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Posts Tagged ‘dévêtue’

L’AUBERGE « À LA PETlTE ÎLE » (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

VIncent Van Gogh

L’AUBERGE « À LA PETITE ÎLE »

La nuit, pour calmer un âpre combat,
d’autant plus féroce qu’il se passe en moi seul,
je pense à des luttes plus lointaines : je pense à Lissa,

aux Balkans, à Trieste, au vieux ghetto ;
enfin je me réfugie dans une taverne;
de son seul souvenir j’attends le sommeil.

Déserte tout au long de la chaude journée,
elle a sur ses murs une petite île peinte,
vert émeraude, et tout autour la mer et ses poissons.

Mais de fumée et de chants à la nuit elle est pleine ;
un Dalmate tient contre lui la fille la plus dévêtue ;
le matelot retrouve la sirène.

Moi j’écoute et la compagnie me plaît,
il me plaît de ne pas penser à un paradis
trop différent de cette allégresse

qui s’enroue dans les choeurs et enflamme le visage.

(Umberto Saba)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

 

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Chaque femme (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Chaque femme cache dans son corsage
un oiseau qu’elle libère,
une fois dévêtue

(Edmond Jabès)

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Toi rien que toi (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016


Toi rien que toi
Fermant tous mes chemins et scellant ma mémoire

Toi rien que toi
Et les yeux suppliants que tu as dans l’amour
Toi rien que toi
A m’attendre partout
A briser avant moi le pain dur de ma vie

Toi rien que toi
Je n’ai plus de maison
Je n’ai plus de sommeil
Je n’ai plus de raison

Toi rien que toi
Salive amère

Toi rien que toi
Mon remords et ma joie.

*

Je t’ai peu à peu dévêtue
De cette peau de rêves
De ces baisers cousus
Et soudain nue tu m’apparus
Plus rien de moi n’était à toi
Et tu t’enfonçais loin de moi
Mais ce que j’avais su te reprendre
Et qui peut-être était le meilleur de moi-même
Me collait aux doigts comme un fard
Dont je ne savais que faire
Tourné vers les beaux seins que j’aime.

*

J’ai beau faire tu es en moi
Battante
Comme un autre coeur que j’aurais
J’ai beau faire tu viens tu vas
Dans les couloirs feutrés où mon sang parle bas
J’ai beau faire je te sens là
Toujours
Caillot qui rôde
A la recherche du jour
Et mes mains malgré moi me prennent à la gorge
Pour te saisir et pour te tordre
Pour t’arracher de moi comme un clou comme un cri
Pavot éclaboussant les murs blancs de ma vie.

(Jean Rousselot)

Illustration: Ikenaga Yasunari

 

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Immobile (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2015



Immobile ainsi chaque nuit,
sentinelle de ces froideurs,
un dieu courbé gronde sur tes épaules.

Et toi si nue dans la mémoire,
si vite dévêtue des robes et des voix,
le vent de neige te cuirasse.

Voici tes bras, tes branches médusées,
tes seins cabrés de glace.

(Jean Joubert)


Illustration: Branko Bahunek

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Je vais me taire (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2015


Malinowsky_Fugue-650

Je vais me taire ce soir après ce poème
ranger ma voix et mon sang
laisser venir quelques heures où tout se passe
comme si tu n’existais pas.

Je te vois encore pourtant dans la main de la nuit
scandalisé que de loin tu apparaisses
comme un pétale de rose
ou un jet de lait ou une flèche d’étoile
en forme de femme.

Femme, tu es femme
vêtue et dévêtue de peau
fraîche et chaude pleine de sang et d’os
pareille, mon ineffable,
à tout le troupeau.

Laisse laisse laisse
mon amour et mes mots
te séparer en te chantant
trier de la boue mon diamant
faire exploser ma seule foudre.

(Alain Borne)

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