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Poésie

Posts Tagged ‘dispersé’

Seul dans le vol dispersé des mouettes (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



Seul
dans le vol dispersé des mouettes
maître des miettes
de mon cri

déjà
de l’autre côté
la nuit s’enfièvre nue
le noeud coulant de l’horizon
serré sur le soleil

et je n’aurai toujours rien dit

(Werner Lambersy)


Illustration: Vladimir Kush

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Ces pauvres choses (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    
Ces pauvres choses qui nous étaient
si proches, cartes et plumiers,
règles, compas, la nuit dispersée,
la confiance ancienne.

Aux quatre coins du monde,
les clameurs, les phares,
écoliers et chevaux, l’incroyable
beauté des rires et des voix.

Tout cela qui s’éloigne comme
un ballet d’éphémères, une feuille
au fil de l’eau flottant.

On ne voit plus devant soi
qu’abîme, une ombre, une autre,
des murs froids, des effondrements.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le froid te pénètre et t’éveille (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le froid te pénètre et t’éveille,
tu es multiple et vide, te voici
dans les paroles éparses, dans un vertige

Qui n’a pas de centre, tu n’es
personne, dispersé dans l’absence.

Perdu. sans lieu, naufragé de quel
voyage, dans la fraîcheur nouvelle
du plus vaste oubli.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Elle était sortie de sa boutique (Giampiero Neri)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




    
Elle était sortie de sa boutique
comme une apparition rapide
au passage des camions de soldats,
une figure dansante
parmi les véhicules dispersés,
mais c’étaient des Allemands qui battaient en retraite

***

Era venuta fuori dal suo negozio
come una apparizione veloce
al passare dei camion di soldati,
una figura danzante
fra gli sparuti autocarri,
ma erano Tedeschi in ritirata.

(Giampiero Neri)

 

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Les oiseaux s’envolent et les fleurs tombent (Kheng-Tsin)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



 

    

Les oiseaux s’envolent et les fleurs tombent

A l’aurore d’une matinée de printemps,
les oiseaux, arrivant par volées,
S’abattent dans le parterre en fleurs,
devant le pavillon de mon tranquille jardin.

A peine sont-ils posés,
que l’ouvrage de la nuit les effraie ;
Ils partent brusquement, tous ensemble,
non moins destructeurs que la nuit.

Le battement de leurs ailes
a détaché bien des pétales ;
Le vent, qui entrechoque les tiges,
maltraite aussi mes pauvres fleurs.

Des nuages de toutes couleurs
voltigent sur les degrés du perron ;
Il semble qu’il soit tombé de la neige rose,
comme au séjour des immortels.

Les oiseaux partis, le chant cesse ;
Les pistils et les étamines jonchent le sol,
flétris et dispersés.

De la terrasse du pavillon
j’ai contemplé longuement ce spectacle.
Ne sommes-nous pas souvent prodigues du temps
où nos années sont en fleurs ?

(Kheng-Tsin)

 

 

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DISPERSÉ (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




    
DISPERSÉ

Mais que devient-elle,
Où donc êtes-vous,
Que devient le ciel
Qui nous vit un jour?

Que devient la joue
De cette enfant rouge
Que nous dépassâmes
En nous retournant ?

Et votre belle main,
Refuge de vous-même,
Que la cachez-vous
Sous un souvenir
Qui n’est pas de nous ?

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Par le puissant souffle du vent (Bunya no Asayasu)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



Par le puissant souffle du vent
Sur la blanche rosée,
Dans les champs de l’automne,
Comme sont dispersés les joyaux
Que ne retiennent aucun cordon?

(Bunya no Asayasu)

Illustration: Hokusaï

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Dites-moi cette nuit (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



    
Dites-moi cette nuit

La présence du froid, de la peur invisible
Gèle à gouttes obscures le sang dans le brouillard,
Dans le brouillard vivant, vers le vague brouillard
Par un espace aveugle aux rigides épines.

D’une vie mystérieuse dorment les hommes
Tandis que de blancs déserts figurent le monde ;
Ce sont espaces brefs comme une main timide,
Muets, vides sous une lumière sans vie.

Oui, la terre est seule, bien seule avec ses morts,
A l’affût peut-être d’un inerte passant
Qui sans grimaces braverait son fouet nocturne ;
Mais nul corps n’apparaît rêvant aveuglément.

La douleur aussi cherche errante dans la nuit,
Suivant l’ombre qui fuit d’un plaisir sans défense ;
Et ses pas en silence, pâles, s’entrelacent
Fantôme interminable et son regard d’ennui.

Fantôme défilant prisonnier de personne,
Privé de voix, de mains, apparence sans vie,
Comme un pleur impuissant étouffé par les branches,
Une fuite soudaine éclatée sur un mur.

