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Poésie

Posts Tagged ‘désolant’

NÉVROSE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



NÉVROSE

La neige tombe, s’écroule dehors,
Au piano j’écoute ma très chère,
Ét tout le bourg repose, sombre, mort,
Comme s’il neigeait en un cimetière.

L’aimée égrène une marche funèbre…
Surpris, perplexe, je la considère :
Pourquoi jouer une marche funèbre ?…
Et il neige comme en un cimetière.

Sur les touches, tout le visage en pleurs,
Elle gémit comme en une prière…
Sur un faux accord le piano meurt
Et il neige comme en un cimetière.

Et je pleure à mon tour et tout tremblant
J’effleure ses nattes longues, légères…
Dehors le bourg repose, désolant,
Et il neige comme en un cimetière.

(George Bacovia)

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

 

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IDÉAL LA CHANSON (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019




    
IDÉAL LA CHANSON

Toute l’âme dépensée
entre les amis d’un jour,
les désolantes pensées
et les avides amours,

je n’ai plus que cette rose
éclose par habitude,
arme frêle que j’oppose
à la noire inquiétude.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Signe de vie
Traduction:
Editions: Gallimard

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Après la mélancolie (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Illustration: Edward Hopper
    
Après la mélancolie sublime du désir,
quelle amère et désolante mélancolie que celle de la satiété !
Quel profond vide inattendu, après tout amour satisfait !
Et quel mépris pour ces lèvres de femme,
qui n’ont cependant commis que la faute adorable
d’avoir, les stupides, contenté nos désirs !

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Toute l’âme dépensée (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2017



rose-nuit

Toute l’âme dépensée
entre les amis d’un jour,
les désolantes pensées
et les avides amours

je n’ai plus que cette rose
éclose par habitude,
arme frêle que j’oppose
à la noire inquiétude.

(Henri Thomas)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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Les animaux (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2016



Les animaux

Ils ne vivent pas dans le monde,
Ils n’ont sens ni du temps ni de l’espace.
De la naissance à la mort, bringuebalés
Il n’ont aucune parole, aucune
Où poser le pied
Et ils ne furent d’aucun lieu.

Car c’est par les noms que le monde
S’éleva de l’air vide,
Il fut construit, clos de murs, par les noms
Ligne, cercle, carré
Poussière et émeraude ;
Arraché à la mort désolante
Par le souffle articulé.

Mais ceux-là n’ont jamais foulé
Deux fois un chemin familier,
Jamais, jamais fait retour
Dans le jour ressouvenu.
Tout est nouveau et proche
Dans l’immuable Ici
Du cinquième jour de la Création
Qui restera identique
Qui jamais ne disparaîtra

Le sixième jour, nous arrivâmes.

***

The Animals

They do not live in the world,
Are not in time and space.
From birth to death hurled
No word do they have, not one
To plant a foot upon,
Were never in any place.

For with names the world was called
Out of the empty air,
With names was built and walled,
Line and circle and square,
Dust and emerald;
Snatched from deceiving death
By the articulate breath.

But these have never trod
Twice the familiar track,
Never never turned back
Into the memoried day.
All is new and near
In the unchanging Here
Of the fifth great day of God,
That shall remain the same,
Never shall pass away.

(Edwin Muir)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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