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Poésie

Posts Tagged ‘deux’

Au compte-gouttes (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2019



Illustration: Mireille Fouques
    
Au compte-gouttes

Nous n’avons que deux bras deux mains
une tête et un coeur
comment cela pourrait-il
être suffisant
pour consoler un enfant
de devenir un homme

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Douce journée (Momoko Kuroda)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2019



 Illustration: Oreste Conti 
    
Douce journée.
Un de nous deux
sera seul un jour.

(Momoko Kuroda)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

Recueil: Pensées de femmes
Traduction:
Editions: Seuil

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Sur le banc devant la maison (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2019




    
Sur le banc devant la maison

Viens t’asseoir à côté de moi sur le banc devant la maison,
femme, tu en as bien le droit,
voici quarante ans que nous sommes ensemble.

Cette fin d’après-midi, alors qu’il fait si beau,
c’est aussi le soir de notre vie.
Tu as bien mérité, vois-tu, un peu de repos.

Maintenant, les enfants sont placés.
Ils sont allés chacun de son côté et nous sommes de nouveau rien que les deux,
comme quand nous avons commencé.

Femme, te souviens-tu?
Nous n’avions rien pour commencer, tout était à faire.
Et nous nous sommes mis à l’ouvrage.

Ça n’allait pas tout seul, il nous en a fallu du courage !
Il nous en a fallu de l’amour,
et l’amour n’est pas ce qu’on croit au commencement.

Se serrer l’un contre l’autre, s’embrasser, se parler tout doux à l’oreille.
Ça, c’est bon pour le jour de la noce !
Le temps de la vie est grand, mais le jour de la noce ne dure qu’un jour.

C’est seulement après, qu’a commencé la vie.
Les enfants viennent; il leur faut quelque chose à manger,
des vêtements et des souliers, ça n’a pas de fin.

Il est aussi arrivé qu’ils étaient malades, alors tu devais passer toute la nuit à veiller
et moi, j’étais à l’ouvrage d’avant le jour jusqu’à la nuit tombée.
Nous croyions être arrivés à quelque chose, puis après, tout était en bas et à recommencer.

Des fois, nous étions tout dépités de voir que nous avions beau faire,
nous piétinions sur place et même, nous repartions en arrière.
Te souviens-tu, femme, de tous ces soucis ?

Mais nous sommes restés fidèles l’un à l’autre,
et ainsi, j’ai pu m’appuyer sur toi, et toi la même chose sur moi.
Nous avons eu de la chance d’être ensemble, les deux.

On s’est mis à l’ouvrage, nous avons duré et tenu le coup.
Le véritable amour n’est pas pour un jour.
C’est toute la vie que nous devons nous aimer, s’aider et se comprendre.

Puis, les affaires sont allées du bon côté, les enfants ont tous bien tourné.
Mais aussi, on leur avait appris à partir sur le bon chemin.
Nous avons un petit quelque chose au soleil et dans le bas de laine.

C’est pourquoi, cette fin d’après-midi, alors qu’il fait si beau,
assieds-toi à côté de moi.
On veut pas parler, nous n’avons plus rien à nous dire.

Nous n’avons besoin que d’être les deux
et laisser venir la nuit,
bienheureux d’avoir bien rempli notre vie.

(Traduction du texte patois)

(Charles-Ferdinand Ramuz)

 

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Tristesse (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2019


tristesse

Quand un plus un font deux
Oh continuer à vivre!
Tristesse qui s’abat sur moi
en décembre

(Tawara Machi)

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Il y a un arbre devant le ciel (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2019


 

Il y a un arbre
Devant le ciel.

C’est à qui des deux
Ne sera pas mangé.

(Guillevic)

 

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Une fenêtre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019




    
Une fenêtre ouverte
et une fenêtre fermée.
Quelque chose entre par les deux.
Quelque chose sort par les deux.

Toutes les fenêtres
sont pareilles,
ouvertes ou fermées.

Et l’homme,
qui est le seul créateur de fenêtres,
transforme l’abîme
en une autre fenêtre,
ouverte ou fermée cela ne compte pas.

***

Una ventana abierta
y una ventana cerrada.
Algo entra por ambas,
algo sale por ambas.

Todas las ventanas
son iguales,
abiertas o cerradas.

Y et hombre,
que es el ùnico hacedor de ventanas,
transforma el abismo
en otra ventana,
que no importa si esta abierta o cerrada.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Il faut atteindre à ce regard (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



    

Il faut atteindre à ce regard
qui regarde un seul comme s’il était deux.
Et ensuite regarde deux
comme s’ils étaient un seul.
Et puis encore
regarde un seul et deux
comme s’ils n’étaient aucun.

C’est le regard qui écrit et efface en même temps,
qui dessine et suspend les lignes,
qui délie et unit
rien qu’en regardant.
Le regard qui n’est pas différent
hors du rêve et en lui.
Le regard sans zones intermédiaires.
Le regard qui se crée lui-même en regardant.

(Roberto Juarroz)

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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Amour (Shan Sa)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2019



Illustration: Jeanne Fonseca
    
Amour
Un seul regard de toi
M’a fendue en deux

(Shan Sa)

 

Recueil: Le vent vif & le glaive rapide
Traduction:
Editions: William Blake & CO. Edit.

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LA PLUIE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



LA PLUIE

La pluie et moi marchions
Bons camarades
Elle courait devant et derrière moi
Et je serrais notre trésor dans mon coeur
Elle chantait pour nous cacher
Elle chantait pour endormir mon coeur

Elle passait sur mon front sa peau mouillée
Et humaine ma chère pluie
Elle tendait l’oreille
Pour savoir si mon chant silencieux était anéanti

Elle me met les mains sur les épaules
Et court tant haut dans la plaine du ciel
Et tant me montre les diamants du soleil
Et tant toujours me caresse la peau
Et tant toujours me chante dans les os
Que je deviens un bon camarade

J’entonne une grande chanson
Qu’on entend et les cabarets et les oiseaux
Disent à notre passage Maintenant
Ils chantent tous les deux

(Pierre Morhange)

Illustration

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Ginkgo biloba (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018


La feuille de cet arbre
Qu’à mon jardin confia l’Orient
Laisse entrevoir son sens secret
Au sage qui sait s’en saisir.
Serait-ce là un être unique
Qui de lui-même s’est déchiré ?
Ou bien deux qui se sont choisis
Et qui ne veulent être qu’un ?
Répondant à cette question
J’ai percé le sens de l’énigme
Ne sens-tu pas d’après mon chant
Que je suis un et pourtant deux ?

***

Dieses Baums Blatt, der von Osten
Meinem Garten anvertraut,
Giebt geheimen Sinn zu kosten
Wie’s den Wissenden erbaut.

Ist es ein lebendig Wesen,
Das sich in sich selbst getrennt,
Sind es zwei, die sich erlesen,
Daß man sie als eines kennt.

Solche Fragen zu erwiedern
Fand ich wohl den rechten Sinn,
Fühlst du nicht an meinen Liedern
Daß ich eins und doppelt bin.

(Goethe)

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