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Poésie

Posts Tagged ‘digue’

Lindau (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



Lindau

L’hirondelle y apporte
des brins d’herbe, elle refuse que la vie passe.
Mais entre les digues, la nuit, l’eau morte
use les pierres.
Sous les torches fumeuses toujours
une ombre dérive le long des berges vides.
Dans le cercle de la place une sarabande
s’agite quand mugissent les bateaux à aubes.

***

Lindau
La rondine vi porta
fili d’erba, non vuole the la vita passi.
Ma tra gli argini, a notte, l’acqua morta
logora i sassi.
Sotto le torce fumicose sbanda
sempre qualche ombra salle prode vuote.
Nel cerchio della piazza una sarabanda
s’agita al mugghio dei battelli a ruote.

(Eugenio Montale)


Illustration

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La digue du cormoran (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020



La digue du cormoran

Il plonge et s’éclipse entre les lotus rouges,
Pour reparaître en survolant la berge claire.
Seul et droit, miroitement de plumes,
Poisson au bec, sur un vieux bout de bois.

(Wang Wei)

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Chanson dansée (Lieou Yu-Si)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



Chanson dansée

Sur le fleuve du printemps, la lune paraît, la vaste digue s’étend, tranquille.
Sur la digue, les jeunes filles se tiennent par les manches et s’avancent.
Ayant chanté toutes les chansons nouvelles, elles ne trouvent pas leurs amants.
Les nuages roses du couchant se reflètent sur les arbres, les perdrix rappellent…

(Lieou Yu-Si)

 Illustration: Harunobu Suzuki

 

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LINDAU (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



LINDAU

L’hirondelle y apporte
des brins d’herbe, elle ne veut pas que la vie cesse.
Mais entre les digues, la nuit, l’eau morte use les galets.
Sous les torches fumeuses toujours vacillent
quelques ombres sur la rive déserte.
Dans le cercle de la place une sarabande
se déchaîne au grondement des bateaux à aubes.

(Eugenio Montale)


Illustration

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Soirs de fête (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Ernest Pignon-Ernest mn

 

Soirs de fête

Je suis la Gondole enfant chérie
Qui arrive à la fin de la fête,
Pour je ne sais quoi, par bouderie,
(Un soir trop beau me monte à la tête !)

Me voici déjà près de la digue ;
Mais la foule sotte et pavoisée,
Ah ! n’accourt pas à l’Enfant Prodigue !
Et danse, sans perdre une fusée….

Ah ! c’est comme ça, femmes volages !
C’est bien. je m’exile en ma gondole
(Si frêle !) aux mouettes, aux orages,
Vers les malheurs qu’on voit au Pôle !

– Et puis, j’attends sous une arche noire….
Mais nul ne vient; les lampions s’éteignent ;
Et je maudis la nuit et la gloire !
Et ce coeur qui veut qu’on me dédaigne !

(Jules Laforgue)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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Les figures que l’arbre abrite (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



    
Les figures que l’arbre abrite dans ses branches
deviennent soudain une rafale de figures
qui bloque ou paralyse un moment
la pression des figures de l’abîme.

Ainsi des figures en captent d’autres,
tandis que le vent du soir
semble courber des éternités
et les convertir en regards du temps.

Les figures entre-temps se confondent
et il se pourrait qu’ensuite apparaissent
dans l’arbre les traits de l’abîme
et dans l’abîme les gestes de l’arbre.

Il n’est pas de lieu sans une figure.
Il n’est pas de digues contre une rafale de figures.
Et il suffit d’une seule figure
pour coloniser ce qui n’existe pas.

Il est des choses qui ne viennent de nulle part
et il en est plus encore qui ne vont nulle part.
Mais il en est d’autres qui ne sont plus nulle part.

Plus que le lieu d’une chose,
ce sont ses non-lieux
qui permettent de la situer.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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La digue aux cormorans (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



A peine plongé entre les lotus rouges,
Le voilà qui survole la berge claire:
Soudain, poisson au bec, plumes tendres,
Seul sur une branche, là, flottant.

(Wang Wei)

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Vagues (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



 

 

Vagues convulsives
vagues qui moutonnent
vagues hardies et agressives
avec une régularité de métronome
elles se suivent et s’étalent
sur le sable gris
et assaillent le rivage
qui se retranche
derrière la digue….

(Jean-Baptiste Besnard)

Le site de Jean-Baptiste ici

Illustration

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J’eusse aimé que tu me suives (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



 

feu-rouge

J’eusse aimé que tu me suives

Voulais-je que tu me suives, ou
que tu délaisses mes traces ? Au moment où
le feu est passé au rouge
j’ai traversé, voleur que pourchassaient
ses remords. J’ai laissé derrière moi
les grandes rues, j’ai filé par les sentiers
sans issue. Je me suis retrouvé
sur des ravins de soleil, et là, sur des pics
vertigineux, j’ai attendu
que les digues eussent calmé les eaux
troublées du coeur.

(Piero Bigongiari)

 

 

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Je me souviens (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration: Jean-Marie Manson
    
Je me souviens de vos plissées oreilles
Je me souviens de vos décharnées mains
Je me souviens de vos jaunis cheveux
Je me souviens de vos cassés et tristes reins

Tous les deux nous avons larges vingt ans pleins
Ma femme je te regarde avec des yeux de cent ans
Mais mes yeux se révoltent la digue des ans crève

Et je ne peux plus croire
À tes plissées oreilles
À tes décharnées mains
À tes jaunis cheveux
Aux tristes cassés reins

Puisqu’ils bougent si blancs flot de baisers germés
Aux creux de nos lits chauds sur le temps refermés.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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