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Poésie

Posts Tagged ‘dialecte’

Quel repos ? (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022




    
Quel repos ? Quelle pierre
où poser sa tête ? Rien,
elle n’existe pas, cette pierre, il n’y a aucun lieu
où tu puisses demeurer. Tu dois
être. Être toujours
et rien que pour cela indéfectiblement brûler, corps et âme —
c’est ce que lui disent en se dissipant les cavernes du sommeil
où il cherchait refuge,
pour lui elles se changent en flammes.
Et lui ne se tient pas
comme il le voudrait, pas encore,
«jusqu’à quand, mon père,
réponds-moi» — ou est-ce seulement mon pauvre dialecte
et lui il resplendit
disséminé et épars dans la multitude du monde
— comme du sel ?— comme du sel et comme du sang.

***

Quale riposo ? quale pietra
su cui posare il capo ? Niente,
non c’è quella pietra, non c’è luogo
alcuno in cui tu possa stare. Devi
essere. Essere sempre
e anche solo per questo
anima e corpo indefettibilmente ardere —
gli dicono sfacendosi
le caverne del sonno
in cui cercava asilo,
gli si commutano in flamme.
E lui non si compone
corne vorrebbe, non ancora,
« fino a quando, padre mio,
rispondimi » — o è solo il mio miserabile dialetto
e lui risplende
disseminato e sparso nella moltitudine del mondo —
corne sale ? — corne sale e corne sangue.

(Mario Luzi)

Traduction de Moussia et Jean-Marie Barnaud

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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La lumière (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019


06-11-21_chemin_vers_lumiere

Le vent est dialecte
dans la nature
La lumière est langue savante

(Adonis)

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Je te comprends (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018


 


 

Ana Cruz 507_2

Je te comprends

Je te comprends
quand tu lis dans mon dos
des B.D.
masochistes
pendant que moi j’écris
de quoi remplir ma nuit
d’une paix
relative.
Je te comprends
avec tes mots croisés
ma définition
reste à perdre…
Je te comprends
quand
la nuit a vrillé
et que mes mains se crispent
comme celles
d’un
foudroyé.
Je te comprends
quand tes urgences crient
sous l’assaut
de patients
ivres morts.
Je te comprends
car nous parlons
un dialecte
une langue secrète
naufragée…

(Balbino)

Illustration: Ana Cruz

 

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PALISSADES (László Marsall)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



rosier

PALISSADES

Palissades de pieux
des incarnés

en guise de parole
dialecte du mutisme
où rien ne dit le mot

entre deux pieux
serpente une interrogation
la branche d’un rosier grimpant

c’est le monde des côtes nues
dès lors plus dissimulable
la respiration créatrice

finalement
nous coupons la rose-interrogation
trop proche de nous-mêmes

il n’est de réponse à rien.

(László Marsall)

 Illustration

 

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Chanson (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



Chanson

Un sorbier comme une fille avec du rouge aux lèvres
Entre la petite et la grande route
Les aulnes mouillés et ruisselants
Se tiennent à distance parmi les joncs.

Il y a les humbles fleurs du dialecte
Et les immortelles de l’accent parfait
Et cet instant où l’oiseau chante tout proche
De la musique des événements.

***

A rowan like a lipsticked girl.
Between the by-road and the main road
Alder trees at a wet and dripping distance
Stand off among the rushes.

There are the mud-flowers of dialect
And the immortelles of perfect pitch
And that moment when the bird sings very close
To the music of what happens.

(Seamus Heaney)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

 

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