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Poésie

Posts Tagged ‘détruire’

Quand la jatte est détruite (Yves Sandre)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2021



Illustration: Francis Pessin
    
Quand la jatte est détruite,
l’espace qu’elle renfermait
n’est pas détruit avec elle.

L’espace est éternel.

(Yves Sandre)

 

Recueil: THÉORÈMES et PETITS RIENS
Traduction:
Editions:Amiot Lenganey

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Fin dernière (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021



Fin dernière

Le ver
dans le fruit
La paille
dans le fer
La faille
sans bruit
Qui détruit
jour et nuit
La fin avec
des oiseaux noirs
Qui lardent
de coups de bec
Les ombres du soir
qui s’attardent.

(Jean-Baptiste Besnard)

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La fable et la vérité (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2020




    

La fable et la vérité

La vérité, toute nue,
Sortit un jour de son puits.
Ses attraits par le temps étaient un peu détruits ;
Jeune et vieux fuyaient à sa vue.
La pauvre vérité restait là morfondue,
Sans trouver un asile où pouvoir habiter.
À ses yeux vient se présenter
La fable, richement vêtue,
Portant plumes et diamants,
La plupart faux, mais très brillants.
Eh ! Vous voilà ! Bon jour, dit-elle :
Que faites-vous ici seule sur un chemin ?
La vérité répond : vous le voyez, je gèle ;
Aux passants je demande en vain
De me donner une retraite,
Je leur fais peur à tous : hélas ! Je le vois bien,
Vieille femme n’obtient plus rien.
Vous êtes pourtant ma cadette,
Dit la fable, et, sans vanité,
Partout je suis fort bien reçue :
Mais aussi, dame vérité,
Pourquoi vous montrer toute nue ?
Cela n’est pas adroit : tenez, arrangeons-nous ;
Qu’un même intérêt nous rassemble :
Venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble.
Chez le sage, à cause de vous,
Je ne serai point rebutée ;
À cause de moi, chez les fous
Vous ne serez point maltraitée :
Servant, par ce moyen, chacun selon son goût,
Grâce à votre raison, et grâce à ma folie,
Vous verrez, ma sœur, que partout
Nous passerons de compagnie.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Un mal la ronge… (François Deblué)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2020



    

Un mal la ronge…

Un mal la ronge
qui est mal fatal
un mal la ronge
peu à peu
la prive
de tout plaisir
de tout désir
malgré quoi
elle lutte
résiste
jour après jour
pied à pied
malgré quoi
obstiné
le mal
lui aussi
poursuit son oeuvre
pas à pas
lui aussi
la détruit
la réduit
à peu de chose
à presque rien

Elle se bat pourtant
et luttera encore jusqu’au jour

« courage »
à son tour
ne sera plus
que lettre morte.

(François Deblué)

 

Recueil: Courage Dix variations sur le courage et un chant de résistance
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Poème d’amour en état de guerre (Mohammed El Amraoui)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2020



    

Poème d’amour en état de guerre

Je hume dans tes seins
l’odeur de la terre
la terre que mes pas ont quittée

Je hume l’oreiller de tes rêves
quand tu dors avant moi
et quand tu dors
après moi

Je hume la brise de ton souffle
quand l’air devient fumée

car leurs maisons détruites
les gens habitent leurs rêves

Et moi
depuis quarante ans
je n’habite
que le vent de ton parfum

Je n’ai d’autre maison
d’autre toit
que ton coeur

car l’amant
quand les guerres le chassent
que les exils le poursuivent
se jette dans les bras de l’aimée

Et si je voulais monter au pays
je laisserais mon poème grimper
à tes nattes

Si je voulais voyager
je chevaucherais tes sandales
sous la pluie, sous les arbres
et nuitamment sous la lumière de la lune

Si je voulais dormir
je déplierais les lignes de ta dernière lettre

Gloire à celui qui a étreint l’amour
sous la mitraille

Gloire à celui qui a dit
que la paix
est une herbe
qui pousse
dans le coeur
de l’aimée

