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Poésie

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CE QUE DIT L’OUVRIER (Zalman Shneour)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019




    
CE QUE DIT L’OUVRIER

De petits hommes capturent les baleines géantes
Pour transformer leurs fanons en corsets ;
Ils prennent à la queue du casoar deux ou trois plumes,
Au tigre, son pelage bigarré
Pour faire une carpette au pied d’un lit bourgeois.
Moi, la ville m’a capturé
Pour coudre sans fin des boutons.
Fil par-ci, aiguille par-là…
Tant de sensations et de chants nostalgiques
Tant de rêves et tant d’humaines passions
Et tout cela ne donne que boutons,
Fil par-ci, aiguille par-là,
Et reboutonne et déboutonne
La joie de créer, la pensée,
Ainsi jour et nuit jusqu’à l’heure
Où l’on entre dans la mort.
Il me semble déjà moi-même être un bouton.
Je me couds, je me couds à la vie
Sans pouvoir m’attacher,
Bouton dessus, forces perdues,
Je ne puis, bouton, me coudre moi-même.

(Zalman Shneour)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Montrant tantôt le dessus tantôt le dessous (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2019



montrant tantôt le dessus
tantôt le dessous
les feuilles d’automne tombent

***

ura o mise
omote o misete
chiru momiji

(Ryôkan)

Illustration

 

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QUELQUES MOTS SENS DESSUS DESSOUS (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019



Illustration: René Magritte
    
QUELQUES MOTS SENS DESSUS DESSOUS

Négation

Pleuvoir n’est pas mentir
Sauver n’est pas dissoudre
Gravir n’est pas renaître

L’ombre n’est pas le cheval
Le regard n’est pas le torrent
Le portail n’est pas la surprise
Le couperet n’est pas la chambre

Affirmation

L’ombre c’est pleuvoir
Mentir c’est le regard
La surprise c’est la chambre
Le portail c’est le couperet
Gravir c’est sauver c’est renaître

Je ferai pleuvoir l’ombre
et le regard mentir
quand nos pas dans la chambre
seront le couperet.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Etre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2019



    

Etre.
Et rien de plus.
Jusqu’à ce que se forme un puits en-dessous.

Ne pas être.
Et rien de plus.
Jusqu’à ce que se forme un puits au-dessus.

Ensuite,
entre ces deux puits,
le vent s’arrêtera un instant.

***

Estar

Y nada mas.
Hasta que se forme un pozo abajo.

No estar.
Y nada mas.
Hasta que se forme un pozo arriba.

Después,
entre ambos pozos,
se detendra un instante de viento.

(Roberto Juarroz)

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A la fin du jour j’ai trouvé (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




A la fin du jour j’ai trouvé

Le crépuscule enroulé autour d’une pierre.

J’ai pris la pierre froide dans ma main,
Dévidé les surfaces ombreuses de la vie,
Et dedans j’ai trouvé
Un os ténu d’oiseau.

J’ai réchauffé la relique dans ma main
Jusqu’à ce qu’un coeur vive
Et batte, et que passent les marées
Dessus, dessous, dedans.

Vint une barque voguant dans l’orage du sang
Et dans la barque un enfant,

Dans la barque un enfant
Voguant sur les vagues du chant,
Voguant sur les vagues de la souffrance.

***

At the day’s end I found

Nightfall wrapped about a stone.

I took the cold stone in my hand,
The shadowy surfaces of life unwound,
And within I found
A bird’s fine bone.

I warmed the relic in my hand
Until a living heart
Beat, and the tides flowed
Above, below, within.

There came a boat riding the storm
And in the boat a child,

In the boat a child
Riding the waves of song,
Riding the waves of pain.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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LES MAINS (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Nos deux mains
Se serraient bien
Dans ma poche de manteau

Nos deux paumes
S’aimaient bien
Le dessus de chaque main
Ressentait la laine

Que nos mains se connaissaient bien
Dans la nuit de ma poche
Bien ensemble à l’abri
Avec de petites farces

Les passants se doutaient bien
Que nos mains s’aimaient bien
Se cachaient se touchaient
Et eux rien

Ils voyaient à nos yeux à nos nez
Ce que faisaient nos mains
Et nos mains s’enroulaient
S’endormaient
Et nos corps marchaient

On se touchait
Tout à fait
Et c’était parfait
Nos mains nous suffisaient
On pouvait s’y retirer
S’y savoir s’abreuver
L’essentiel c’est se toucher

Quand nos corps se promenaient
Nos deux mains se tenaient
Nos deux corps séparés
Par nos mains se touchaient

(Pierre Morhange)

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Samedi matin (Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
Samedi matin,
le défunt locataire du dessus
passe toujours son aspirateur.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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VOLUPTUEUSE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018



VOLUPTUEUSE

Comment la peindre ? Absente, tu l’invoques
— Elle est tantôt dessus, tantôt dessous —
Et tu la vois venir avec ses roues
D’or éveilleuses d’orgues.

La mer, la mer : faut-il qu’elle te charme
Par cette nappe au loin, de vif argent —
Ou qu’elle soit la grande aile qui rame
À perte d’horizon ?

Voluptueuse au clair du soir, tu sais
Qu’elle est encor la brusque, la sauvage :
Irradiée au feu de tes pensées,
La mer, braise et langage !

(Jules Tordjman)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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La vie (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



 

la vie
qui nous passe
demain dessus demain dessous
sans savoir où nous allons

(Henri Meschonnic)

Illustration: Agim Sulaj

 

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Impossible (Henri Deluy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2018




    
Impossible de le
Dire.

Impossible de le
Penser.

Couvrir, pousser
Dessus.

Dans la densité,
La profondeur.

La consistance.
Ne forcer

Que dedans.

(Henri Deluy)

 

Recueil: Les arbres noirs
Traduction:
Editions: Flammarion

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