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Poésie

Posts Tagged ‘désolé’

Je suis debout sur la falaise nue (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018


Je suis debout sur la falaise nue,
Enveloppé d’un manteau de nuit.
Depuis ces hauteurs désolées mon regard
Descend jusqu’à un pays couvert de fleurs.
Je vois s’envoler un aigle
Qui avec le courage de la jeunesse
S’élance à la poursuite des rayons dorés,
Et montant s’enfonce dans le brasier éternel.

(Friedrich Nietsche)

Illustration: Caspar David Friedrich

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CONCERTO POUR UN ETE (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
CONCERTO POUR UN ETE

Si poignant au coeur,
Concerto pour un été.
Lamento, c’est en pleurs
Que je t’écoute me briser.

Si ardent en cris,
Concerto pour un été.
Trompette et frénésie
Ma vie vibre, désolée.

Si sublime en vagues,
Concerto pour un été.
L’éclat d’une bague
L’écho de la marée.

Si poignant au coeur,
Concerto pour un été.
C’est pour moi un bonheur
De sans cesse t’écouter.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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La faim qui me tenaille (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018




    
la faim qui me tenaille
il est rare qu’elle me hisse
jusqu’à l’inoubliable festin

le plus souvent elle me voue
aux heures grises de l’attente
aux terres désolées de l’ennui

le plus souvent je l’invective
lui reproche de me harceler
la supplie de lâcher prise

aussitôt
elle m’impose
silence

me rappelle ces instants
où il m’advient
de jubiler

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Celle qui (Iso no Kami Otomaro)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

ame

 

Celle qui de la montagne en automne
Avait les belles couleurs
L’enfant dont comme un jeune bambou
La taille était flexible,
De quelle façon
Peut-elle penser ?
Longue comme un câble de fibre
Promettait d’être sa vie.
Elle fut la rosée
Qui, déposée le matin,
Au soir
A disparu.
Elle fut le brouillard
Qui, s’élevant le soir,
Au matin
S’est dissipé.
Même moi, qui appris cette nouvelle
Brusque comme le son d’un arc de catalpa,
De l’avoir si peu vue
J’ai des regrets…
Alors, son époux,
jeune comme une herbe nouvelle,
Qui dormait allongé à son côté
Comme un sabre plaqué au corps
Et l’entourait de son bras
Pour lui faire un oreiller
Ne se sent-il pas désolé
De dormir en rêvant à elle ?
Ne la regrette-t-il pas,
pensant à elle avec nostalgie ?
La fille a passé
Avant son temps
Comme la rosée du matin
Comme le brouillard du soir.

(Iso no Kami Otomaro)

Illustration

 

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Cher coeur, pourquoi me traites-tu ainsi ? (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




Illustration: Edvard Munch
    
Cher coeur, pourquoi me traites-tu ainsi ?
Chers yeux qui doucement me jugent
Toujours vous êtes beaux — mais ô,
Quel habit revêt votre beauté !

Par le clair miroir de tes yeux,
Par le doux soupir des baisers,
Les vents désolés assaillent de leurs cris
Le jardin ombragé où l’amour se trouve.

Et bientôt l’amour sera dissous,
Quand souffleront sur nous les vents sauvages —
Mais toi, cher amour, trop cher à mon coeur,
Hélas ! Pourquoi me traites-tu ainsi ?

***

Dear heart, why will-you use me so?
Dear eyes that gently me upbraid,
Still areyou beautiful— but O,
How is-your beauty raimented!

Through the clear mirror of your eyes,
Through the soft c y of kiss to kiss,
Desolate winds assail with cries
The shadowy-garden where love is.

And soon shall love dissolved be
When over us the wild winds blow —
Bu-tyou, dear love, too dear to me,
Alas! why will-you use me so?

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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LA CHAIR (Shirô Murano)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



 

Achille Funi sarfatti2

LA CHAIR
NIKUTAI

Servante que tu es, servante obèse de l’âme
Toi
Qui es dotée d’une molle entrée
Vase à fleurs qui coule sans arrêt
— Cela c’est la salive de Dieu en quantité

Toi
Que dorment les époux du bétail domestique
Tu es le dortoir licencieux

Toi quelquefois
Tu es la chapelle sans pasteur

Ou alors quelquefois
Tu es comme la maison désolée
Quand s’y trouve une infirmière

Ou bien
La caisse d’un instrument
Dont la corde a été tendue
Et puis sur l’espace plein de meurtrissures

C’est un paysage
Qui va s’étendre au loin

(Shirô Murano)

Illustration: Achille Funi

 

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ON VEUT, O MA DOULEUR… (José Marti)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



 

Emma Blackwood 12

On veut, ô ma douleur, qu’à ta beauté
J’enlève sa parure naturelle,
Que j’émonde l’arbre, que j’effeuille la fleur,
Que je mette broche et ceinture au manteau viril.

