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Poésie

Posts Tagged ‘disciple’

Madeleine hurlait (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Illustration: Jean-Georges Cornélius
    
Madeleine hurlait, sanglotait,
Le disciple favori devenait pierre,
Mais personne n’osa regarder
Là où muette se dressait la Mère.

(Anna Akhmatova)

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« Tu ne devrais pas » (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


priere

Viens un temps où mendier s’interrompt,
Lorsque les lèvres qui depuis si longtemps intercédaient
Découvrent que leur prière est vaine.
« Tu ne devrais pas » est un coup d’épée plus tendre
Qu’un Dieu déçu disant
« Disciple, prie encore ».

***
There comes an hour when beggin stops,
When the long interceding lips
Perceive their prayer is vain.
« Thou shalt not » is a kinder sword
Than from a disappointing God
« Disciple, call again ».

(Emily Dickinson)

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ASCÈSE VERS L’INVISIBLE (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2018



 

Remedios Varo Uranga_Création de l’artiste suivant les vibrations du violon de son cœur [1280x768]

ASCÈSE VERS L’INVISIBLE

Voyageur immobile autour de l’écritoire
j’entrevois un sage — silhouette voûtée —
en marche pas à pas vers son aire sacrée
il sait qu’il s’effondrera avant de l’atteindre
portant il continue de pousser son corps
entre appel du gouffre et cognements des artères

Il rêve du compagnonnage d’un disciple
sur l’épaule duquel il pourrait s’appuyer
aux moindres défaillances du coeur ou des muscles
qui saurait lire la graphie des chemins
et décrypter la connivence des étoiles

Mais il va seul vers une improbable rencontre
ses forces s’épuisent sa vue baisse il ne sait
qui il est qui l’attend le surveille invisible
lui adresse des signes qu’il ne voit pas
dans la solitude qui précède la mort

Sur sa dépouille vont s’acharner les rapaces

(Jean-Claude Xuereb)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

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Au bois joli (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Au bois joli

L’arbre ne va pas à l’école
L’arbre ne va pas à la guerre
L’arbre se plaît là où il est
L’arbre ne fait pas de tourisme
L’arbre ne va pas au travail
L’arbre ne prend pas de vacances
Il accepte le temps qu’il fait
L’arbre prend le temps comme il vient
Et l’arbre ne se plaint de rien.

L’arbre monte à la lumière et creuse vers l’antipode.
Ni maître, ni disciple, ni patron, c’est l’arbre.
Arbre appelle oiseau, nid, hamac, écureuil.
L’automne le décoiffe, il se découvre même pour saluer
l’hiver.

On s’imagine qu’il a élu là sa racine de toute éternité.
On pense toujours qu’il ne passera pas l’hiver.
Mais il n’empêche, c’est lui qui nous enterre.
L’arbre, il lui faut un siècle pour se faire.
Au bipède déprédateur, il suffit d’une minute pour
l’assassiner, d’un déjeuner d’affaires, d’un conseil
d’administration pour organiser le massacre des arbres.
Si les hommes savaient comme il s’en moque, l’arbre !
Lui qui fera de l’ombre sur leurs marbres.

L’arbre ne fait pas le mal, l’arbre ne fait pas d’argent,
l’arbre ne fait pas d’histoire, l’arbre ignore la colère,
la fatigue, le sommeil.
Flammèches chlorophyliennes, éphéméride végétal,
confident du temps.
Philosophie de son mutisme, lui le télépathe du ciel, le
vigilant guetteur des vents.

Arbre mon ami, arbre au coeur secret, mon voisin discret,
il faut te couper pour savoir ton âge.
Arbre du cercueil, ta sève vaut notre sang.
L’arbre est innocent.
Même si l’animal vertical l’a destiné aux bois de justice,
aux croix, aux poteaux d’exécution, aux gibets, aux pals,
aux garrots, aux cages, aux clôtures, aux piloris, aux
crosses, aux échafauds, aux miradors, aux palissades,
aux bâtons, aux triques, aux baguettes de tambour, aux
matraques, aux carcans.

Ô la tristesse des feux de joie !
L’arbre est éponge, humus, poumon, calendrier, livre,
ombre et lyre.
L’arbre habille le globe de sa robe oxygène.
L’arbre c’est la paix, la fidélité, froufrou du silence, un
bloc de patience, la stabilité, le gnomon des jours.
L’arbre fait la vie.
Et l’arbre sait se taire.

L’arbre
libre.

(Bernard Lorraine)

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Dialogue (Umberto Eco)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
Dialogue entre le maitre Yaoshan et un disciple
qui lui demandait ce qu’il faisait assis, les jambes croisées.

