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Poésie

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Une seule matière (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019



Illustration: Carole Moutte
    
Une seule matière

Le mystère de l’évidence
nous a-t-il aveuglés ?
Le réel est une construction
que la matière n’abrite pas.
Le monde indéchiffrable
à jamais nous échappe

et nous constitue.

Le Poème, trace d’une langue
perdue, bloc détaché
de l’oubli premier
à jamais témoigne
d’un amour égaré
dans les replis du Temps.

Une seule matière

nous échappe
et nous constitue :
quelle est sa teneur ?
Le Poème dévoile
sans l’éteindre
l’évidence du mystère.

(Alain Suied)

 

Recueil: Sur le seuil invisible
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Brève liberté (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2019



Illustration: Satish Gupta
    

Brève liberté
pour une fleur de cerisier
détaché de sa branche.

***

Hoe kort is vrijheid
voor een kersenbloesem van
de boomtak bevrijd

***

Breve la libertad
de una flor de cerezo
suelta de su rama

***

How short is freedom
gained by the cherry blossom
released from the branch

***

Breve libertà
di un bocciolo che cade
giù dal ciliegio

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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Parfois (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



Illustration
    
Parfois, détaché de la multitude,
Un regard anxieux te sollicite.
Tu restes coi; avec l’autre, tous deux,
Vous entrez dans la commune solitude.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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À PRIME (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018



    
À PRIME
Fiat…

Père, porte mon âme en son insouciance
Jusqu’où tu veux et qu’elle dorme dans ta main
Sans demander le sens et le but du chemin.

Qu’elle soit, n’ayant plus ni dessein ni science.
Légère, détachée et joueuse au réveil
Comme des moucherons qui dansent au soleil.

Détourne d’elle une inquiète défiance
qui mesure avant toi le fil de l’avenir
Et qui pèse l’espoir avec le souvenir ;

Et l’analyse accroupie en la conscience
Dont l’ongle sans repos fouille de son labour
L’ombre, l’ombre de l’ombre, et n’y fait pas de jour.

Je m’abandonne à Toi, divine Sapience,
Ma force sera prête à l’heure du besoin
Comme un manteau d’enfant dont la mère a pris soin.

Je ferai ce que tu voudras de confiance,
J’espère tout, mon Dieu : Tu règnes sur le Bien.
Tu règnes sur le Mal et je n’ai peur de rien.

Ce que j’attends, je l’attends sans impatience,
Ô mon Père, ô ma Mère, ô mon unique foi !
Au destin qu’il me faut loin ou près porte-moi.

Tu vois le Temps et tout s’offre à ta prescience :
Mes fruits en moi comme le germe dans le grain.
Tu connais ma fatigue, et ma soif, et ma faim…

Et ton enfant n’a pas besoin d’expérience.

(Marie Noël)

 

Recueil: Les Chansons et les Heures / Le Rosaire des joies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Cela vous semble impossible ? (Tao Yuanming)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018




    
Cela vous semble impossible ?
Pour l’esprit détaché,
tous les lieux sont lointains.

(En buvant)

(Tao Yuanming)

 

Recueil: La montagne vide Anthologie de la poésie chinoise (IIIè – XIè siècle)
Traduction: Patrick Carré et Zéno Bianu
Editions: Albin Michel

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La musique (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018




    
La musique dissout la pesanteur de l’homme,
éclaire la maison des signes,
accélère les corrélations du coeur,
perfore les rêves et soude les morceaux détachés de l’éternité,
signalant à la fois que celle-ci n’est pas une seule.

Les mots sont une partie mystérieuse de cette musique,
à laquelle ils incorporent les subtiles métamorphoses musicales du sens jumelées au silence,
qui recueille les vaet-vient de l’occulte et allume les coïncidences du réel,
comme s’il rapprochait la flamme des cierges éteints
et toujours disponibles d’un candélabre aux bras infinis.

La poésie multiplie la musique et, en le faisant,
parfait d’une certaine manière le langage expectant de la réalité.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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Il faut explorer (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018




    
il faut explorer par une étreinte détachée du corps,
les courants sans image du total abandon

(Roberto Juarroz)

 

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Oscillant sur de délicates jointures (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



Oscillant sur de délicates jointures
la Feuille d’automne
Presque détachée de sa tige

***

Swinging on delicate hinges
the Autumn Leaf
Almost off the stem

(Jack Kerouac)

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TOMBEZ, FEUILLES, TOMBEZ; ET VOUS, FLEURS, PÉRISSEZ (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
TOMBEZ, FEUILLES, TOMBEZ; ET VOUS, FLEURS, PÉRISSEZ

Tombez, feuilles, tombez; et vous, fleurs, périssez!
Que s’allonge la nuit, que s’abrège le jour!
Toute feuille me parle de félicité
Qui tournoie, détachée de la branche d’automne.
Je sourirai lorsque la neige et ses guirlandes
Fleuriront où devrait encor croître la rose;
Je chanterai quand la nuit déclinante
Sera l’huissier d’un jour plus désolé.

***

FALL, LEAVES, FALL;DIE, FLOWERS, AWAY

Fall, leaves, fall; die, flowers, away;
Lengthen night and shorten day;
Every leaf speaks bliss to me,
Fluttering from the autumn tree.
I shall smile when wreaths of snow
Blossom where the rose should grow;
I shall sing when night’s decay
Ushers in a drearier day.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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UNE FEMME UN OISEAU (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2017




    
UNE FEMME UN OISEAU

L’oiseau très grand, qui survolait la plaine
au même rythme que les creux et les collines,
longtemps nous l’avions vu planer
dans un ciel absolu
qui n’était ni le jour ni la nuit.
Une cigogne? Un aigle? Tout ensemble
le vol silencieux du chat-huant
et cette royale envergure
d’un dieu qui se ferait oiseau…

Nos yeux un instant détournés
soudain virent descendre la merveille :
c’était la fille de l’aurore et du désir
ange dans nos sillons tombé avec un corps
plus féminin que l’amour même et longue longue
posant ses pieds à peine sur le sol car le vent de ses ailes
la soulevait encore. Enfin le lisse et blanc plumage
sur cette femme de cristal se replia. Elle semblait ne pas nous voir
ni s’étonner qu’un lac
au-devant de ses pas s’étendît… déjà

elle y plongeait en souriant pour elle-même
heureuse de se souvenir
des éléments antérieurs
et d’un temps sans limite… Elle ourdit dans cette eau transparente
les signes d’un langage inconnu
puis s’ébrouant, cernée de perles,
de nouveau brillante et glacée,
elle frappa du pied la terre… Telle je la vois encore
légèrement inclinée en avant
et déjà presque détachée,
telle nous l’avons vue monter et disparaître dans l’azur.

C’est depuis ce temps-là que je sais
par quel subtil vouloir et quels secrets mouvements
nous pouvons voler quand tout dort.

(Jean Tardieu)

 

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