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Poésie

Posts Tagged ‘désirée’

Devine qui te tient ? (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Lors je songeai comme Théocrite chantait
Les douces années, chères et désirées,
Qui chacune semble d’une main gracieuse,
Porter un don aux mortels, jeunes ou vieux.
Et, comme je rêvais dans sa langue antique,
Je vis, peu à peu à travers mes larmes,
Les douces, tristes, mélancoliques années
De ma vie, qui tour à tour ont jeté
Une ombre sur moi. Soudain, je sentis
En pleurant, qu’une forme mystique bougeait
Derrière moi, et me tirait par les cheveux,
Et d’une voix impérieuse dit, comme je luttais…
« Devine qui te tient ? » – « La Mort », dis-je. Mais
La réponse d’argent tinta : « Non, l’Amour. »

(Elizabeth Browning)

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Brusquement l’après-midi s’est éclaircie (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018



 


Brusquement l’après-midi s’est éclaircie
parce que tombe déjà la pluie minutieuse.
Elle tombe et elle est tombée. La pluie est une chose
qui sans doute succède au passé.

Qui l’entend tomber a recouvré
le temps où la chance heureuse
lui a révélé une fleur appelée rose
et la curieuse couleur du colorado.

Cette pluie qui aveugle les vitres
réjouira dans des faubourgs perdus
les noirs raisins d’une vigne dans un certain
patio qui n’existe déjà plus. L’après-midi
mouillée m’apporte la voix, la voix désirée,
de mon père qui revient et qui n’est pas mort.

(Jorge Luis Borges)

Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Je vis, je meurs (Louise Labé)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Je vis, je meurs: je me brûle et me noie,
J’ai chaud extrême en endurant froidure;
La vie m’est et trop molle et trop dure,
J’ai grands ennuis entremélés de joie.

Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure,
Mon bien s’en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

(Louise Labé)


Illustration

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La désirée (Tilemachos Chytiris)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



La désirée

La plus belle vague
Qui va se noyer?
Le soleil se fend en deux
Eclairant les Enfers
Âme humide
L’alpha du corps
Sans présence et sans corps

(Tilemachos Chytiris)


Illustration: Clark Little

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CHANSON (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2016




CHANSON

FILLES de Pontivy,
Filles de Pontivy,
Avec vos capuchons
De velours noir frappé,
Avec vos bavolets
De satin rouge et noir,
Avec vos robes noires
Sur vos tailles carrées,
Je vous ai vu passer.

Filles de Pontivy,
Filles de Pontivy,
Avec vos tabliers
De lainage turquoise,
Avec vos gorges plates,
Vos ventres en avant,
Avec vos poignets nus.
Et vos regards perdus,
Je vous ai saluées.

Mais vous, filles de Nantes.
Mais vous, filles de Nantes.
Avec vos ventres plats
Et vos hanches ballantes,
Et vos seins en avant,
Et vos yeux qui regardent,
Avec vos pieds sonnants,
Vos têtes haut coiffées,
Je vous ai désirées.

(André Spire)

Illustration

 

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Marche doucement sur ma tombe (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2016



Marche doucement sur ma tombe
car je t’ai désirée

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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Une impression stationnaire (Philip Larkin)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2016



>Patrick Caulfield _juan_gris_0
Une impression stationnaire… comme, je suppose
J’aurai, jusqu’à ce que mon corps solitaire devienne
Imprécis, fatigué ;
Alors je commencerai à sentir la poussée rétrograde
Prendre le dessus, écoeurante et impérieuse -;
Certains disent, désirée.
Et ce serait ça la force de l’âge ?… je cligne des yeux,
Comme par douleur ; car c’est douleur de penser
Que cette pantomime
Alternée d’acte et de contre-acte,
Défaite et contrefaçon, compose, de fait,
Le meilleur de mes jours.

***

A stationary sense…as, I suppose
I shall have, till my single body grows
Inaccurate, tired;
Then I shall start to feel the backward pull
Take over, sickening and masterful -; Some say, desired.
And this must be the prime of life… I blink,
As if at pain; for it is pain to think
This pantomime
Of compensating act and counter-act
Defeat and counterfeit, makes up, in fact,
My ablest time.

(Philip Larkin)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Patrick Caulfield

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Quel mortel (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2015




Quel mortel au front faste
connaîtra du pur Rayon
les caresses tant désirées,
le baiser tant attendu,
l’étreinte des bras invisibles?

(Jacques Rabemananjara)

Illustration

 

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Choses infinies désirées, nobles visions nées (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2015




Choses infinies désirées, nobles visions nées
D’une pensée désireuse, par naturelle vertu,
Sage harmonie, sur tes mers de délice,
L’esprit mystérieux de l’humanité
Devient pilote hardi … et si la moindre fausse note
Crève le tympan,
Instantanément
Ce paradis est projeté dans le néant.

(Ezra Pound)

Illustration: Henri Matisse

 

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LE PLONGEON (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2015




LE PLONGEON

J’aimerais plonger dans l’Inconnu!
Tous ces conforts m’écrasent, m’étouffent!
Je brûle, je bous de trouver du Nouveau!
Nouveaux amis, visages nouveaux,
Lieux nouveaux!
Oh être loin
Ici j’ai tout ce que je veux
— sauf du Nouveau.
Et toi,
Mon amour, très désirée, toujours plus désirée!
Tous les murs, les rues, les pierres me dégoûtent,
La boue, la brume, le brouillard,
Toute cette circulation!
J’aurais voulu me baigner de ta présence
Mais loin d’ici!
Dans l’herbe et les champs et les collines,
Au soleil,
Oh, surtout au soleil,
Loin d’ici, parmi
des étrangers!

(Ezra Pound)

Illustration: Josephine Wall

 

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