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Poésie

Posts Tagged ‘désir’

Sans raison parfois (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



Sans raison parfois
un souvenir naissait d’un bercement
de bruits d’oiseaux dans un buisson d’années
de la rumeur d’une forêt profonde
encore aimée des dieux
dans une nuit d’été d’étoiles familières
du silence de la mer
de la pâleur des dunes
du défi d’un orage
d’un désir mêlé au vent

(Georges Bonnet)

 

 

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Ils écrivaient ce qui leur venait (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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Ils écrivaient
ce qui leur venait sous la plume

les lointains ne vivent que par signes
les pierres distillent le temps

Le désir a des vertiges d’étoiles
la mémoire ses troupeaux perdus

(Georges Bonnet)

 

 

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On ne savait pas d’où venait le silence (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



 

On ne savait pas d’où venait le silence
l’odeur des pins pillés
Le vent allait jusqu’à eux s’attardait
là où le rêve commence
sur le sable chaud d’un désir ancien

(Georges Bonnet)

Illustration: John William Godward

 

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Le désir fait brûler mon sang (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017




Le désir fait brûler mon sang,
d’amour tu m’as l’âme blessée.
Donne tes lèvres : tes baisers
me valent la myrrhe et le vin.
Penche sur moi ta tête tendrement
que je goûte un sommeil sans trouble
jusqu’au souffle joyeux du jour
qui chassera l’ombre nocturne.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

 

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Le corps d’Eurydice (2/4) (Claude Adelen)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Certains soirs elle ne savait pas
Ce qui, d’elle, était devenu insaisissable:
Une poignée de plumes rousses
Sur le ciel lisse, où volaient les fleurs du cerisier.
Où l’atteignait, porté par quelque souffle,
Un parfum indéfinissable. Etait-ce
Le laurier rose, dont la feuille est empoisonnée?
Sinon quel souvenir, ou quel désir
Aurait meublé les couches de lumière déclinante,
Et l’espace qui était en elle ce miroir
Obscurci, ce point de fuite, une heure
Avec de légers nuages sur le ciel pâle?
Un moment du monde aurait passé:

« Reprendre le chemin qui ramène
Vers ce lieu de moi-même où tout s’apaise
Et s’équilibre, est-ce tellement difficile
Mère mauvaise? Et me fondre dans ce qui m’appelait:
La nuit accueillante où le corps ne vieillit pas. »

Une vivante. Elle a fait son deuil d’elle-même.
Elle a erré parmi les petits noms de l’amour,
Les objets familiers: beaucoup de fleurs,
D’étoffes, de bijoux, pour embellir une vivante.
Pour retenir sur elle la lumière. Et la passion?
Et le manque, et le besoin, et le plaisir?
Enfin pour finir cette chambre
Sans lit et sans miroirs, où elle se dévisageait
Un moment dans une fenêtre blanche,
Avant de se détourner tout à fait du dehors,
Respirant profondément l’odeur douceâtre
Des bouquets fanés sur la table:

« Nue dans la mémoire, comme dans l’amour,
C’est là que j’ai appris à être impitoyable
Avec ma vie, à n’être plus que du temps
Sans désir comme le soleil sur les pierres nues,
Les pages, désertées d’êtres écrites. »

Ce qui, d’elle, était devenue méconnaissable,
Une partie d’elle-même donc, sa main seulement
Ou sa personne tout entière, les concours
De ce qu’on nomme l’âme? Et beaucoup plus tard
Ce furent d’autres fleurs, celles des paulownias
Qui forment une sorte de ciel mauve
Quand le vrai ciel s’emplit de noir.
Ce qu’il faudrait, de toute urgence, ressaisir,
Elle ne savait toujours pas. – Et pourquoi
Saisir plutôt que se laisser saisir?
Elle regardait alors ces grappes de fleurs,
Respirait cette brume mauve. Elle était capable
D’en jouir. Puis le bleu plus profond
Se mettait tout autour, c’était
Un chef-d’oeuvre de tendresse,
De distraction, ou de destruction:

« Mère mauvaise, non, je n’ai pas changé ma vie.
Mais je suis revenue, parmi les miens, quel que fût
Cet inconnu qui me forçait à aimer l’amour.
Dérobée à lui-même, mes gestes mutilés,
Ceux d’une autre? Sa tête perdue. »

(Claude Adelen)

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En chacun (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



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En chacun
la mercerie des regrets
les désirs dans leur forge

Sur les vitres basses
les manies d’un feuillage

La lessive au jardin
porte le vent

(Georges Bonnet)

 Illustration: Gustave Caillebotte

 

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Encore une fois le jour (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Encore une fois le jour
ses désirs de fontaines

La folie des bourgeons
Liesses et chevauchements

Les renoncements de la pierre

(Georges Bonnet)

 

 

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Enivré d’être nu (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



Enivré d’être nu
le désir comme un cri

La main fébrile
transmet sa soif

L’instant meurt
jambes ouvertes

(Georges Bonnet)

 Illustration: Victor Karlovich Shtemberg

 

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Les rivages jusqu’au soir (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



Les rivages jusqu’au soir
Leurs désirs de voyages

De blancs voiliers
sacrent le port

Les mouettes crient
la solitude de la terre

(Georges Bonnet)

 

 

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Si le garçon languit en son désir (Alfred Edward Housman)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



 

Charles Edward Perugini  d8086_b [1280x768]

Si le garçon languit en son désir,
Muet, privé d’élan et pâle,
Comme gisant aux portes de la mort,
C’est vous, jeune fille, qui pouvez le guérir.

Les maux des amoureux sont tous à acheter :
L’air exténué, la voix assourdie,
La tête basse, les yeux caves,
Vous pouvez tout acquérir.

Achetez-les, achetez-les : matin et soir
Les maux des amoureux sont tous à vendre.
Alors c’est vous qui serez sans force ni courage ;
Mais lui, l’amoureux, ira mieux.

***

When the lad for longing sighs,
Mute and dull of cheer and pale,
If at death’s own door he lies,
Maiden, you can heal his ail.

Lovers’ ills are all to buy:
The wan look, the hollow tone,
The hung head, the sunken eye,
You can have them for your own.

Buy them, buy them: eve and morn
Lovers’ ills are all to sell.
Then you can lie down folorn;
But the lover will be well.

(Alfred Edward Housman)

Illustration: Charles Edward Perugini

 

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