Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘dilaté’

« Ne pas tenir en sa peau » (Bernard Chambaz)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018



Illustration: Malel
    
Être face au vent — debout —
au bord
du monde — le petit matin le grand
soir la route à bride
abattue — c’est
le moment ou jamais
de penser aux joies actives
que je distinguerai modérément des joies
passives —
baies de genévriers avalées d’une traite —
« ne pas tenir en sa peau »
autrement dit — être en extrême joie —
le présent dilaté
à l’extrême

(Bernard Chambaz)

 

Recueil: Etc.
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les chemins mènent tous au secret (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les chemins mènent tous au secret.
Ils s’infléchissent à quelque tournant,
on marche ainsi en pays réel
et puis soudain hors du temps mesurable.

On se retrouve enrichi de quelque épaisseur de vie étrange
comme si l’on avait déjà vécu plusieurs existences.

Pays à la brisure du crépuscule
comme s’il voulait signifier qu’il est tard
mais toujours temps.

On ramène alors de ces sortes de regards, de ces voyages,
la connaissance de l’être dilaté,
perméable au possible, un réel annexé, magnifié.

Dans ces randonnées en pays de vertige,
toujours hâtives, on grandit.

Il reste de ces fulgurations une ivresse toujours plus menaçante,
une drogue plus exigeante qui demande, au péril de la vie,
toujours plus d’audace.

C’est la vie multipliée dans les humbles choses
qui débouchent sur la largesse et l’illumination.

Alors le respect devient amour.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pantin disloqué (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



Pantin disloqué

Pantin disloqué, tu t’agites, maintenant,
tu t’agites dans le lit du malheur, imbécile imprudent. –

Le privilège de vivre
inouï dilaté
vacant suspendu dans le temps

Plus de demain
Plus de missions
Je n’ai pas d’origine
Je ne me rappelle plus mes épaules
Où donc le dispositif pour vouloir ?
Rien
Seulement
Rien
(Vers la complétude)

Puis du temps.
Rien que du temps.
Du temps coulait, du temps sans aucun accompagnement.
Puis un vent léger, le vent qui a passé sur des ruines.
C’était fini.
(situations étranges)

(Henri Michaux)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration: Eve Carton

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je suis en tout (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2016



Je suis en tout, tout est en moi,
Hors de moi, il n’y a rien.

Je me suis dilaté à la mesure des trois mondes,
Et la transmigration est le jeu que je joue…

Les six systèmes ne décrivent que mon vêtement :
Je suis transcendant, sans formes ni division.

Je me suis donné à moi-même le nom de Kabîr,
Moi-même, j’ai donné cette manifestation de moi-même.

(Kabîr)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu as le coeur lourd (Sandra Lillo)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2016



Tu as le coeur lourd des années dilatées
d’attente

Le calme du soir est trompeur quand
tu fermes les yeux

Oubliés la nuit les chagrins de la veille
surgissent

avec l’affront des vivants devant les corps
blessés qui ne savent plus dire

(Sandra Lillo)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :