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Poésie

Posts Tagged ‘détacher’

LORSQUE la nuit cède (Rafael Carcelén)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2019



Illustration: Christian Schloe 
    
LORSQUE la nuit cède
Et fatiguée dans sa mémoire elle s’effondre.
Lorsque le tout n’est plus rien
et pour le néant tout
abandonne doucement ses doigts
à la seule fragrance
à l’humide épaisseur de toute forme,
qui retient et éteint,
qui dissout, qui unit, qui détache,

avec cette légère paresse
comme la lente résine, de ton corps
l’aube se sécrète.

***

CUANDO cede la noche
y exhausta en su memoria se desploma.
Cuando ya todo es nada
y por la nada todo
mansamente abandona sus dedos
a la sola fragancia,
al húmedo espesor de toda forma
que retiene y apaga,
que disuelve, que une, que desata,

con qué leve pereza
como lenta resina, de tu cuerpo
va segregándose el alba.

(Rafael Carcelén)

 

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Détachée de l’arbre (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2019




    
Détachée de l’arbre
feuille d’automne qui tournoie
voyage sans retour.

***

Van de boom bevrijd
een neerdwarrelend herfstblad
reis zonder wederkeer

***

Liberada del árbol
una hoja otoñal cayendo
viaje sin retorno

***

Released from the tree
a whirling down autumn leaf
trip with no return

***

Foglia liberata
volteggia dall’albero
senza ritorno

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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J’ai détaché (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018



Illustration: Michel Chansiaux
    
J’ai détaché le coeur de la pluie
Des ballades anciennes
ont alimenté mon silence.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Sonnet de la hache (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Sonnet de la hache

Tout est beau qui ne souffre pas d’attache
Simple loi du vent souffle du futur
nuages nus volant des linges purs
que nulle main ne tient ou ne relâche.

Sage loi, encor que le coeur ne sache
pesant recomptant sang pur impur
émule du pire — qu’on dit toujours sûr —
aimer le silence où frappe la hache.

Le temps nous retranche étrange océan
nos cris, nos morts. Les emporte le han
sourd roulé par le ressac qui rabâche.

Les mots sans voix qui les porte allant
crever en écume — le coeur s’étonnant
à tort qu’aucune main ne le détache.

(Claude Michel Cluny)


Illustration: Vladimir Kush

 

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C’était ma douleur (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018




    
C’était ma douleur blanchie à la chaux.
Tu patientes, étendue sur les feuilles recueillies.
Il faut pouvoir ressembler au vent.
Tu voles. Tu chantes.
Je t’aime pour chaque branche,

C’était un sourire sur nos doigts fiévreux.
Une étrange silhouette détachée du soir :
Elle découvrait, pour nous, le monde.
Mais seule tu voyais.

Je te crois, je t’influence, je t’obéis.
Un mur nous réunit:
Jamais tu n’as le même visage.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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Détachons l’échelle (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018




Illustration: Georgia O’Keeffe
    
Détachons l’échelle.
Détachons l’échelle de la poésie.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes __..
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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Les oiseaux s’envolent et les fleurs tombent (Kheng-Tsin)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



 

    

Les oiseaux s’envolent et les fleurs tombent

A l’aurore d’une matinée de printemps,
les oiseaux, arrivant par volées,
S’abattent dans le parterre en fleurs,
devant le pavillon de mon tranquille jardin.

A peine sont-ils posés,
que l’ouvrage de la nuit les effraie ;
Ils partent brusquement, tous ensemble,
non moins destructeurs que la nuit.

Le battement de leurs ailes
a détaché bien des pétales ;
Le vent, qui entrechoque les tiges,
maltraite aussi mes pauvres fleurs.

Des nuages de toutes couleurs
voltigent sur les degrés du perron ;
Il semble qu’il soit tombé de la neige rose,
comme au séjour des immortels.

Les oiseaux partis, le chant cesse ;
Les pistils et les étamines jonchent le sol,
flétris et dispersés.

De la terrasse du pavillon
j’ai contemplé longuement ce spectacle.
Ne sommes-nous pas souvent prodigues du temps
où nos années sont en fleurs ?

(Kheng-Tsin)

 

 

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Il m’est interdit de m’arrêter (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Alberto Giacometti
    
Il m’est interdit de m’arrêter pour voir. Comme si
j’étais condamné à voir en marchant. En parlant. À voir
ce dont je parle et à parler justement parce que je ne vois
pas. Donc à donner à voir ce que je ne vois pas, ce qu’il
m’est interdit de voir. Et que le langage en se déployant
heurte et découvre. La cécité signifie l’obligation d’in
verser les termes et de poser la marche, la parole, avant
le regard. Marcher dans la nuit, parler sous la rumeur,
pour que le rayon du jour naissant fuse et réplique à
mon pas, désigne la branche, et détache le fruit.

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES BRODEUSES (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: Charles Frederic Ulrich
    

LES BRODEUSES

Un geste engendre un autre geste mémorable
Sous la lampe. Les brodeuses
Filent l’or dans le temps régulier des horloges.
Ce soir encore le temps oscille et nous ne savons pas
Quelle heure dans la nuit toute proche s’avance.
Pour qui l’ouvrage sur vos genoux, Marie ?
Hier, dans le sillon, Novembre a découvert
Une hache rouillée perdue dans la ténèbre.
Toujours le même geste de vos mains, sous la lampe qui tremble,
Puis les ciseaux détachent le fil de la bobine, vivement
Dans la chambre à côté, l’enfant s’est endormi,
Ignorant de la mort, bercé
Par la voix qui chantonne.
La moisson lèvera sur le sol où l’on a combattu,
Les grains se mêleront aux souvenirs des morts.
Vous n’avez pas sourcillé quand il a dit : voici
Ce que la herse a fait surgir de la vieille terre.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES CLÉMENTINES DE LA NUIT (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018




    
LES CLÉMENTINES DE LA NUIT

Fraîches dans la main
quand je vais les chercher
les clémentines de la nuit
j’en connais le goût.

Un coup d’ongle ou de dents
et le jus sur les lèvres
mais nous n’en disons rien
ou simplement « c’est bon ».

Nous enlevons la peau
nous détachons les quartiers
nous partageons au bord de notre lit
ces minutes comme les fruits
sans les compter.

Mais quand je porte dans la cuisine
les pépins et les petites robes
sur le bord de l’évier
je vois tout le prix briller
des nuits de clémentines :
longtemps après la soif.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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