Oui, la terre est seule ; seule elle chante, parle,
D’une si faible voix inaccessible au ciel ;
Elle chante rires, plumes à travers l’espace
Sous un soleil brûlant reflété sur le sable.

Intime est cette voix, mais ce n’est que pour elle ;
Au dehors l’ombre prête un asile peu sûr.
Passe peut-être un cri déguisé de lumières,
Qui lutte vainement contre la peur, le froid.

Où palpite le gel ? Dedans, parmi la vie,
En un centre perdu de souvenirs éteints,
D’os habités de froid, du sifflement du vent
Et son bruit de feuilles qui s’en vont une à une.

Ses plumes moribondes étendent le brouillard
Pour dormir sur la terre un songe de haillons,
Songe de menaces qui s’hérisse de neige,
Oublié sur le sol, amour sous le mépris.

Le sang vient s’arrêter dans les membres de pierre
Tel le corail figé par la mer ennemie
Tel le corail gelé dans le corps dispersé,
Dans la nuit sans clarté, dans le ciel sans personne.

***

Decidme anoche

La presencia del frío junto al miedo invisible
Hiela a gotas oscuras la sangre entre la niebla,
Entre la niebla viva, hacia la niebla vaga
Por un espacio ciego de rígidas espinas.

Con vida misteriosa quizá los hombres duermen
Mientras desiertos blancos representan el mundo;
Son espacios pequeños como tímida mano,
Silenciosos, vacíos bajo una luz sin vida.

Sí, la tierra está sola, bien sola con sus muertos,
Al acecho quizá de inerte transeúnte
Que sin gestos arrostre su látigo nocturno;
Mas ningún cuerpo viene ciegamente soñando.

El dolor también busca, errante entre la noche,
Tras la sombra fugaz de algún gozo indefenso;
Y sus pálidos pasos callados se entrelazan,
Incesante fantasma con mirada de hastío.

Fantasma que desfila prisionero de nadie,
Falto de voz, de manos, apariencia sin vida,
Como llanto impotente por las ramas ahogado
O repentina fuga estrellada en un muro.

Sí, la tierra está sola; a solas canta, habla,
Con una voz tan débil que no la alcanza el cielo;
Canta risas o plumas atravesando espacio
Bajo un sol calcinante reflejado en la arena.

Es íntima esa voz, sólo para ella misma;
Al exterior la sombra presta asilo inseguro.
Un grito acaso pasa disfrazado con luces,
Luchando vanamente contra el miedo y el frío.

c Dónde palpita el hielo ? Dentro, aquí, entre la vida,
En un centro perdido de apagados recuerdos,
De huesos ateridos en donde silba el aire
Con un rumor de hojas que se van una a una.

Sus plumas moribundas van extendiendo la niebla
Para dormir en tierra un ensueño harapiento,
Ensueño de amenazas erizado de nieve,
Olvidado en el suelo, amor menospreciado.

Se detiene la sangre por los miembros de piedra
Como al coral sombrío fija el mar enemigo,
Como coral helado en el cuerpo deshecho,
En la noche sin luz, en el cielo sin nadie.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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L’ESPÉRANCE (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: Annagol
    
L’ESPÉRANCE

Craintive amie que l’Espérance;
Assise en dehors de ma geôle,
Elle guettait ma destinée
Comme font les coeurs égoïstes.

Elle était cruelle en sa crainte :
Un morne jour que, pour la voir,
J’épiais entre les barreaux,
Elle détourna le visage!

Faux veilleur faisant fausse garde,
Chuchotant paix quand je luttais,
Chantant si je versais des larmes,
Pour se taire quand j’écoutais!

Fausse, certe, autant qu’implacable :
Mes joies dernières humiliées,
L’Affliction même fut contrite
De voir leurs ruines dispersées.

Mais l’Espérance — dont un souffle
Eût guéri mon dément chagrin —
Gagnant les cieux à tire-d’aile,
S’en fut, et jamais ne revint.

***

HOPE

Hope was but a timid friend;
She sat without my grated den,
Watching how my fate would tend,
Even as selfish-hearted men.

She was cruel in her fear;
Through the bars, one dreary day,
I looked out to see her there,
And she turned her face away!

Like a false guard false watch keeping,
Still in strife she whispered peace;
She would sing while I was weeping;
When I listened, she would cease.

False she was, and unrelenting;
When my last joys strewed the ground,
Even Sorrow saw, repenting,
Those sad relics scattered round;

Hope—whose whisper would have given
Balm to all that frenzied pain—
Stretched her wings and soared to heaven;
Went—and ne’er returned again!

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Quelle joie (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




   
Quelle joie,
lorsqu’à la perle je fus uni,

Telle une vague, avec le vent,
tout mon être fut dispersé.

Dispersé comme l’éclair, de la mer,
j’ai révélé les secrets,

Puis, comme un nuage vidé,
au bord de l’eau, je me suis couché

(Mawlana Rûmî)

 

 

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