(Mohammed El Amraoui)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Une fois achevé (Issei)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration
    
Une fois achevé
je n’ai osé le détruire
le bouddha de neige

(Issei)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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L’espoir des lendemains qui chantent (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2020



Illustration: Marie-Paule Deville Chabrolle
    
L’espoir des lendemains qui chantent a pesé son poids de larmes, de fer et de sang.
A force d’avoir les yeux tournés vers l’avenir, nous avons presque réussi à le détruire.
L’espoir ne doit plus être tourné vers l’avenir, mais vers l’invisible.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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Détruire l’espace intime (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2020




    
Détruire l’espace intime;
entrer dans l’Espace de Dieu.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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DIALOGUE AVEC DAJAL AL-DIN RÙMI (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2020



 

DIALOGUE AVEC DAJAL AL-DIN RÙMI

Le vent montre la poussière
ou la branche qui remue

On ne voit pas le vent
mais la poussière ou la branche

On ne voit pas l’ivresse
mais que sa manifestation

On ne voit pas l’image
mais le miroir qui ne reflète pas l’image

Détruire le miroir
est la condition de l’image
comme la destruction de la poussière
ou de la branche qui remue
sont la condition de voir le vent

Uniquement le miroir
peut voir le miroir

Le vent ne peut se voir lui-même
mais que ses manifestations

(Serge Pey)

Illustration

 

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La nuit (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2020



    

La nuit

I.

Le ciel d’étain au ciel de cuivre
Succède. La nuit fait un pas.
Les choses de l’ombre vont vivre.
Les arbres se parlent tout bas.

Le vent, soufflant des empyrées,
Fait frissonner dans l’onde où luit
Le drap d’or des claires soirées,
Les sombres moires de la nuit.

Puis la nuit fait un pas encore.
Tout à l’heure, tout écoutait ;
Maintenant nul bruit n’ose éclore ;
Tout s’enfuit, se cache et se tait.

Tout ce qui vit, existe ou pense,
Regarde avec anxiété
S’avancer ce sombre silence
Dans cette sombre immensité.

C’est l’heure où toute créature
Sent distinctement dans les cieux,
Dans la grande étendue obscure
Le grand Être mystérieux !

II.

Dans ses réflexions profondes,
Ce Dieu qui détruit en créant,
Que pense-t-il de tous ces mondes
Qui vont du chaos au néant ?

Est-ce à nous qu’il prête l’oreille ?
Est-ce aux anges ? Est-ce aux démons ?
A quoi songe-t-il, lui qui veille
A l’heure trouble où nous dormons ?

Que de soleils, spectres sublimes,
Que d’astres à l’orbe éclatant,
Que de mondes dans ces abîmes
Dont peut-être il n’est pas content !

Ainsi que des monstres énormes
Dans l’océan illimité,
Que de créations difformes
Roulent dans cette obscurité !

L’univers, où sa sève coule,
Mérite-t-il de le fixer ?
Ne va-t-il pas briser ce moule,
Tout jeter, et recommencer ?

III.

Nul asile que la prière !
Cette heure sombre nous fait voir
La création tout entière
Comme un grand édifice noir !

Quand flottent les ombres glacées,
Quand l’azur s’éclipse à nos yeux,
Ce sont d’effrayantes pensées
Que celles qui viennent des cieux !

Oh ! la nuit muette et livide
Fait vibrer quelque chose en nous !
Pourquoi cherche-t-on dans le vide ?
Pourquoi tombe-t-on à genoux ?

Quelle est cette secrète fibre ?
D’où vient que, sous ce morne effroi,
Le moineau ne se sent plus libre,
Le lion ne se sent plus roi ?

Questions dans l’ombre enfouies !
Au fond du ciel de deuil couvert,
Dans ces profondeurs inouïes
Où l’âme plonge, où l’oeil se perd,

Que se passe-t-il de terrible
Qui fait que l’homme, esprit banni,
A peur de votre calme horrible,
Ô ténèbres de l’infini ?

(Victor Hugo)

 

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