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Poésie

Posts Tagged ‘disloquer’

La réalité (René Char)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2019



La réalité
sans l’énergie disloquante de la poésie,
qu’est-ce?

(René Char)

Illustration: Jean Paul Avisse

 

 

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LE RIEN (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



 

Agim Sulaj e37

LE RIEN

J’ai traversé le Rien
Aux jours de mon enfance
Déchiffrant la mort
En nos corps d’argile
Et de brièveté
J’ai récusé l’orgueil
Disloqué les triomphes
Dévoilé notre escale
Et sa précarité

Cependant j’y ai cru
A nos petites existences
A ses saveurs d’orage
Aux foudres du bonheur
A ses éveils ses percées
Ses troubles ou ses silences

(Andrée Chedid)

Illustration: Agim Sulaj

 

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Epreuves du Poète (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018


mystere

En ce monde
Où la vie
Se disloque
Ou s’assemble
Sans répit

Le poète
Enlace le mystère
Invente le poème
Ses pouvoirs de partage
Sa lueur sous les replis.

(Andrée Chedid)

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LES MENDIANTS (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018


 


LES MENDIANTS  mendiant  5_p

 

LES MENDIANTS

Les jours d’hiver quand le froid serre
Le bourg, le clos, le bois, la fange,
Poteaux de haine et de misère,
Par l’infini de la campagne,
Les mendiants ont l’air de fous.

Dans le matin, lourds de leur nuit,
Ils s’enfoncent au creux des routes,
Avec leur pain trempé de pluie
Et leur chapeau comme la suie
Et leurs grands dos comme des voûtes
Et leurs pas lents rythmant l’ennui ;
Midi les arrête dans les fossés
Pour leur repas ou leur sieste ;
On les dirait immensément lassés
Et résignés aux mêmes gestes ;
Pourtant, au seuil des fermes solitaires,
Ils surgissent, parfois, tels des filous,
Le soir, dans la brusque lumière
D’une porte ouverte tout à coup.

Les mendiants ont l’air de fous.

Ils s’avancent, par l’âpreté
Et la stérilité du paysage,
Qu’ils reflètent, au fond des yeux
Tristes de leur visage ;
Avec leurs hardes et leurs loques
Et leur marche qui les disloque,
L’été, parmi les champs nouveaux,
ils épouvantent les oiseaux ;
Et maintenant que Décembre sur les bruyères
S’acharne et mord
Et gèle, au fond des bières,
Les morts,
Un à un, ils s’immobilisent
Sur des chemins d’église,
Mornes, têtus et droits,
Les mendiants, comme des croix.
Avec leur dos comme un fardeau
Et leur chapeau comme la suie,
Ils habitent les carrefours
Du vent et de la pluie.

Ils sont le monotone pas
— Celui qui vient et qui s’en va
Toujours le même et jamais las —
De l’horizon vers l’horizon.
Ils sont l’angoisse et le mystère
Et leurs bâtons sont les battants
Des cloches de misère
Qui sonnent à mort sur la terre.

Aussi, lorsqu’ils tombent enfin,
Séchés de soif, troués de faim,
Des famines qui exterminent :
Moutons dont la fatigue à tout caillou ricoche,
Boeufs qui meuglent vers la mort proche,
Vaches lentes et lourdes
Aux pis vides comme des gourdes.

Ainsi s’en vont bêtes et gens d’ici,
Par le chemin de ronde
Qui fait dans la détresse et dans la nuit,
Immensément, le tour du monde,
Venant, dites, de quels lointains,
Par à travers les vieux destins,
Passant les bourgs et les bruyères,
Avec, pour seul repos, l’herbe des cimetières,
Allant, roulant, faisant des noeuds
De chemins noirs et tortueux,
Hiver, automne, été, printemps,
Toujours lassés, toujours partant
De l’infini pour l’infini.

Tandis qu’au loin, là-bas,
Sous les cieux lourds, fuligineux et gras,
Avec son front comme un Thabor,
Avec ses suçoirs noirs et ses rouges haleines
Hallucinant et attirant les gens des plaines,
C’est la ville que la nuit formidable éclaire,
La ville en plâtre, en stuc, en bois, en fer, en or,
— Tentaculaire.

(Emile Verhaeren)

Illustration: David Teniers 

 

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LE FRUIT PROVISOIRE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2018



 

Michael Whelan d_XL

LE FRUIT PROVISOIRE

Paroles interprétant nos brumes
Interrogeant nos déserts
Jours en charpies
Mots en tessons raclant nos terriers

Quel chant soudain vous échappe
Disloque vos mailles
Surplombe vos pages tressées ?

Partout la graine imagine
Et le printemps s’accorde à ce qui le détruit

Partout se recompose le fruit provisoire
La fleur sans détours habite parmi les bruits.

(Andrée Chedid)

Illustration: Michael Whelan

 

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