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Poésie

Posts Tagged ‘désir’

Corps et âme (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



Corps et âme

Egaré dans l’espace
En extase sous l’orage
J’erre entre l’abîme du désir
Et la cime du plaisir
La clé m’ouvre un chemin
Qui m’emporte tout droit
Sous un ciel bleu foncé
Vers la porte où je frappe
Mon corps libéré de mon âme
Que brûle le ridicule feu de l’enfer
Retrouve le paradis des sens
Avant de rôtir dans les flammes.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Blake

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Une fleur en bouton (Michel Bonté)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



Une fleur en bouton est une fleur sans fleur
ce n’est qu’une tige pommeau née
hésitante à s’ouvrir, sans couleur pour s’habiller
demeurant enfermée, baignant nue dans sa potion
secrète parfumée
pensant au seul plaisir, au seul désir
de pouvoir un jour sortir pour se faire sentir.

(Michel Bonté)


Illustration

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Cueillie au printemps (Catulle Mendès)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Le poète se souvient d’une fleur…

cueillie au printemps

Une rose d’un mois d’avril
Sous une étoile qui regarde
Éveilla, malice ou mégarde,
mon désir pas encor viril.

C’est ta bouche au rose grésil
Qui fut pour ton page, Hildegarde,
Une rose d’un mois d’avril
Sous une étoile qui regarde.

J’ai connu les deuils, le péril,
Depuis, et l’angoisse hagarde !
mais qu’importe, puisque je garde
Fraîche en mon vieux coeur puéril
Une rose d’un mois d’avril !

(Catulle Mendès)

 

 

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Laurence printanière (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Laurence printanière

Voici que montent les aubes, d’une blancheur
Eclatante, au-dessus d’un fouillis d’anémones
Lumineuses, dans la matinale fraîcheur…

Pour entrer dans la danse légère d’avril,
Vos yeux ont pris la douceur des clairs de lune,
Et leur lumière brille et joue entre les cils.

Il vaut mieux ne jamais parler de moi, Laurence,
Si vous me permettez, et si divinement,
De goûter avec vous cette aube de printemps.
Je chanterai d’abord votre seule présence,
Puisque nos souvenirs, si merveilleux soient-ils,
Pâlissent à côté de cette aube d’avril;
Il vaut mieux négliger les joies antérieures
Pour jouir pleinement des dons qui sont offerts,
La lumière frôlant votre sein découvert,
Toute l’idéale tempête de six heures…

Voici venir la grande extase des réveils,
Et vous marchez parmi les fleurs printanières,
Heureuse et cueillant des monceaux de primevères
Pour les jeter à pleines mains dans le soleil.

Ne tremblez pas; je veux effleurer vos cheveux,
Les sentir et ne plus les sentir qu’en pensée,
Et puis les ressentir encore à la nausée,
Et puis garder le long des jours tout leur parfum…

Ne tremblez pas : il faut fermer les yeux d’abord,
Il faut vous jeter doucement dans l’herbe haute,
Il faut que je délivre vos cheveux, que j’ôte
L’agrafe qui maintient ce voile sur ce corps,
Offrant à la lumière cette peau si pure,
Cette gorge crépitant d’or et de luxure
Et que caressent les tiges comme des mains,
Ces seins qui sont gonflés de soleil et de sève,
Ces jambes lisses et blanches qui se soulèvent
Pour contenir le flot de volupté qui vient

Hors de l’âcre profusion de la terre
Qui monte soudain comme un raz de marée

Vers l’orgie dionysiaque de la chair
Et le désir bouleversant des mâles
Craquant jusqu’à l’épuisement de l’être,
Pour assouvir tout ce qui brûle et qui déborde,
Cette tempête lumineuse de printemps
Qui déferle sur les aubes de six heures…

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration: John William Godward

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L’APHRODITE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2021



Illustration: Alexandre Cabanel
    
L’APHRODITE

Infante de l’Amour enfantée par

l’écume de la mer et du vent
l’écume de la vague et du sang
l’écume des amours naissants
l’écume des désirs languissants
l’écume des émois rougissants
l’écume des gestes caressants
l’écume des corps soupirants
l’écume des bouches salivantes
l’écume des lèvres pantelantes
l’écume des étreintes haletantes
l’écume des houles langoureuses
l’écume des foules luxurieuses

l’écume du monde séducteur.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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UN DÉSIR D’ODYSSÉE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2021




    
UN DÉSIR D’ODYSSÉE

Relever la parole ancienne
Ranimer les mots refroidis
Fermente aux lèvres un nouveau chant
Embrasements ? non, embrasures
Où sur la fresque de midi
S’éploie un désir d’odyssée

Un désir d’odyssée
Par les routes imprononcées
Par les routes jamais écrites
Par les mers encore inchantées

Par les lagunes innommées
Et les déserts indénombrés
Par les chemins non murmurés
Un désir d’odyssée
Par les vents à réinventer
Les orages inéclatés
Les azurs à revisiter

Par les prodiges improclamés
Les sirènes à réenchanter
Sur le portulan des légendes

Un désir d’odyssée
Par les îles inépelées
Et les embruns imbalbutiés
Des vagues jamais chuchotées

Un désir d’odyssée
Vers le lieu ou l’Improféré
Sibylle des mots à venir
Guette en sa grotte improfanée
Le poète qui, d’un baiser
Sur sa bouche délivrera
Les oracles inapaisés.

(Jacques Lacarrière)

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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Lui, le nanti des mots (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2021



Illustration: René Baumer
    
Lui, le nanti des mots,
il est revenu parmi ceux à qui manquent les mots.
Et en un temps où ils se vident, s’émiettent, perdent leur sens,
le poète a pouvoir de leur donner leur pleine charge de lumière, de désir, de jeu ou de défi.
Un chargé de mission ? Oui : entretenir le sens et la beauté des mots.
Réinventer leur fulgurance.
Puisqu’en chaque temps de manque,
le poète seul est là pour nommer ce qui manque.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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Qui voit l’éclair (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021



Qui voit l’éclair voit l’instant
de son plus grand désir
l’écroulement du ciel qui le nie

(Jean Joubert)

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Le désir est un hôte (David Eloy Rodríguez)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2021



Illustration
    
Le désir est un hôte

On entre en amour
dans un brouhaha d’enfants
qui jouent dans une piscine.

On quitte l’amour
dans le silence de deux vieillards
qui regardent sur la plage
la lente asphyxie d’un noyé.

***

El deseo es un huésped

Se entra en el amor
con el bullicio de chiquillos
que juegan en una piscina.

Se sale del amor
con el silencio de dos viejos
que miran en la playa
la lenta asfixia de un ahogado.

(David Eloy Rodríguez)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Judite Rodrigues, Poésie par effraction
Traduction:
Editions: Université Bordeaux Montaigne

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Jours vides interminables (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2021



Illustration: Tamara Lunginovic
    
jours vides
interminables
écrasés d’ennui

rien ne se propose
de ce qui pourrait
m’apporter
ce dont l’attente
me consume

une région de ténèbres
où tout m’est retiré
de ce qui habituellement
me fait vivre

certes le temps va
mais si lentement
si lentement
et chaque seconde
ronge lancine accable

ce qui me fait
défaut
je l’ignore

je ne le connais
que par ce besoin
que j’en ai

un âpre désir
une torturante
nostalgie

alors
replié dans mes limbes
sourd et aveugle
à ce qui me hèle
voué souvent
à des heures
lasses et cendreuses
j’attends

j’attends
que sourde
la lumière

que meure
le temps

que jaillisse l’eau
dont j’ai soif

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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