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Posts Tagged ‘dimanche’

UN DIMANCHE DE FIN DE VACANCES (Jan Skacel)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
UN DIMANCHE DE FIN DE VACANCES

Des choses merveilleuses se passent dans le ciel
et dans le jardin
les petites filles jouent à la poupée
Un garçon saute à la corde
La corde de chanvre détoure une sphère
l’enfant est complètement dedans

Derrière la clôture le vent annonce l’automne
Le sifflement du chanvre
tranche l’air et grésille
comme le silence au-dessus du cimetière des insectes

(Jan Skacel)

 

Recueil: Millet Ancien
Traduction: Yves Bergeret & Jiri Pelan
Editions: Atelier la Feugraie

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La vieille calèche au fond de la grange (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



la vieille calèche au fond
de la grange est pourrie
comment se souvenir
des dimanches des rires
de filles et puis du temps
qui tournait avec ses roues
sur le pavé cahotant
chanté par l’accordéon ?

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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Noël (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



Noël

Le ciel neige au fond du jour
deux dimanches dans la semaine
c’est trop au coeur au coeur en peine
deux dimanches et mes amours.

(Armand Lanoux)

Illustration: Raymond Peynet

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LE MUR DE LA SANTÉ (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



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LE MUR DE LA SANTÉ

Le mur de la Santé est le plus beau du monde.
L’eau avare qui suinte à son pied est limpide
Comme un lac de montagne où les oiseaux du ciel
Vont tracer sur l’ennui leur grand deleatur.

Le mur de la Santé est le plus haut des murs,
Mais la rose du rêve est piquée à son flanc ;
Ces graffiti de sang ont la couleur du temps,
Du temps qui fuit, du temps qui dort, du temps perdu,
Du temps que nous vivons, du temps qui vit sans nous.

Le mur de la Santé est le plus vieux du monde.
Le nom de mes amours en dentelle de suie
Dans le dessin d’un coeur percé y meurt et brille.

Le mur de la Santé est le plus grand des murs.
Les longs cheveux du vent effacent la brûlure
Des évasions manquées. C’est dans le souvenir
Que s’ouvrent les battants des portes de prison
Sur les champs de blé roux au bas d’un paysage
Signé par le soleil : Vincent en toutes lettres.
Mais on dit que Vincent est mort fou à Auvers.

Le mur de la Santé n’est saoul que le dimanche.
C’est un dimanche aussi que j’écris ce poème,
Avec le sang qui naît de sa main, mal fermée
Sur la vie, et son ombre endormie à mes pieds.

(Albert Ayguesparse)

 

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La messe (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



Louis Janmot

    

La messe

Dimanches des vivants !

L’aube de la fête
fait trembler dans le sein
du frais jouvenceau
un brin d’herbe fraîche.

Dimanches de l’âme !

Quelle fièvre, quelle douleur
pour les vivants exposés
au soleil qui resplendit
sur la fraîcheur des cheveux.

Dimanches d’amour !

Il tremble de honte
pour l’amour découvert
dans sa blanche chemise
et ses pupilles ardentes.

Dimanches de Dieu !

***

La Messa

Domeniche dei vivi !

L’alba della festa
fa tremare nel seno
del.fresco giovinetto
un filo d’erba fresca.

Domeniche dell anima !

Che febbre, che dolore
esser vivi e mostrarsi
al sole che risplende
sopra i freschi capelli.

Domeniche d’aurore !

Egli è tutto vergogna
per l’aurore scoperto
nella bianca carnicia
e le pupille ardenti.

Domeniche di Dio !

(Pier Paolo Pasolini)

 

Recueil: Poèmes de jeunesse et quelques autres
Traduction: Nathalie Castagné et Dominique Fernandez
Editions: Gallimard

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ON M’A DONNE (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2018



ON M’A DONNE

On m’a donné des yeux et l’on m’a dit regarde
J’ai eu beau regarder je n’ai rien entrevu
On m’a donné un coeur et l’on m’a dit prends garde
J’ai eu beau prendre garde un jour je l’ai perdu
On m’a donné l’amour, hélas! je le regrette
Car il s’en est allé, depuis je n’y crois plus
On m’a donné un corps mais j’ai perdu la tête
Et j’ai donné mon corps à bien des inconnus
On m’a donné, on m’a donné bien plus.

