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Poésie

Posts Tagged ‘déverser’

Les étoiles (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2019



Que d’onction
Les étoiles

Déversent
Sur chaque buisson.

(Guillevic)

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Le réveil d’une cascade (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    

Le réveil d’une cascade

Tant de beauté, tant de bonheur et tant de jeux,
Ailleurs, où les trouverai-je ?
Emportée par la fougue de la jeunesse,
Je ne sais vers qui je m’en irai…
Mon envie sans fond, mon espoir sans fin
C’est découvrir le monde,
Irrésistible est mon désir de déferler
Tout autour de la terre.

Je peux déverser tout l’amour existant…
Je peux emporter tout le temps qui est…
Je peux envahir toutes les contrées,
Que pourrais-je espérer d’autre
Hormis cette seule envie du coeur?

***

The Waking of a Cascade

Where else shall I ever find
So much beauty and happiness and play ?
Drifted by my youthful feast
I wonder who will welcome me.
My depthless desire and my endless hope
Will be to discover the world,
I cannot resist the temptation
Of girdling the earth.

I can pour down all my love,
I can carry off Time that has been,
I can invade all the provinces,
Other than this heart’s desire
What could I expect more?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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T’appartient-il, Seigneur (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



    

T’appartient-il, Seigneur, de participer à la félicité de ce rythme?
d’être lancé, perdu, brisé dans le tourbillon de cette formidable joie?

Toute chose se précipite, sans arrêt, sans regard en arrière,
sans qu’aucun pouvoir puisse bien retenir,
toutes les choses se précipitent.

Emboîtant le pas au rythme de cette musique inlassée,
chaque saison accourt en dansant, puis passe outre
— couleurs, tons et parfums déversent d’infinies cascades
dans cette surabondante joie qui s’éparpille
et se renonce et meurt à tout moment.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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Il n’y a pas d’explication pour l’ombre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019




    
Il n’y a pas d’explication pour l’ombre.
Il n’y en a pas non plus pour la lumière.

Seules certaines choses intermédiaires s’expliquent :
les poisons déversés ou avalés,
l’entre-deux avec lequel nous lions les choses,
la panne soudaine d’un visage,
le pouls sec du passé,
l’asymétrie de se penser.

La vitesse ne donne pas un sens,
la lenteur non plus.

Chaque monde est une image,
bloqué par son idée.

***

No hay explicacion para la sombra.
Tampoco la hay para la luz.

Solo se explican algunas cosas intermedias,
los venenos, derramados o bebidos,
el entredós con que unimos las cosas,
el apagón repentino de un rostro,
el pulso seco del pasado,
la asimetria de pensarse.

La rapidez no da sentido,
la lentitud tampoco.

Todo mundo es una imagen,
bloqueado por su idea.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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L’AN 2000 (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



 

tempête

L’AN 2000

Notre
millénaire
Exténué
Croyant faire
Peau neuve
Déverse
Écorces et plaies
Au seuil
De l’an 2000

Sphinx-miroir
A l’affût

(Andrée Chedid)

 

 

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À quatre temps (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



À quatre temps

Matin
Deviens matin
Sois aube sois phénix
Sème clair
Dans les silos de l’ombre

Midi
Au faite du jour
Hisse nos rêves
À ton mât

Soir
Dissipe le gribouillis des heures
Apaise le jour
Que ton ventre subtil
Se teinte de crépuscules

Nuit
Déverse tes encres
Tes baumes
Et tes lueurs
Sur l’âme
Indéchiffrable.

(Andrée Chedid)


Illustration: Blog de Tanakia

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Le coeur flamboyant (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Le coeur flamboyant

Mon coeur avait cessé de suivre le soleil
Et se cachait en moi peureux comme un oiseau
Déjà les monts brisés s’ouvraient sur des rivières
Des fleuves, des torrents déversaient un sang chaud
Déjà l’oiseau vivait au sein d’une planète.

Il coulait une sève en ce corps végétal
Je marchais comme un loup, je souffrais comme un arbre
J’entendais s’affronter les insectes du mal
Des mouches, des essaims bougeaient en mille grappes
Et j’allais glorieux de porter ces batailles.

J’habitais ma blessure et dormais dans ses lèvres.
À mes jours éblouis, je donnais mille vies
La montagne crachait en plein ciel sa colère
Et l’astre retombait sur l’astre pour mourir
Il naissait chaque fois quelque clarté nouvelle.

Ce coeur avait cessé de tourner sur lui-même
Il remuait parfois pour mieux s’écouter battre
Il ne savait plus rien du chant de l’univers
C’était un vieux grillon qui s’endormait dans l’âtre
Et tout mon corps brûlait pour cacher sa misère.

(Robert Sabatier)

 

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Il devrait n’être point de désespoir pour toi (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



 

 

Il devrait n’être point de désespoir pour toi
Tant que brûlent la nuit les étoiles,
Tant que le soir répand sa rosée silencieuse,
Que le soleil dore le matin.

Il devrait n’être point de désespoir, même si les larmes
Ruissellent comme une rivière :
Les plus chère de tes années ne sont-elles pas
Autour de ton cœur à jamais ?

Ceux-ci pleures, tu pleures, il doit en être ainsi ;
Les vents soupirent comme tu soupires,
Et l’Hiver en flocons déverse son chagrin
Là où gisent les feuilles d’automne

Pourtant elles revivent, et de leur sort ton sort
Ne saurait être séparé :
Poursuis donc ton voyage, sinon ravi de joie,
Du moins jamais le cœur brisé.

***

There should be no despair for you
While nightly stars are burning —
While evening sheds its silent dew
Or sunshine gilds the morning —

There should be no despair — though tears
May flow down like a river —
Are not the best beloved of years
Around your heart forever ?

They weep — you weep — It must be so —
Winds sigh as you are sighing,
And winter pours its grief in snow
Where autumn’s leaves are lying

Yet they revive — and from their fate
Your fate can not be parted
Then man journey onward not elate
But never brokenhearted —

(Emily Brontë)

 

 

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INFINIMENT LE CIEL DÉVERSE… (Robert de Souza)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



Jeanie Tomanek lightning [1280x768]

INFINIMENT LE CIEL DÉVERSE…

Infiniment, le ciel déverse ses étoiles dans la mer,
Et les vagues qui se brisent en une pâle écume de lumière
Les rejettent sans doute, bientôt éteintes, à nos pieds ;
Attends là, que je plonge, avant que la vague n’ait brisé
Contre la nuit des fables le feu d’une des perles stellaires,
Et que toute brasillante, je la rapporte pour ta beauté,
Femme, qui infiniment tends vers les astres ta prière,—
Et qui rêves à ton cou l’étoile des mages et des bergers…

(Robert de Souza)

 Illustration: Jeanie Tomanek 

 

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IL DEVRAIT N’ÊTRE POINT DE DÉSESPOIR POUR TOI (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
IL DEVRAIT N’ÊTRE POINT DE DÉSESPOIR POUR TOI

Il devrait n’être point de désespoir pour toi
Tant que brûlent la nuit les étoiles,
Tant que le soir répand sa rosée silencieuse,
Que le soleil dore le matin.

Il devrait n’être point de désespoir, même si les larmes
Ruissellent comme une rivière :
Les plus chères de tes années sont-elles pas
Autour de ton coeur à jamais?

Ceux-ci pleurent, tu pleures, il doit en être ainsi;
Les vents soupirent comme tu soupires,
Et l’Hiver en flocons déverse son chagrin
Là où gisent les feuilles d’automne.

Pourtant elles revivent, et de leur sort ton sort
Ne saurait être séparé :
Poursuis donc ton voyage, sinon ravi de joie,
Du moins jamais le coeur brisé.

***

THERE SHOULD BE NO DESPAIR FOR YOU

There should be no despair for you
While nightly stars are burning,
While evening sheds its silent dew,
Or sunshine gilds the morning.

There should be no despair, though tears
May flow down like a river:
Are not the best beloved of years
Around your heart forever?

They weep — you weep — it must be so;
Winds sigh as you are sighing;
And Winter pours its grief in snow
Where Autumn’s leaves are lying.

Yet they revive, and from their fate
Your fate cannot be parted,
Then journey onward, not elate,
But never broken-hearted.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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