Réponse : « Je pensais à ce qu’il y a au-delà de la pensée. »

Question : « Mais, comment peux-tu penser à ce qui est au-delà de la pensée ? »

Réponse : « En ne pensant pas. »

(Umberto Eco)

 

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Et cela suffisait (Tradition Hassidique)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018




    
Quand le grand rabbin Israël BaalShem-Tov pensait qu’une menace se profilait contre le peuple juif,
il avait coutume d’aller concentrer son esprit en certain lieu du bois;
là, il allumait un feu, récitait certaine prière et le miracle s’accomplissait : le danger était écarté.

Plus tard, quand son disciple, le célèbre Maguid de Mezeritsch, devait implorer le ciel pour les mêmes raisons,
il accourait au même endroit et disait :
« Maître de l’Univers, écoute-moi. Je ne sais comment allumer le feu, mais je suis encore capable de réciter la prière. »
Et le miracle s’accomplissait.

Plus tard, le rabbin Mosh-Leib de Sassov allait également au bois pour sauver son peuple, et il disait :
« Je ne sais comment allumer le feu, je ne connais pas la prière,
mais je peux me placer à l’endroit propice et cela devrait suffire. »
Et cela suffisait, et le miracle s’accomplissait.

Ensuite, c’est au rabbin Israël de Rizsin qu’il revint d’éloigner la menace.
Assis dans son fauteuil, la tête entre les mains, il parlait à Dieu en ces termes :
« Je suis incapable d’allumer le feu, je ne connais pas la prière, je ne puis même pas trouver le lieu du bois.
Tout ce que je sais faire, c’est raconter cette histoire. Cela devrait suffire. »
Et cela suffisait.

Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires. »

(Tradition Hassidique)

 

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Les grands jours du poète (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018



 

Bouee-sauvetage

Les grands jours du poète

Les disciples de la lumière n’ont jamais inventé que des ténèbres peu opaques.
La rivière roule un petit corps de femme et cela signifie que la fin est proche.
La veuve en habits de noces se trompe de convoi.
Nous arriverons tous en retard à notre tombeau.
Un navire de chair s’enlise sur une petite plage. Le timonier invite les passagers à se taire.
Les flots attendent impatiemment Plus Près de Toi ô mon Dieu!
Le timonier invite les flots à parler. Ils parlent.
La nuit cachette ses bouteilles avec des étoiles et fait fortune dans l’exportation.
De grands comptoirs se construisent pour vendre des rossignols. Mais
ils ne peuvent satisfaire les désirs de la Reine de Sibérie qui veut un rossignol blanc.
Un commodore anglais jure qu’on ne le prendra plus à cueillir la sauge
la nuit entre les pieds des statues de sel.
A ce propos une petite salière Cérébos se dresse avec difficulté sur ses
jambes fines. Elle verse dans mon assiette ce qu’il me reste à vivre.
De quoi saler l’Océan Pacifique.
Vous mettrez sur ma tombe une bouée de sauvetage.
Parce qu’on ne sait jamais.

(Robert Desnos)

 

 

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Regard perdu des falaises (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018




    

regard perdu des falaises
quand pourrons-nous d’un souffle entier
plonger jusqu’à ton spasme blanc
l’été liturgiquement nu
sculptera ses lourds nuages
l’herbe enfin nous voudra pour disciples

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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La fraîcheur des mots, le sentiment simple (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017


 

La fraîcheur des mots, le sentiment simple,
Si nous les perdions, nous deviendrions
Des peintres sans yeux, des acteurs sans voix,
De belles femmes sans beauté.

Mais ne tente pas de garder pour toi
Ce dont les Cieux t’ont fait présent.
Nous sommes condamnés – nous le savons –
A dissiper, et non à amasser.

Marche tout seul et guéris les aveugles,
Pour éprouver quand vient l’heure du doute,
La raillerie méchante des disciples
Et l’indifférence de la foule.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Alex Alemany

 

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C’est la miséricorde (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    

C’est la miséricorde de mon vrai Maître
qui m’a fait connaître l’inconnu.

J’ai appris de Lui à marcher sans pieds, à voir sans yeux,
à entendre sans oreilles, à boire sans lèvres, à voler sans ailes.
Dans le pays où il n’y a ni soleil ni lune, ni nuit, ni jour,
j’ai aimé et j’ai médité.
Sans manger j’ai goûté la douceur du nectar;
sans eau j’ai étanché ma soif.

La joie partagée est la plénitude de la joie.
Devant qui pourrait-on jamais l’exprimer ?

Kabîr dit : « Mon Maître est plus grand que les mondes
et grande est la bonne fortune de son disciple. »

(Kabîr)

 

 

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