Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘destruction’

GUERRE EN UKRAINE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2022



Photo Reuters
    
GUERRE EN UKRAINE

Ici les amandiers sont en fleurs
un enchantement pour l’œil
qui aime la beauté
bientôt les orangers aussi
répandront leur parfum envoûtant
mais autre part la guerre fait rage
et le regard ne perçoit que ravage
et souffrance humaine
là ne fleurit aucun bourgeon
étouffés qu’ils sont dans la fumée
d’une violence barbare.

*

DESPOTE

La nuit a assailli l’aurore
et détourné de la paix
la précieuse lumière.
Le silence se tait
couvert par les détonations, le fracas des canons
et le hurlement des sirènes.
Impassible face à la douleur
─ même celle de son propre peuple
le despote russe.

*

COLOMBE DE LA PAIX

Il pleut.
il pleut de la tristesse
pour les victimes innocentes
pour la destruction d’un pays
pour l’ampleur de la violence meurtrière
affamée la tourterelle quitte
la protection de son arbre
un lacet semblable
à l’anneau noir autour de son cou.

(Germain Droogenbroodt)

Traduction Elisabeth Gerlache

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Toute poésie est suspension (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2021




Illustration: ArbreaPhotos
    
Toute poésie
est suspension
(Henri Brémond)

Au-dessus de l’abîme de l’indicible, le poème va s’avancer,
se risquer au-dessus du vide.
S’il parle vrai,
ses lecteurs seront eux aussi suspendus durant un instant,
sur un seuil d’éternité.

Instant arraché à la durée, gagné sur l’inéluctable usure,
la perte, la destruction définitive.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les morts minuscules (Monika Herceg)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021




    
les morts minuscules

nous respirons bruyamment de chaleur suffocante
dormant dans la même pièce
l’angoisse plus lourde que l’air
remplit l’espace comme le dioxyde de carbone
et nous étouffons dans le cauchemar

dans le rêve de mon père le vide prolifère
comme les doryphores sur les pommes de terre
jusqu’à la destruction complète des plantations
souvent il tousse
comme un chat qui rejette
une boule de poils
mon frère grince des dents
ma mère est immobile
les lèvres serrées
à l’image de la madone qu’elle prie
quelquefois je me penche sur son visage
pour vérifier si elle respire

j’écoute aussi
nos pieds dépasser les chaussures devenues étroites
nos cheveux s’assombrir
nos cartilages s’user à courir
dehors l’atmosphère se consume

et en nous brûlent nos corps d’enfants
comme les bougies d’anniversaire
suffisamment vite pour que le matin on
ne s’en souvienne plus

(Monika Herceg)

Traduit du croate par Martina Kramer

 

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES VEINES DU TEMPS (Maria Mistrioti)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Georgis Mistriotis
    
LES VEINES DU TEMPS

Parfois je pense
que les trains de nuit ne sont jamais passés
ces trains qui négligeaient les petites villes
les signaux désespérés
des veilleurs de nuit aux dos courbés.
Je pense
que jamais nous n’avons voyagé ensemble
de l’Ionie vers Croton, vers Tarente.
De l’autre côté de la destruction de paysages de rêve,
de l’autre côté des couleurs plastique
de l’autre côté des sentiers brisés
je t’attends.

(Maria Mistrioti)

 

Recueil: Ithaca 593
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache
Editions: POINTS

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il existe un espace que rien ne menace (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2020




Illustration
    
Il existe un espace que rien ne menace, que rien jamais n’a menacé
et qui n’encourt aucun risque de destruction,

un espace intact,
celui de l’Amour qui a fondé notre être.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: LE LIVRE DE POCHE

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La voie du dehors (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2020



 

Natalia Syuzeva 391c88

La voie du dehors est un espace
où Toi et Moi se regardent
La voix du dedans est un espace
où toi et moi se rencontrent

Toi et moi font Lui
même si Lui ne le sait pas
en ne sachant qui est Toi et qui est Moi

Toi et Moi font Nous
et pourtant Lui n’est pas le Nous

Les pronoms personnels
sont des réponses à nos verbes
Mais le verbe est le mystère
de ce qui nous conjugue
dire par exemple
je Vous Tutoie
est impossible
et pourtant nous le disons
comme je Te Vouvoie

La destruction
des pronoms personnels
est la condition
de la conjugaison du Verbe

(Serge Pey)

Illustration: Natalia Syuzeva

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

OBSCURCISSEMENT (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration: Abanindranath Tagore   
    
OBSCURCISSEMENT

Une sombre appréhension servant de linceul
Enveloppe le monde,
En son centre demeure par-delà l’appréhension
Une ferme conviction.

Au milieu d’un orage de mots et la poussière de débats
L’ intelligence aveuglée tâtonne désespérément,
La conviction reste inébranlable, au fond,
Sans une ombre de peur.

Des centaines d’épreuves sur le chemin de la vie
Errent en un tourbillon,
Tandis qu’au centre règne la paix imperturbable
Sous l’ombre d’un arbre immortel.

Des flèches empoisonnées fusent sans relâche —
La censure, la perte, la mort et la séparation —
Éternelle, la Joie reste calme dans sa transe :
Elle ne connaît nulle destruction.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DON JUAN – SONNET (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

Alexander Maranov (6)

DON JUAN – SONNET

Au bord d’un étang bleu dont l’eau se ride
Sous le vent discret d’une nuit d’été,
Parmi les jasmins, foulant l’herbe humide
Avez-vous jamais, rêveur, écouté

La voix de la vierge émue et timide
Qui furtive, un soir, pour vous a quitté
Le foyer ami — depuis froid et vide —
Où, les parents morts, plus rien n’est resté?

Parfum de poison, volupté cruelle
D’avoir arraché du sol ce lys frêle
Et d’avoir hâté l’œuvre des tombeaux…

O destruction de quels âpres charmes
Es-tu donc parée?
Et, voilés de larmes,
Pourquoi les yeux clairs en sont-ils plus beaux?

(Charles Cros)

Illustration: Alexander Maranov

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Nul ne signe l’éclair (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Francisco de Goya 
    
Nul ne signe l’éclair.
Nul ne dit à l’ombre montante, arrête toi.
Quelque part s’organise un complot.
La destruction s’avance.
Les visages sont encore heureux.
N’explique pas, désarroi,
Ce qui pleure, ce qui a froid
Ce qui est noir est aussi l’azur.

(Jean Malrieu)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Lorsque tu examines le monde (Boddhisattva Mahâmati)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
Lorsque tu examines le monde avec ta sagesse et ta compassion,
il est pour toi comme la fleur de l’éther,
dont nous ne pouvons dire si elle est créée ou évanescente,
car les catégories de l’être et du non-être lui sont inapplicables.

Lorsque tu examines toutes choses avec ta sagesse et ta compassion,
elles sont au-delà du mental et de la conscience,
car les catégories de l’être et du non-être leur sont inapplicables.

Lorsque tu examines le monde avec ta sagesse et ta compassion,
il est éternellement comme un rêve,
dont nous ne pouvons dire s’il est permanent ou sujet à la destruction,
car les catégories de l’être et du non-être lui sont inapplicables.

(Boddhisattva Mahâmati)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »