoires
que vous écouterez jusqu’au soir!

Qu’Allah me protège du merveilleux
qui s’insinue même dans les coeurs
des plus malingres et des plus vieux
pour leur faire croire au bonheur!

Faut-il que je cède au rêve
de mon épouse Samar la douce
et que pour son tajine aux fèves
le savoir je repousse ?

Faut-il que je rie ?
Faut-il que je pleure?
Faut-il que j’aille voir le cadi
pour lui parler sans candeur ?

Ah! Samar la grâce de tes yeux
est un tel baume une telle richesse
Tu ne sais pas ma sécheresse
quand tu allumes tes feux

Je suis chandelle entre tes mains
assoiffé de ta lumière
Je veux vivre entre tes seins
jusqu’à ma larme dernière»

Ainsi parlait le mari de Khalti Samar
quand elle lui versait du café noir

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une jeune femme montre ses seins nus à Tunis (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




    

Damas accuse Washington de mentir
Une jeune femme montre ses seins nus à Tunis
Les prochaines élections s’annoncent plus difficiles que les précédentes
comme des spaghettis ayant perdu leur al dente

Une jeune femme montre ses seins nus à Tunis
Les mois d’été bouillent dans le désespoir
comme des spaghettis ayant perdu leur al dente
dans le noir visqueux de l’encre de seiche

Les mois d’été bouillent dans le désespoir
On recherche la nouvelle Vénus
dans le noir visqueux de l’encre de seiche
où surnage un tentacule

On recherche la nouvelle Vénus
dans les eaux roses du crépuscule
où surnage un tentacule
au large de la baie de Tunis

(Aya Cheddadi)

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comme il est exact, le désespoir (Christine Lavant)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Illustration
    
Comme il est exact, le désespoir !
A la même heure jour après jour
il apparaît sans ruse aucune
et me châtie d’un coup.

Des étincelles volent autour de moi,
mon cœur appelle tous les anges,
mais le ciel est une mer
et Jésus dérive dans une barque
très loin à l’autre bout du monde,
où sont tous ceux qui aident,
et mon dernier espoir aboie
sur le rivage, à contre-vent.

Je sens alors que personne ne m’entend,
je ramasse en silence les étincelles,
mon cœur – qui me conjure en crépitant –
lentement se transforme en une pierre à feu.

***

Wie pünktlich die Verzweiflung ist!
Zur selben Stunde Tag für Tag
erscheint sie ohne jede List
und züchtigt mich mit einem Schlag.

Dann stieben Funken um mich her,
mein Herz ruft alle Engel an,
der Himmel aber ist ein Meer
und Jesu treibt in einem Kahn
sehr weit am andern Rand der Welt,
dort, wo die Helfer alle sind,
und meine letzte Hoffnung bellt
am Ufer durch den Gegenwind.

Ich spür dann, daß mich niemand hört,
und sammle still die Funken ein,
mein Herz – das knisternd mich beschwört –
wird nach und nach zum Feuerstein.

(Christine Lavant)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

Recueil: Les Etoiles de la faim
Traduction: Christine et Nils Gascuel
Editions: La Différence

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Qui partira ? (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    

Qui partira ?

Qui partira quand j’ouvrirai la porte,
mon désespoir ou le parfum des roses ?
Le visiteur, peut-être, agacé par ma voix.
Qui partira — et si c’était mon âme ?

Le sais-je moi si je suis une église
ou la prison de mes rêves perdus ?

Si je partais, si je quittais mon antre,
si j’oubliais les gestes et les rites,
si je roulais dans la saison des pierres ?

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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La compagne du vannier (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




    
La compagne du vannier

Je t’aimais.
J’aimais ton visage de source raviné par l’orage
et le chiffre de ton domaine enserrant mon baiser.

Certains se confient à une imagination toute ronde.
Aller me suffit.

J’ai rapporté du désespoir un panier si petit, mon amour,
qu’on a pu le tresser en osier.

(René Char)

 

Recueil: Fureur et mystère
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je pense que tout est fini (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017




    
Je pense que tout est fini
Je pense que tous les fils sont cassés qui retenaient la toile
Je pense que cela est amer et dur
Je pense qu’il reste dorénavant surtout à mourir.

Je pense que l’obscur est difficile à supporter après la lumière
Je pense que l’obscur n’a pas de fin
Je pense qu’il est long de vivre quand vivre n’est plus que mourir.

Je pense que le désespoir est une éponge amère
qui s’empare de tout le sang quand le coeur est détruit.
Je pense que vous allez me renvoyer à la vie qui est immense
et à ce reste des femmes qui ont des millions de visages.

Je pense qu’il n’y a qu’un visage pour mes yeux

Je pense qu’il n’y a pas de remède

Je pense qu’il n’y a qu’à poser la plume
et laisser les démons et les larmes continuer le récit
et maculer la page

Je pense que se tenir la tête longtemps sous l’eau finit par étourdir
et qu’il y a de la douceur à remplacer son cerveau par de la boue

Je pense que tout mon espoir que tout mon bonheur
est de devenir enfin aveugle sourd et insensible.

Je pense que tout est fini.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Ô quel mal (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Illustration
    
Ô quel mal de sortir du calme désespoir
la fièvre d’espérance bat mes tempes de son mensonge
une odeur d’encens glisse d’église en église
je ne croyais plus aux fleurs
ni à Dieu ni aux jeunes filles
il a suffi d’une aubépine
et tout ce monument de lave triste tremble et s’effrite
il a suffi d’une aubépine
et tout l’hiver dérive vers la mer.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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En sourdine (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



 Joseph Noel Paton -« Hesperus »

En sourdine

Calmes dans le demi-jour
Que les branches hautes font,
Pénétrons bien notre amour
De ce silence profond.

Fondons nos âmes, nos coeurs
Et nos sens extasiés,
Parmi les vagues langueurs
Des pins et des arbousiers.

Ferme les yeux à demi,
Croise tes bras sur ton sein,
Et de ton coeur endormi
Chasse à jamais tout dessein.

Laissons-nous persuader
Au souffle berceur et doux
Qui vient à tes pieds rider
Les ondes de gazon roux.

Et quand, solennel, le soir
Des chênes noirs tombera,
Voix de notre désespoir,
Le rossignol chantera.

(Paul Verlaine)

Illustration: Joseph Noel Paton

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