On veut enchaîner mon vers impétueux
Dans un cachot cruel, étroit et sonore,
Comme l’épi vanné dans la haute grange
Ou le raisin mûr dans le pressoir rustique.

C’est impossible : la comédienne servile
Calcule sa démarche et son sanglot lorsque,
Couverte de fards, elle feint de supplier :

La grande douleur, l’âme désolée,
Ne peut ni cacher sa pâleur avec du carmin,
Ni tresser ses cheveux quand elle pleure.

(José Marti)

Illustration: Emma Blackwood

 

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J’aurai de ton rien la pensée foisonnante (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



 

Jean-Pierre Augier_Couple (hache)

Tu t’en vas et alors que tu t’en vas
tu me dis: « Suis désolée. »
Tu penses ainsi me donner un peu de paix.
Tu me promets un souci constant, brûlant
quand tu seras seule et même parmi les gens.
Tu me dis: « Mon amour tu me manqueras.
Et toi tous ces jours qu’est-ce que tu feras? »
Moi je te réponds: « Je t’aurai toujours présente,
j’aurai de ton rien la pensée foisonnante. »

(Patrizia Cavalli)

Illustration: Jean-Pierre Augier

 

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La Solitude (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
La Solitude

Je l’ai trouvée devant ma porte,
Un soir, que je rentrais chez moi.
Partout, elle me fait escorte.
Elle est revenue, elle est là,
La renifleuse des amours mortes.
Elle m’a suivie, pas à pas.
La garce, que le Diable l’emporte !
Elle est revenue, elle est là

Avec sa gueule de carême
Avec ses larges yeux cernés,
Elle nous fait le cœur à la traîne,
Elle nous fait le cœur à pleurer,
Elle nous fait des mains blêmes
Et de longues nuits désolées.
La garce ! Elle nous ferait même
L’hiver au plein cœur de l’été.

Dans ta triste robe de moire
Avec tes cheveux mal peignés,
T’as la mine du désespoir,
Tu n’es pas belle à regarder.
Allez, va t-en porter ailleurs
Ta triste gueule de l’ennui.
Je n’ai pas le goût du malheur.
Va t-en voir ailleurs si j’y suis !

Je veux encore rouler des hanches,
Je veux me saouler de printemps,
Je veux m’en payer, des nuits blanches,
A cœur qui bat, à cœur battant.
Avant que sonne l’heure blême
Et jusqu’à mon souffle dernier,
Je veux encore dire « je t’aime »
Et vouloir mourir d’aimer.

Elle a dit : « Ouvre-moi ta porte.
Je t’avais suivie pas à pas.
Je sais que tes amours sont mortes.
Je suis revenue, me voilà.
Ils t’ont récité leurs poèmes,
Tes beaux messieurs, tes beaux enfants,
Tes faux Rimbaud, tes faux Verlaine.
Eh ! bien, c’est fini, maintenant. »

Depuis, elle me fait des nuits blanches.
Elle s’est pendue à mon cou,
Elle s’est enroulée à mes genoux.
Partout, elle me fait escorte
Et elle me suit, pas à pas.
Elle m’attend devant ma porte.
Elle est revenue, elle est là,
La solitude, la solitude…

(Barbara)

 

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Douleur (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Douleur

Ce soir je me sens malheureux
C’est qu’il a menti le beau songe
Je m’exaltais en plein mensonge
Ah ! comme j’en sors douloureux

Je croyais, et c’était ma gloire
J’espérais, c’était mon bonheur
Et maintenant, j’ai dans le coeur
Le mal affreux de ne plus croire

Je pleure, et ma main tremble un peu
Demain, je serai triste encore
Je verrai sans plaisir l’aurore
Et sans plaisir l’infini bleu

Quand on souffre par une femme
Sans espoir d’être consolé
On ne voit, d’un oeil désolé
Que le ciel sombre de son âme

(Albert Lozeau)


Illustration

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