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Poésie

Posts Tagged ‘désormais’

J’avais pensé partir… (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2019



Illustration
    
J’avais pensé partir…

J’avais pensé partir
avant la fin du jour

Éviter les remous
pour m’en aller léger
et n’encombrer personne

Mais je dois me résoudre
à rattacher la barque
aux lourds anneaux du port
car ce soir il est tard

Trop pour prendre la mer.

*

Je n’ai pas la douleur
Je n’ai pas le besoin
et je n’ai pas l’exil

J’ai juste perdu
Celle que j’aimais.

**

Je t’avais promis une caresse chaque soir
désormais ce sera un poème.

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Pesanteur et tendresse (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019



 

Illustration
    
Pesanteur et tendresse, vos signes sont les mêmes, ô sœurs.
La rose pesante est sucée par guêpes et abeilles.
L’homme agonise. Du sable reflue la chaleur,
Et sur de noirs brancards on emporte l’ancien soleil.

Ah, lourds rayons de miel et tendres rets!
Plus légère est la pierre que ton nom sur mes lèvres.
Il me reste au monde qu’un souci désormais,
Un souci d’or : épuiser le fardeau du temps, sa fièvre.

L’air est trouble, je le bois comme une eau qui s’obscurcit.
On laboure le temps, et même la rose fut terre.
Dans un lent tourbillon les lourdes, tendres roses ainsi,
Les roses pesanteur et tendresse doublement se tressèrent.

***

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Le Temps est une personne (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



Illustration: John Tenniel
    
Le Chapelier protesta qu’on ne pouvait pas parler du temps
comme d’une chose qu’on perd ou qu’on gagne.
« Le Temps est une personne », déclara-t-il.

Et il ajouta :
« Le Temps et moi, nous nous sommes disputés en mars dernier,
juste avant que celui-ci (de sa cuillère à thé, il désignait le Lièvre de Mars) ne devint fou. (…)
Et depuis lors, (…) le Temps ne veut plus rien faire de ce que je lui demande.

Il est toujours six heures, désormais. (…)
Il est toujours l’heure du thé ».

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Il pour elle (Albane Gellé)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



Illustration : Sandrine Genet
    
il
pour elle n’est plus un il. Il est
ce tu auquel elle je m’adresse
désormais.

(Albane Gellé)

 

Recueil: Je te nous aime
Traduction:
Editions: Cheyne

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CONJONCTURE (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018




    
CONJONCTURE

Ce que vous mangez ce n’est pas
ce que vous croyez ce n’est pas
de la viande qu’on vous donne à bouffer,
c’est de l’appât, c’est bon
(peut-être les pêcheurs ont-ils
oublié leur ligne, peut-être
ont-ils fait le voeu
de jeûner désormais?)

L’hameçon n’a pas un goût de gâteau
mais le goût du sang
il va vous arracher à votre bouillon tiède :
Comme l’air est froid au bord de la Bérézina!
Et vous allez dévaler
sur un sable étranger
sur des glaces étrangères :
Groenland Nevada,
vos membres vont agripper
la peau du désert de Nubie.

Soyez sans crainte ! Les pêcheurs distingués
ont bonne mémoire et vieille expérience.
Ils ont pour vous l’affection
du charcutier pour son cochon.
Les voici sagement assis au bord du Rhin,
du Potomac, de la Bérézina,
au bord de tous les fleuves du monde.
Ils vous font paître. Ils attendent.

Et vous, vous déchirant la gorge à belles dents,
dans votre crainte de crever de faim,
vous vous battez pour le mortel appât.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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Le préjudice (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



Illustration
    
Le préjudice

Il existe un désespoir auquel on atteint,
comme on peut, pour n’avoir pas connu
de femmes aux seins pommelés.

Mais cette heure était inaccessible
quand j’étais jeune
et désormais je suis vieux.

Oh est-ce cela le destin,
me dit-elle.

(Robert Creeley)

 

 

Recueil: Le sortilège
Traduction: Stéphane Bouquet
Editions: Nous

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Désormais (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
désormais,
le poème s’adresse d’abord à Dieu;
s’Il n’est,
pour qu’Il soit.

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Traité du vertige
Traduction:
Editions: La Différence

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La vie (Eric-Emmanuel Schmitt)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



effet-papillon

 

Jusqu’à ce soir, tu pensais que la vie était absurde.
Désormais, tu sauras qu’elle est mystérieuse.

(Eric-Emmanuel Schmitt)

 

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Ah! c’est cela qui fait si vaste la douleur!… (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2017



Ah! c’est cela qui fait si vaste la douleur!…
Ah! ne plus désormais savoir si les couleurs
de tes rubans de cou, ni le ton de ta jupe!

(Henry Bataille)


Illustration: Marie-Paule Deville Chabrole

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PLUS JAMAIS (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2016



 

PLUS JAMAIS

Je sais désormais que la vieillesse c’est déjà l’enfer
les remords les regrets les souvenirs
et les expériences l’expérience
ne plus être ce qu’on avait été
ne plus pouvoir aimer
et savoir que l’on pouvait aimer
Les témoignages du temps passé
Ne pouvoir oublier ce qu’on voulait oublier
et ces gloires que l’on sait posthumes
Ne pouvoir recommencer les commencements
Tendre les mains les bras les lèvres
et n’offrir que le néant
les mains vides les bras ouverts les lèvres ouvertes
et puis rien rien que rien
Pas la solitude mais l’absence

(Philippe Soupault)

Illustration: Edouard Vuillard

 

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