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Poésie

Posts Tagged ‘destination’

Et pourquoi (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2019




    
et pourquoi.
Tout est devenu plat, une ruelle sombre
ou plutôt un long couloir
qui ne mène nulle part
et ne relie rien à rien.
C’est exactement ça:
le monde est un long couloir sans destination,
recouvert d’un carrelage noir étincelant.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

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Une chose coulant d’une autre (Geoffrey Squires)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019




    
Une chose coulant d’une autre

vers où un endroit que l’on imagine
cela restera
finalement s’y arrêtera
une espèce de destination

au-delà de laquelle on ne va pas
ou ne peut aller ou n’a pas besoin d’aller

***

One thing flowing from another

to where in some place one imagines
it will stay
come to rest finally
some kind of destination

beyond which one does not go
or cannot go or has no need to go

(Geoffrey Squires)

 

Recueil: SANS TITRE
Traduction: François Heusbourg
Editions: Unes

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Il paraît que la statue (André Breton)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



Illustration: Salvador Dali
    
Il paraît que la statue près de laquelle le chiendent de mes terminaisons nerveuses
Arrive à destination est accordée chaque nuit
comme un piano

(André Breton)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

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Destination (Morten Nielsen)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018




    
Destination

C’est ce feu qui rit dans tes yeux et, tant qu’il brûle,
joue froidement, doucement dans mes mains,
rougeoie à travers nos réseaux de résistance,
vire en vagues d’un bleu glacial.

Nous dérivons l’un vers l’autre dans une vague.
Comme l’écume des vagues, nos mains se rencontrent.
Au début, nous ne voulions rien ; à présent,
nous savons tous deux comme cela finit.

Nous dérivons vers quelque chose qui va
nous arriver, nous coûter cher et nous coûter des rêves.
Nous attendons, l’avons su depuis notre rencontre.
Et les mots ne sont ni durs ni tendres.

Nous écoutons. Quelque chose brûle en secret au-dedans.
Comme l’écume des vagues, nos mains se rencontrent.
Nous dérivons vers quelque chose qui va nous arriver :
un feu aussi frais que la mer, tant qu’il brûle.

***

Bestemmelse

Det er den Ild som ler i dine Ojne
og leger koldt og mildt i mine Hænder,
der gloder vores Modstandsnet igennem
og blir til isblaa B&lger, mens den brænder.

Vi driver mod hinanden i en Bolge.
Som Bolgeskummet modes vore Hænder.
Vi vilde ingenting, da det begyndte.
Nu ved vi begge to, hvordan det ender.

Vi driver ud mod noget som vil ske os,
og det skal blive dyrt og koste Dromme.
Vi venter, og har vidst det fra vi moches.
Og Ord er hverken haarde eller omme.

Vi lytter. Og det brænder skjult derinde.
Som Bolgeskummet modes vore Hænder.
Vi driver ud mod noget som vil ske os:
En Ild saa sval som Havet, mens den brænder.

(Morten Nielsen)

 

Recueil: Guerriers sans armes Krigere uden vaaben
Traduction: Pierre Grouix
Editions: Grèges

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RAPPORT (BRÈVE NOUVELLE) (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Illustration: Raymond Peynet  
    
RAPPORT (BRÈVE NOUVELLE)

C’était notre premier rendez-vous.
J’ai longuement caressé Fabienne, tendrement, pendant dix secondes, puis j’ai déposé une goutelette spermatique sur le sol.
Je l’ai aspirée dans mon bras copulateur, et la semence s’est mise à circuler lentement dans ma gouttière fécondatrice.
Alors, j’ai introduit mon bras copulateur jusqu’au plus profond de la bourse copulatrice de Fabienne, qui gémissait, et j’ai commencé mon lent mouvement de va-et-vient.
Fabienne a voulu se dégager, mais je l’ai menacé de mon funicule raidi, et j’ai continué à la besogner.
Au bout de deux heures, lorsque les spermatozoïdes sont arrivés à destination, je me suis retiré.
Après cette expérience, Fabienne et moi, d’un commun accord, avons décidé de ne plus nous revoir.

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Zindien
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Tu n’arrêtes pas de t’en aller (Kettly Mars)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



 Siegfried Zademack -  - (32)

Tu n’arrêtes pas de t’en aller,
le crépuscule endormi dans le sillon de ta nuque.
Ton corps habite une destination incessante.
Tu te surprends toi-même à chercher un seuil
sur la face des pierres que tes pas soulèvent.
Ta soif est ensorcelée par le gémissement des sources.
Tu n’en finis pas de partir,
d’être ailleurs, d’être nulle part,
emmenant avec toi le secret de tes cils,
le partage de ton souffle,
tes mains qui m’ont frôlée,
tes mains qui ne savent pas
pourquoi tu t’en vas tout le temps
en laissant sur ma peau leurs ombres fidèles.

(Kettly Mars)

Illustration: Siegfried Zademack

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La destination de l’être humain (Jacqueline Kelen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



 

Illustration: Adolphe Lalyre
    
Au fond, la destination de l’être humain
serait de pleurer et de sourire.
Non pas de pleurer sur quelqu’un, encore moins sur soi,
non pas de pleurer après quelque chose. Non.
Mais de pleurer comme on se lave,
comme on bénit, comme on se noie dans la clarté.

Les larmes sont donc un don en soi ,
et, comme elles ne nous appartiennent pas,
autant en faire don à notre tour,

autant les offrir comme des caresses limpides,
comme des ponts fraternels,
comme des remerciements émus.

Ces sources descellées feront sans nul doute
refleurir les déserts.

(Jacqueline Kelen)

 

Recueil: Les Larmes
Traduction:
Editions: Alternatives

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Les routes aimées (René Char)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017


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Les routes qui ne promettent pas
le pays de leur destination
sont les routes aimées.

(René Char)

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OUVERT (Francisco Alvim)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2017



    

Illustration: Eric Principaud
    

OUVERT

Parfois le regard chemine
dans la trame de la lumière
sans la moindre curiosité
ni rêverie quelconque
Il avance en quête du temps
et le temps, comme toujours,
vide de tout
n’est pas bien loin
il est ici, maintenant
Le regard sans mémoire
sans destination
s’immobilise
dans l’air de l’air
la lumière de la lumière —
vrai lieu ?

***

ABERTO

Às vezes o olhar caminha
na trama da luz
sem curiosidade alguma
qualquer devaneio
Vai em busca do tempo
e o tempo, como o sempre,
vazio de tudo
nao está longe
está aqui, agora
O olhar sem memória
sem destino
se detém
no ar do ar
na luz da luz —
lugar ?

(Francisco Alvim)

 

Recueil: La Poésie brésilienne aujourd’hui
Traduction: Patrick Quillier
Editions: Le Cormier

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VERS QUOI? (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2015



VERS QUOI?

Vers quel édifice
Toutes ces fondations ?

Vers quelle destination
Toutes ces poursuites ?

Vers quelle cible
Toutes ces flèches ?

Vers quelle durée
Tous ces instants ?

Vers quel mirage
Nos cheminements ?

(Andrée Chedid)


Illustration: Catherine Catteloin

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