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Poésie

Posts Tagged ‘désséché’

La gerbe (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Jean François Millet
    
La gerbe

Je ressemble au bouleau humide sous la pluie,
Au frêne desséché que drape au bord de l’eau
Le salissant brouillard de ses voiles de suie;
Mon âme a la couleur verte d’un vieux tombeau.

Je suis le naufragé cramponné au radeau
Que la vague, linceul, de ses longs pans essuie;
Mon coeur que le labeur trop lourd de vivre ennuie,
Comme un galérien courbé sous un fardeau,

Succombe et se révolte en la fadeur des choses.
Et me voici, fantôme assis sur un tombeau,
Groupant entre mes doigts, dernier bouquet de roses,

La gerbe de mes désirs morts. – O noirs corbeaux,
Parmi le ciel flétri promenant vos ténèbres,
Autour de ma pensée, errez, troupes funèbres!

(Marie Dauguet)

 

 

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Arbrisseau (Coplas Poèmes Andalous)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2017




    
Arbrisseau, tu t’es desséché
ayant l’eau à tes pieds,
la vigueur dans le tronc
et le désir dans le bourgeon.

(Coplas Poèmes Andalous)

 

Recueil: Coplas Poèmes de l’amour andalou
Traduction: Guy Lévis Mano
Editions: Allia

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Un rameau desséché (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017


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Un rameau desséché
Qui craque
De soleil
Et dont le craquement
Epargnera peut-être
A la plaine le feu.

(Guillevic)

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L’été s’éternisait (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



L’été s’éternisait
dans la lumière inépuisable des clairières
aux mares noires desséchées
La vaine véhémence de ses buissons
Le feuillage doré de ses renoncements
faits de lenteur et de bercements

(Georges Bonnet)

 

 

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L’AIR DU SOIR (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



 

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L’AIR DU SOIR

Un être qui s’enroule
autour de sa fatigue…
Pourquoi serrer à poings fermés
les plantes du sommeil ?

Aucune sève ne court plus
dans ce bois desséché
par le vacarme de la rue
et les ampoules électriques.

Bientôt on coupera les arbres
sans que la hache ne se mouille.

Le bois sera les os d’un homme
après les fourmis et la mer,
après le soleil et le vent.

Le matin surprend le dormeur
et lui fait des semelles
comme s’il avait plu toute la nuit.

Nous allons marcher, si tu veux,
jusqu’à perdre la sensation
d’être suivis par une bête
qui nous mendie un peu de nous
à chaque fois que le bonheur
étouffe nos paroles.

(Axel Toursky)

Illustration: Jaya Suberg

 

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COMBE NOCTURNE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2016



COMBE NOCTURNE

La face
de cette nuit
est desséchée
comme un
parchemin

Ce nomade
crochu
soyeux de neige
se laisse aller
comme une feuille
roulée

L’interminable
temps
se sert de moi
comme d’un
bruissement

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration

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Projets (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2016



Projets

Tout contribue au philtre où baigne le poète.
Cette chambre elle-même a des vertus secrètes.
Ne me détrompez pas : tenu par son odeur
je trouve à votre sang une étrange vigueur.

Plions ce jaune corps à des songes pratiques !
Moi ne tolérant pas qu’une maigre logique
ravisse un si beau prêtre au culte de l’erreur,
je vous dis pastorale et pleine de fraîcheur.

A nous deux, cet hiver, indifférente épouse !
Sous la tonnelle morte aux couleurs de vos blouses
je saccage sans goût les appâts désolés
dont votre faux renom nourrit ma vanité.

Puisque l’on m’a lavé dans cette eau corrompue
je vais rester longtemps au tournant d’une rue
pour recevoir de vous avec placidité
le philtre desséché de ma sincérité.

(Odilon-Jean Périer)

Illustration: Edvard Munch

 

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Il y a dans tes yeux (Shan Sa)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2016



Il y a dans tes yeux
Une mer houleuse
Mon âme asséchée
Etanche sa soif

(Shan Sa)

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FIN DU RÊVE (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2016


 

FIN DU RÊVE

Au beau de notre amour elle s’est en allée
Comme une noce en blanc au lointain d’une allée,

Au beau de notre amour on a fermé le parc
Où nous marchions à deux sous les rameaux en arc.

L’absence tout à coup a desséché la vasque
Où montait notre espoir tel qu’un jet d’eau fantasque.

Elle s’en est allée au plus tendre moment
Comme un cortège part mélancoliquement.

Elle n’a pas marché, chaste et surnaturelle,
Sous les arcs triomphaux que je dressais pour elle,

Sous les arcs triomphaux de lierre et de jasmins
Que je dressais pour elle avec mes jeunes mains,

Que je dressais pour elle au seuil de ma jeunesse
Pour l’y voir s’avancer ainsi qu’une princesse,

Et pour l’y voir superbe, avec toute sa cour,
Recevoir les clés d’or de mon premier amour,

Et m’évoquer ainsi ces anciennes infantes
Qui, venaient, au milieu des palmes triomphantes,

Dans leurs villes de Flandre en agréer les clés
Que des pages rêveurs aux cheveux long-bouclés

Leur présentaient sur des coussins de velours rouge,
Cependant qu’au lointain, sous le soleil qui bouge,

Les chants du carillon, tombant du Beffroi fier,
S’effeuillaient dans le vent comme des fleurs de fer !

(Georges Rodenbach)

Illustration; Pierre-Auguste Renoir

 

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Ni l’espérance ni la fortune (Georges Schéhadé)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2016



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Ni l’espérance ni la fortune
Mais dans la petite fleur desséchée dans un livre
Dont il reste seulement la cendre d’amour

– Comment mourir
Quand on peut encore rêver

(Georges Schéhadé)

 

 

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