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Poésie

Posts Tagged ‘désiré’

À force de mystère (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Illustration: Wladyslaw Slewinski
    
À force de mystère
sous l’étoffe opaque et rigide
ton corps n’est plus
qu’indifférence à l’autre
mort des pudeurs de l’innocence
impudence hermétique
énigme qui se voue elle-même
à n’être plus qu’absence d’énigme

Ne sois pas inimaginable
et cachée. N’imite pas Dieu
couvre-toi de transparence
pour être désirée

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE TREFLE A QUATRE FEUILLES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LE TREFLE A QUATRE FEUILLES

Il faut abattre la moisson
Et la serrer en gerbes grosses;
Tous les gens solides se sont
Loués chez les fermiers de Beauce.
Au départ des gâs s’en allant
Prendre leur place aux tâches blondes
Les garçailles, à leurs galants,
Ont dit à la ronde

Refrain
Faucheur, mon beau faucheur,
Si vous trouvez un trèfle à quatre feuilles
Gardez-le pour que je le cueille.
Faucheur, mon beau faucheur,
Ça porte bonheur !

Mais au travers des chaumes roux
Le trèfle à bonheur est bien rare
Depuis qu’il pend à tous les cous
Des belles dames qui s’en parent ;
Et tous les gâs, des champs aux prés,
N’ont pu trouver, sous leurs faucilles,
Qu’un brin du trèfle désiré
Par toutes les filles.

Un seul brin ! Et tous les galants
L’ont voulu pour sa bonne amie;
Le fer des faux soudain sanglant
S’est dressé dans les mains roidies.
Et dans la Beauce aux longs champs plats
Quand la moisson s’écarte et bouge
Le brin de trèfle est encore là
Tout rouge, tout rouge !

(Gaston Couté)

 

 

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Combien désiré combien doux ce murmure (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Combien désiré combien doux
ce murmure trop ténu
auquel je donne voix
en me creusant
dans mon silence

puis lourds
encore aveugles
encore mêlés
à tous cet humus
où ils prenaient vie
les mots qui montent affluent
s’inscrivent sur la page

ces mots que j’enfante
et qui me donnent le jour

(Charles Juliet)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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RETOUR (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



RETOUR

La chambre où me voilà de retour d’un voyage,
Close longtemps, sombre longtemps, n’a pas changé.
La poussière s’y réveille dans un nuage ;
La poussière est le deuil que prennent les objets.

Je le sais, tout cela va revivre avec moi.
Ma lampe aura le soir sa même lueur blanche
Et les livres aimés pencheront sur leurs planches.
J’allumerai du feu lorsque viendra le froid.

Mais que m’importe la tristesse des retours !
Et l’éternelle ressemblance de mes jours !
Ce que je cherche et que j’attends n’est pas en eux
Ni dans tout ce qu’on voit et puis que l’on oublie.
Le bonheur désiré sera si lumineux
Que le reste paraîtra l’ombre de ma vie.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: Edvard Munch

 

 

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La peau fleurit (Philippe Sollers)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



La peau fleurit

La beauté d’une femme désirée augmente,
celle d’une femme non seulement désirée mais aimée
rejaillit partout comme une apparition d’au-delà.

Les petits signes de tendresse accompagnent le phénomène,
une lumière nouvelle passe dans les yeux, les lèvres, les doigts.

Ada pose des baisers légers sur mon front, mes mains, mes oreilles.
Elle s’attarde sur mes pieds, mes épaules, mon cou.
Je viens de mourir, elle m’aime encore.

Malheureux celui qui ne s’est pas fait aimer comme un mort.
Il y a un mot pour cela : délicatesse.

C’est profond, intime,
et à fleur de peau.
La peau fleurit,

(Philippe Sollers)

Découvert ici: http://cetairderien.com/

Illustration: Luis Falero 

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Mon Allégresse, mon Désiré (Râbi’a)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



 

Heba Amin rabia_al-_adawiyya

Mon Allégresse, mon Désiré, mon Appui,
Mon Compagnon, ma Provende, mon Pôle !

Tu es de mon coeur le Souffle, Tu es ma Toute-Espérance
Ô mon Intime, le désir que j’ai de Toi est mon viatique

Sans Toi, qui es ma mienne Vie, sans Toi, qui es ma Garantie,
Je ne me serais hasardée dans l’immensité des terres

Tant de grâce à moi proposée ! Que d’offrandes,
Que d’avantages et de présents Tu m’as donnés !

Ton Amour — désormais mon destin, ma fortune —
Pour l’oeil de mon coeur altéré s’est révélé splendeur

Je n’ai d’autre que Toi, qui du désert fais fleur
Ô Fête en moi, fermement établie !

