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Retouche au poète (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



 

retouche au poète

vers le dernier rectangle de silence
son chien rassemble et dirige les mots

(Daniel Boulanger)

 

 

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Muse (Taras Chevtchenko)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2020



Illustration: Taras Chevtchenko

    

Muse

Ô toi, pure et sainte,
Toi, sœur de Phébus bien-aimée !
Tu m’as pris sur ta poitrine
Et porté à travers champ.
Et sur une tombe tu m’as déposé
Tel un thuya en pleine croissance,
D’un brouillard, tu m’as recouvert.
Et tu m’as réveillé et tu as chanté
Et la magie a agi … Et moi…
Ô mon enchanteresse !
Tu m’as secouru partout,
Tu as pris soin de moi toujours.
Dans la steppe, la steppe désertique,
Dans ma longue captivité,
Tu as illuminé fièrement
Comme une fleur dans un champ !
De mon odieuse caserne
Pur, saint
L’oiseau s’est envolé
Et avec moi
Tu es sorti et tu as chanté
Toi, d’or …
Comme de l’eau vive
Tu as lavé mon âme.
Et je vis, et au-dessus de moi
De toute ta beauté divine
Tu illumines, tendre
Etoile magnifique !
Qui me guide depuis toujours !
Ne me quitte pas. La nuit
Le jour et le soir, et à l’aube
Sois toujours à mes coté, dirige-moi,
Apprends à mes lèvres
A ne dire que la vérité. Aide moi
Pour que ma prière arrive à destination.
Et si je meurs, mon saint !
Ma mère ! Mettez
Votre fils dans son petit cercueil
Et qu’au moins une larme
Sorte de tes yeux immortels.

***

Муза

А ти, пречистая, святая,
Ти, сестро Феба молодая!
Мене ти в пелену взяла
І геть у поле однесла.
І на могилі серед поля,
Як тую волю на роздоллі,
Туманом сивим сповила.
І колихала, і співала,
І чари діяла… І я…
О чарівниченько моя!
Мені ти всюди помагала,
Мене ти всюди доглядала.
В степу, безлюдному степу,
В далекій неволі,
Ти сіяла, пишалася,
Як квіточка в полі!
Із казарми нечистої
Чистою, святою
Пташечкою вилетіла
І понадо мною
Полинула, заспівала
Ти, золотокрила…
Мов живущою водою
Душу окропила.
І я живу, і надо мною
З своєю божою красою
Гориш ти, зоренько моя,
Моя порадонько святая!
Моя ти доле молодая!
Не покидай мене. Вночі,
І вдень, і ввечері, і рано
Витай зо мною і учи,
Учи неложними устами
Сказати правду. Поможи
Молитву діяти до краю.
А як умру, моя святая!
Моя ти мамо! положи
Свого ти сина в домовину
І хоть єдиную сльозину
В очах безсмертних покажи.

***

Musa

Você, puro e santo,
Você, amada irmã de Phoebus!
Você me pegou no seu peito
E transportado pelo campo.
E em um túmulo você me depositou
Como um thuja em pleno crescimento,
De um nevoeiro, você me cobriu.
E você me acordou e cantou
E a mágica agiu … E eu …
Ó minha feiticeira!
Você me salvou em todos os lugares
Você cuidou de mim sempre.
Na estepe, o estepe do deserto,
No meu longo cativeiro,
Você tem orgulhosamente iluminado
Como uma flor em um campo!
Dos meus quarteis odiosos
Puro, santo
O pássaro voou para longe
E comigo
Você saiu e cantou
Você, ouro …
Como a água viva
Você lavou minha alma.
E eu vivo e acima de mim
Com toda sua beleza divina
Você ilumina, doce
Bela Estrela!
Quem sempre me guiou
Não me deixe. Noite
Dia e noite e ao amanhecer
Que você está sempre ao meu lado, me direcione,
Aprende aos meus lábios
Para dizer a verdade. Me ajude
Para minha oração chegar ao seu destino.
E se eu morrer, meu santo!
Minha mãe! Por favor coloque
Seu filho em seu pequeno caixão
E que pelo menos uma lágrima
Sair de seus olhos imortais.