On m’a donné des rêves pour que mes nuits soient pures
Mais ces rêves ne sont que de longs cauchemars
On m’a donné des lèvres afin qu’elles murmurent
Elles n’ont jamais dit que des mots sans espoir
On m’a donné des larmes pour mes joies et souffrances
Je ne pleure jamais car mon coeur est de bois
On m’a donné aussi, en plus, une conscience
Mais au fond de moi-même je n’entends pas sa voix.
On m’a donné, on m’a donné, pourquoi ?

On m’a donné des livres afin que je les lise
Mais je les ai brûlés sans les avoir ouverts
On m’a donné des mains pour les joindre à l’église
Mais qui sait si j’irai au ciel ou en enfer
On m’a donné une âme pour la garder bien blanche
Mais j’ai vendu mon âme au diable un beau matin
On m’a donné la vie pour me faire des dimanches
Mais j’ai gâché la vie que j’avais dans mes mains.
On m’a donné, on m’a donné, en vain.

(Charles Aznavour)

 

 

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Complainte d’un certain dimanche (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



Complainte d’un certain dimanche

L’homme n’est pas méchant, ni la femme éphémère.
Ah! fous dont au casino battent les talons,
Tout homme pleure un jour et toute femme est mère,
Nous sommes tous filials, allons!
Mais quoi! les Destins ont des partis-pris si tristes,
Qui font que, les uns loin des autres, l’on s’exile,
Qu’on se traite à tort et à travers d’égoïstes,
Et qu’on s’use à trouver quelque unique Évangile.
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Moi je veux vivre monotone.

Dans ce village en falaises, loin, vers les cloches,
Je redescends dévisagé par les enfants
Qui s’en vont faire bénir de tièdes brioches;
Et rentré, mon sacré-coeur se fend!
Les moineaux des vieux toits pépient à ma fenêtre,
Ils me regardent dîner, sans faim, à la carte;
Des âmes d’amis morts les habitent peut-être ?
Je leur jette du pain : comme blessés, ils partent!
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Moi je veux vivre monotone.

Elle est partie hier. Suis-je pas triste d’elle?
Mais c’est vrai ! Voilà donc le fond de mon chagrin!
Oh! ma vie est aux plis de ta jupe fidèle!
Son mouchoir me flottait sur le Rhin….
Seul. — Le Couchant retient un moment son Quadrige
En rayons où le ballet des moucherons danse,
Puis, vers les toits fumants de la soupe, il s’afflige…
Et c’est le Soir, l’insaisissable confidence…
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Faudra-t-il vivre monotone?

Que d’yeux, en éventail, en ogive, ou d’inceste,
Depuis que l’Être espère, ont réclamé leurs droits!
Ô ciels, les yeux pourrissent-ils comme le reste?
Oh! qu’il fait seul! oh! fait-il froid!
Oh! que d’après-midi d’automne à vivre encore!
Le Spleen, eunuque à froid, sur nos rêves se vautre!
Or, ne pouvant redevenir des madrépores,
Ô mes humains, consolons-nous les uns les autres.
Et jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Tâchons de vivre monotone.

(Jules Laforgue)


Illustration

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Dans un petit bateau (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018



Dans un petit bateau
Une petite dame
Un petit matelot
Tient les petites rames

Ils s’en vont voyager
Sur un ruisseau tranquille
Sous un ciel passager
Et dormir dans une île

C’est aujourd’hui Dimanche
Il fait bon s’amuser
Se tenir par la hanche
Echanger des baisers

C’est ça la belle vie
Dimanche au bord de l’eau
Heureux ceux qui envient
Le petit matelot

(Robert Desnos)

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L’ÉCOLIER (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



Illustration: Robert Doisneau
    
L’ÉCOLIER

J’écrirai le jeudi j’écrirai le dimanche
quand je n’irai pas à l’école
j’écrirai des nouvelles j’écrirai des romans
et même des paraboles
je parlerai de mon village je parlerai de mes parents
de mes aïeux de mes aïeules
je décrirai les prés je décrirai les champs
les broutilles et les bestioles
puis je voyagerai j’irai jusqu’en Iran
au Tibet ou bien au Népal
et ce qui est beaucoup plus intéressant
du côté de Sirius ou d’Algol
où tout me paraîtra tellement étonnant
que revenu dans mon école
je mettrai l’orthographe mélancoliquement

(Raymond Queneau)

 

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Encore un dimanche à rêver (Hélène Cadou)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018




Encore
Un dimanche à rêver
Sur les collines

Encore
Au jardin
L’ombre du frêne

Et la longue lecture
Des riches heures
De l’été

Quand le monde à notre porte
Nous verse en milliers d’éclats

Sa beauté.

(Hélène Cadou)

Illustration: Geneviève Peyrade

 

 

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