Tant que vivante je serai, de Toi je ne m’éloignerai
Tu es de ma nuit le seul Maître au sein de mon intimité

Et s’il advient qu’en moi Tu Te complaises
Alors, ô Désir de mon coeur, j’exploserai de joie !

(Râbi’a)

Illustration: Heba Amin

 

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LE BRUIT DES ARBRES (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



LE BRUIT DES ARBRES

La mer nous bercera lorsque nous dormirons
Au son confus et doux des vagues sur les plages,
Et le vent imprégné de sel et de feuillages,
Le vent, en s’apaisant, caressera nos fronts.

Le bruit des arbres se confond avec la mer
Dans un même éternel et reposant murmure,
D’un même mouvement s’inclinent les ramures
Et les voiles glissant vers l’horizon désert.

Le soir descend, alors que monte la marée.
L’odeur des bois se mêle à l’odeur des varechs,
Et sur les rochers nus et sur le sable sec
Passe le souffle froid de la nuit désirée.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Aimez (Le Tasse)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Un oiseau […]

« Aimez, chanta-t-il, que pointe la rose
hors du bouton modeste et virginelle.
Moitié ouverte encore, et moitié close,
moins elle se montre, et plus elle est belle.
Puis son sein nu, déjà, l’audacieuse
déploie. Elle se fane, non plus celle
non plus celle, non, tantôt désirée
par mille amants et par mille donzelles.

Passent ainsi, lorsque trépasse un jour,
le vert, la fleur de la mortelle vie.
Elle, pour qu’avril sur ses pas retourne,
ne se renfleurit, ne se reverdit.
Cueillons la rose au matin adorable
d’aujourd’hui qui bientôt perd sa douceur.
Cueillons d’amour la rose. Aimons alors
qu’il se peut qu’on aime alors qu’on vous aime. »

Il se tut. Le choeur des oiseaux, d’accord,
comme approuvant, reprend la mélodie.
Redoublent les colombes leurs baisers.
Tout animal se conseille l’amour.
Le chêne dur et le chaste laurier
et toute la feuillue, ample famille,
l’air et la terre, il semble qu’ils inspirent
d’amour très doux les sens et les soupirs.

***

Deb mira, egli cantó, spuntar la rosa
Del verde suo modesta e verginella,
Che mezzo aperta ancora, e mezzo ascosa,
Quanto si mostra men, tanto è più bella.
Ecco poi nudo il sen già baldanzosa
Dispiega : ecco poi langue, e non par quella,
Quella non par, che desiata avanti
Fu da mille donzelle e mille amanti.

Così trapassa al trapassar d’un giorno
Della vita mortale il fiore e ‘l verde;
Nè, perchè faccia indietro april ritorno,
Si rinfiora ella mai, nè si rinverde.
Cogliam la rosa in sul mattino adorno
Di questo dì, che tosto il seren perde;
Cogliam d’amor la rosa; amiamo or quando
Esser si puote riamato amando.

Tacque; e concorde degli augelli il coro,
Quasi approvando, il canto indi ripiglia.
Raddoppian le colombe i baci loro;
Ogni animal d’amar si riconsiglia :
Par che la dura quercia, e ‘l casto alloro,
E tutta la frondosa ampia famiglia,
Par che la terra e l’aria e formi e spiri
Dolcissimi d’amor sensi e sospiri.

(Le Tasse)

 

Recueil: Les Flèches d’Armide
Traduction: Jacques Audiberti
Editions: Imprimerie Nationale

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BAISER DE COMPLIMENT (Guillaume Colletet)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: Frank Bernard Dicksee   
    
BAISER DE COMPLIMENT

Source de mes plaisirs, belle et divine bouche,
Qui tirez d’une rose un air délicieux,
Dont vous charmez nos sens et parfumez ces lieux,
Et dont vous pourriez même animer une souche.

Lorsque vous permettez que ma lèvre vous touche,
Je suis dessus la terre ainsi que dans les cieux;
Je savoure un nectar si désiré des Dieux,
Qu’ils dédaignent au prix les plaisirs de leur couche.

Ce qui peut amoindrir pourtant cette faveur,
Ce baiser animé d’une aimable saveur
Qui me flatte les sens d’une si douce atteinte,

Belle bouche, où la grâce établit son séjour.
C’est que vous me donnez par respect et par feinte,
Ce que vous pourriez bien me donner par amour.

(Guillaume Colletet)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Pareille au noisetier (Hadewijch)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2017



Amour d’abord se plaît à nous combler :
lorsqu’au premier jour il m’entretint de lui-même,
Ah ! toute à lui, que j’ai ri de tout le reste !
mais il me fit alors pareille au noisetier,
qui tôt fleurit dans les mois sombres
et longtemps laisse attendre ses fruits désirés.

(Hadewijch)

Illustration

 

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