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Poésie

Posts Tagged ‘disgrâce’

Ombres blanches (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



Illustration: Alain Marbezy
    
Ombres blanches
D’un théâtre délabré

Elles sont là
À tous vents
En chemise et
En cheveux

Les trois disgrâces

La vieillesse
La maladie
La mort

Toujours à me filer le train
Les garces

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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SUR MON LIT DE MALADE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018




SUR MON LIT DE MALADE

Dans la pure lumière de l’aube qui point
je vis l’Univers ceint de la Couronne de Paix.
De leur tête inclinée les arbres lui donnaient leur bénédiction.
Solidement établie au coeur de l’Univers, la Paix
se garde elle-même à travers les luttes et la douleur au long des âges.
Dans ce monde tourmenté, elle se manifeste chaque jour, à l’aube et au crépuscule.

O Poète, héraut du Bien,
tu as sûrement reçu son invitation.
Si, ignorant son appel,
tu deviens le porte-parole du désespoir,
l’émissaire de la difformité,
si tu joues faux sur une harpe cassée,
défigurant l’éternelle vérité de l’Univers,
alors pourquoi as-tu été mis au monde ?
Dans les rizières pourquoi laisse-t-on les chardons prospérer,
pour insulter la faim de l’Homme ?

Si le malade considère la maladie comme l’ultime vérité,
mieux vaut mourir en silence.
Le poète dans l’Homme devrait-il ne devenir qu’objet de disgrâce
en suivant les sentiers d’une imagination sans pudeur,
et mettant un masque éhonté
devrait-il ternir l’éclat de la figure humaine ?

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Alex Alemany

 

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DISGRACE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Illustration: Goyō Hashiguchi
    
DISGRACE
Inconnu

Mon âme est comme dissoute,
tant j’ai laissé couler de larmes, sur ma couverture de gaze ;
et la cruelle insomnie ne me laisse pas rêver.

Malgré la nuit avancée, une musique et des chants,
retentissent dans un pavillon, proche du mien.
Mon teint n’est pas fané encore…

Pourquoi donc l’Empereur ne m’aime-t-il plus ?…
Ainsi, jusqu’au jour, douloureusement,
je m’interroge, assise auprès du brasero…

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Les muses (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Abdalieva Akzhan -  19

Les muses

Elles passent dans notre vie
Elles s´endorment dans nos lits
Nos amantes nos égéries
Les Muses

Qu´elles soient là pour un soir
Un mois un an ou pour toujours
Elles s´offrent avec amour
Les Muses

Elles se laissent regarder
Elles se laissent dénuder
Et nous donnent bien des idées
Les Muses

Elles hantent tous nos couplets
Nos guitares
Nos chevalets
Et font de nous ce qui les amuse

Par elles naissent des chansons
Des vagues à l´âme des passions
Des bonheurs et des grands frissons
Les Muses

Elles se laissent regarder
Elles se laissent dénuder
Et nous donnent bien des idées
Les Muses

Si par disgrâce elles s´enfuient
On peut sombrer dans l´insomnie
Le désert le vice et l´ennui
Qui usent

Mais à nous voir désespérés
Prises de remords et de regrets
Elles reviennent nous inspirer
Les Muses

Elles se laissent regarder
Elles se laissent dénuder
Elles nous donnent bien des idées
Les Muses

C´est à elles que je dédie
Ces mots cette mélodie
A mes amantes mes amies
Les Muses

(Georges Moustaki)

Illustration: Abdalieva Akzhan

 

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Ce soir mon amour (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Kathryn Jacobi 09

Ce soir mon amour

Ce soir mon amour je ne t´aime plus
Tu es plus loin que la distance qui nous sépare
Et d´autant plus absente que tu n´es nulle part
Plus étrangère que la première venue

Ce soir mon amour je ne te cherche plus
Parmi mes souvenirs au fond de ma mémoire
Je ne t´attends plus sur le quai d´aucune gare
Je me souviens à peine t´y avoir attendue

Je sais que nous buvions du vin après l´amour
Que nos nuits commençaient quand se levait le jour
Comme un torrent d´ébène tes cheveux sur ton cou
Et ton regard meurtri quand tu fais les yeux doux

Ce soir mon amour je ne te trompe plus
Avec cette fille qui dort à mes côtés
J´étais seul je lui ai demandé de rester
Je suis seul très souvent et je m´y habitue

Ce soir mon amour tu ne me manques plus
Tu ne me manques pas il me manque d´aimer
De ne plus être inutile inanimé
De n´avoir rien à perdre et d´avoir tout perdu

Je connais ta folie je connais ta pudeur
Je sais qu´on se ressemble comme frère et sœur
Je connais ton odeur je connais ton parfum
Je te connais par cœur et je ne sais plus rien

De toi mon amour que je n´aime plus
Sans arriver à me sentir enfin libre
Pareil à un danseur qui perdrait l´équilibre
Comme un prince en disgrâce comme un ange déchu

(Georges Moustaki)

Illustration: Kathryn Jacobi

 

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Chanson dernière (Miguel Hernandez)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



Chanson dernière

Peinte, pas vide:
peinte est ma maison
de la couleur des grandes
passions et disgrâces.

Elle reviendra des pleurs
où elle fut conduite
avec sa table déserte,
avec son lit en ruine.

Fleuriront les baisers
sur les oreillers.

Et autour des corps
s’envolera le drap
son lierre puissant
nocturne, parfumé.

La haine s’amortit
derrière la fenêtre.

Ce sera la douce griffe.

Laissez-moi l’espérance.

(Miguel Hernandez)

Illustration: Evgeni Gordiets

 

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Supporte la disgrâce d’un cours égal (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



Supporte la disgrâce
D’un cours égal.
Accepte l’adversité
comme inséparable
de la condition humaine.

Que faut-il comprendre par
Supporte la disgrâce d’un cours égal ?

La disgrâce n’est pas pire
que la faveur.
Toutes deux engendrent la crainte.
Ne soit donc affecté
ni par la perte
ni par le gain.

Que faut-il comprendre par
L’adversité est inséparable
de la condition humaine ?

L’homme a un corps,
c’est pourquoi
le malheur a prise sur lui.
S’il n’en possédait point,
quel événement
pourrait le frapper ?

C’est pourquoi,
à celui qui se soucie des autres
autant que de lui-même
on peut confier le monde.

Seul celui qui aime les autres
autant que lui-même
est digne de les gouverner.

(Lao Tseu)

Illustration: Cristina Pérez de Villar

 

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MOI L’OCÉAN (René Guyomard)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2015



 

MOI L’OCÉAN

Moi l’Océan, sans but, sans repos, sans mémoire
J’efface le chemin des saisons et des mois,
Saoul de mes profondeurs, et nocturne est ma gloire
Et mes flots refermés n’entendent que leur voix.

Quand aux flancs du matin, tout armé, je m’élance,
Une sûre défaite enflamme mon plaisir.
Brisez en mille éclats les murs de mon silence
Et l’ombre des oiseaux si fragile à saisir,

Beaux astres inouïs éclos à ma ceinture.
Je fais de chaque instant la plus vaine aventure ;
Je suis le pouls hardi d’un vaste nulle part

Mais aux midis chargés d’une lente disgrâce
Quand monte une méduse et son soleil hagard
Oh le ciel reposé contre moi face à face !

(René Guyomard)

 

 

 

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