(Taras Chevtchenko)

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Ukrainien / Portugais Jacky Lavauzelle
Editions:

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le laboureur (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018




    
Carré SATOR 

le laboureur à sa charrue dirige les travaux

***

SATOR
AREPO
TENET
OPERA
ROTAS

(Anonyme)

 

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MUSIQUE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



MUSIQUE

Moins qu’une chanson,
Pas une voix,
Ni aucun air arrangé d’avance;
Un son frais
Qui coule tout seul
Comme le son d’une flûte
Qu’on aurait
Perdue en forêt
Et qui laisserait
Couler sa musique
À sa façon,
Sans façon
Et sans air,
Maintenant qu’aucune lèvre
Ne la dirige
Et que toute la forêt
La prie
De dire ce qu’elle a
De musique au cœur,
Au cœur
Et bien plus loin que le cœur,
Là où c’est sourd et plein,
Mystère et inconscience.
Moins qu’une chanson;
Un son frais
Qui coule tout seul
Comme le son d’une flûte
Qu’on aurait
Perdue en forêt.

(Anne Hébert)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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RETOUR (Salvador Espriu)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
RETOUR

L’archer dirige
le noble vol harmonique
de la flèche.
Fidèle au temps, je retourne
à ma silencieuse origine.

***

RETORN

L’arquer governa
el noble vol barmònic
de la sageta.
Fidel al temps, retorno
al meu callat origen.

(Salvador Espriu)

 

Recueil: Cimetière de Sinera
Traduction: Mathilde et Albert Bensoussan et Denise Boyer
Editions: Ibériques

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LE SIGNE (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




    
LE SIGNE

Signe, étoile au creux de ma main
Que je cache et que je retiens.
Pour quelle profonde aventure
Quel navire diriges-tu?
Verrai-je un jour son équipage
Et toucherai-je ses cordages?
Donnez-moi vite ces hublots
Pour que j’y passe un peu la tête,
Timon, filins et matelots,
Tout ce qu’il faut dans la tempête
Aveugle étoile, chaude et douce,
Par un clin d’oeil ou quelque mousse
Descendu d’un mât dans les nues
Réponds-moi que tu m’as compris,
Étoile, larcin que je fis
Un jour, au plus fort du sommeil,
Aux nuits mangeuses de soleil.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Coeur brisé (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018



coeur_brisé

Que vers un coeur brisé
Nul autre ne se dirige
Sans le haut privilège
D’avoir lui-même aussi souffert.

***

Unto a broken heart
No other one may go
Without the high prerogative
Itself hath suffered too.

(Emily Dickinson)

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LA DOUCEUR DE L’ANGÉLUS… (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Salvador Dali
    
LA DOUCEUR DE L’ANGÉLUS…

La douceur de l’angélus matinal et divin
que dispensent d’ingénues cloches provinciales,
dans l’air innocent, avec la force des pétales,
des prières, des visions virginales et des refrains

du rossignol, s’opposant en tout au rude destin
qui en Dieu ne croit pas… La pelote du jour en déclin
que le soir dévide derrière d’opaques cristaux
pour tisser d’une seule pièce l’étoffe de nos maux,

tout entiers faits de chair et parfumés de vin…
Et cette atroce amertume de n’avoir point de goût,
de ne pas savoir vers où diriger notre proue,

tandis que le pauvre esquif dans la nuit calfeutrée,
avance sur les vagues hostiles et de l’aurore privé…
(O cloches suaves, que l’aube fasse son entrée !)

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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J’ai déjoué (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



Illustration
    
J’ai déjoué

J’ai déjoué les pièges de l’aurore
et me voici tout nu comme autrefois,
si glorieux d’appartenir au monde
et de pouvoir le quitter quand je veux.

Je vous rends grâce, ô monde enténébré
qui m’accueillez avec quelques lumières,
de diriger mes pas vers la musique.
Sans que je danse elle danse avec moi.

Je n’ai plus peur. J’ai rencontré le feu.
Il me réchauffe et ne me brûle pas.
Qu’un froid m’habite et j’habite le froid.
Je reçois tout dès lors que je me donne.

Leçon de joie et leçon de ténèbres,
tout est ouvert et la souffrance même,
je la reçois en mes mains comme pluie.
J’invente un jour à couleur de mes larmes.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Je ne lis pas (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018




    
Je ne lis pas

Je ne lis pas un livre, je suis lu
par tous les mots qui récitent ma vie.

Si je me tais, j’entends chanter ma voix
dans un silence où l’inconnu me parle.

Je n’écris pas, je suis une écriture
qui me dirige au-delà de mon corps.

Et quand le feu lèche et brûle ma page,
je suis le lieu de mon autodafé.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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