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Poésie

Posts Tagged ‘dévoilé’

Le temps n’est pas unique (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

Le temps n’est pas unique :
plusieurs rubans glissent, parallèles
souvent en sens contraire et rarement s’entrecroisent.

C’est quand se révèle la seule vérité que, dévoilée,
elle est aussitôt biffée par qui surveille engrenages et aiguillages.

Puis on replonge dans le temps unique.
Mais ce fut l’instant où les rares vivants se sont reconnus
pour se dire, non au revoir, mais adieu.

(Eugenio Montale)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Gilbert Garcin

 

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A la rive de nos yeux (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017


le-baiser

La femme regarde au loin
Et moi je regarde au loin
Et nous abordons ensemble
A la rive de nos yeux
Ensemble
La poitrine de chair intacte est dévoilée
Floraison d’air pur

Un profond soupir de joie
La solitude est vaincue
Un profond rire de source
La force est égalisée
Confiantes nos mains s’unissent
Les moissons de la jeunesse
Débordent dans l’éternel
et les bouches amoureuses
Avouent
Le langage sans but sans ombres qui rayonne
Et qui chante haut.

(Paul Eluard)

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Je te donne mon âme nue (Juana de Ibarbourou)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Je te donne mon âme nue,
comme une statue qu’aucun voile ne drape.

Nue, avec la pure impudeur
d’un fruit, d’une étoile ou d’une fleur;
de toutes ces choses qui ont l’infinie
sérénité d’Eve avant sa damnation.

De toutes ces choses,
fruits, astres et roses,
qui ne ressentent pas la honte du sexe sans présages,
et pour qui personne n’osera fabriquer des vêtements.

Dévoilée, comme le corps d’une déesse sereine,
que j’aie l’intense blancheur du lys !

Nue, et grande ouverte
par le désir d’aimer !

***

TE DOY MI ALMA DESNUDA

Te doy mi alma desnuda,
como estatua a la cual ningún cendal escuda.

Desnuda con el puro impudor
de un fruto, de una estrella o una flor;
de todas esas cosas que tienen la infinita
serenidad de Eva antes de ser maldita.

De todas esas cosas,
frutos, astros y rosas,
que no sienten vergüenza del sexo sin celajes
y a quienes nadie osara fabricarles ropajes.

Sin velos, como el cuerpo de una diosa serena
¡que tuviera una intensa blancura de azucena!

Desnuda, y toda abierta de par en par
¡por el ansia del amar!

(Juana de Ibarbourou)

Illustration: Pascal Renoux 

 

 

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De cet automne à l’autre (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017




    

de cet automne
à l’autre l’arbre
s’est arrêté

ni tempête ni temps

rien ne modifie
sa propre saison
dévoilée

(Silvia Baron Supervielle)

 

Recueil: Sur le fleuve
Editions: Arfuyen

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Le Rien (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



 

Gao Xingjian an

Le Rien

J’ai traversé le Rien
Aux jours de mon enfance
Déchiffrant la mort
En nos corps d’argile
Et de brièveté
J’ai récusé l’orgueil
Disloqué les triomphes
Dévoilé notre escale
Et sa précarité
Cependant j’y ai cru
A nos petites existences
A ses saveurs d’orage
Aux foudres du bonheur
A ses éveils ses percées
Ses troubles ou ses silences
A ses fougues du présent
A ses forces d’espérance
Au contenu des heures
J’y ai cru tellement cru
Aux couleurs éphémères
Aux bienfaits de l’aube
Aux largesses des nuits
Oubliant que plus loin
Vers les courbures du temps
L’explosion fugace
Ne laissera aucune trace
De nos vies consumées
Et qu’un jour notre Planète
A bout de souffle
Se détruirait

(Andrée Chedid)

Illustration: Gao Xingjian

 

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Tu peux m’appeler cygne (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017




    

Tu peux m’appeler cygne; ombre
dévoilée. Tu peux m’appeler
drap tissé d’eaux lancinantes,
corne nuptiale.
Je ne suis rien sinon sur ton corps
un éclat
de soleil, de sang ou de sel.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière solaire / Le poids de l’ombre / Blanc sur blanc
Traduction: Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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Il n’y a pas un autre monde (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2016



 

 

Il n’y a pas un autre monde,
mais le mystère de celui-ci,
voilé par le vide, dévoilé par la forme
qui le rend sensible dans l’espace vivant,
la simplicité flagrante de l’espace, à la fin,
et son inépuisable rayonnement d’énergie

(Jacques Dupin)

Illustration: Gao-Xingjian

 

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Des régions les plus lointaines de l’esprit (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2016



Des régions les plus lointaines de l’esprit
peuvent arriver des mots et des formes,
des images et des gestes,
voilés comme dans un rêve
et comme dans un rêve dévoilés ;
quand ils se rencontrent en pleine course,
et que naît l’étincelle du merveilleux,
[…]
je fixe la clarté nouvelle dans les yeux.

(Paul Celan)


Illustration: Suzanne Clairac

 

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