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Poésie

Posts Tagged ‘dispersé’

Mauvaise mémoire (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020


 

Les cimes dispersées les oiseaux du soir
Au chevet de la rue
Les échos féminins des baisers
Et dans les abris du désir
La grande obscurité éblouissante
des rebelles qui s’embrassent.

A pleines mains la pluie
Sous les feuilles sous les lanternes
A plein silence les plâtras des heures
Dans les brouettes du trottoir
Le temps n’est pas le maître
Il s’affaisse
Comme un rire étudié
Qui dans l’ennui ne germe pas.

L’eau ignorante
la nuit étourdie
vont se perdre
La solitude falsifie toute présence
Un baiser encore un baiser un seul
Pour ne plus penser au désert.

(Paul Eluard)

 

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Poésie (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



Poésie

Par-delà les mots
Elle sécrète la parole

En deçà du verbe
Elle questionne l’univers

Au-delà des murailles
Elle nomme la liberté

En deçà de chaque flot
Elle révèle l’océan

Désertant les conquêtes
Elle promet l’équipée

Elle remue le souffle
Sacre l’humble outil

Elle assemble les fragments
Du visage dispersé

Et désigne le mystère
Qui demeure entier.

(Andrée Chedid)


Illustration: Eloi Flore

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POSSIBILITÉ FLOTTANTE (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



POSSIBILITÉ FLOTTANTE

Ahanant âprement, jamais confiante, la conscience
Vient jusqu’à la vie ;
Chaos placides, aplanis,
Nous sommes superposés au monde !
L’homme, lorsque le songe le prend,
Est grossement modelé d’origine et de fin
Et de toutes les étoiles rassemblées
Et de toutes les lueurs les plus dispersées.

Anarchiste de la grâce !

Il se trouve être le même bras que la poussée de Dieu dans les
choses. Alors un énorme état le surprend.

Anarchiste de la grâce, il se tend
En jongleur tendant ses mains en fleurs,
En blés, en étés saccagés, en automnes mécontents

Il demande…

(Possibilité flottante,
Efficience éparse,
Familière durée en malhabile temps,
Grande chute !)

(Armand Robin)

Illustration: Michael Parkes

 

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Seul dans le vol dispersé des mouettes (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



Seul
dans le vol dispersé des mouettes
maître des miettes
de mon cri

déjà
de l’autre côté
la nuit s’enfièvre nue
le noeud coulant de l’horizon
serré sur le soleil

et je n’aurai toujours rien dit

(Werner Lambersy)


Illustration: Vladimir Kush

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Ces pauvres choses (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    
Ces pauvres choses qui nous étaient
si proches, cartes et plumiers,
règles, compas, la nuit dispersée,
la confiance ancienne.

Aux quatre coins du monde,
les clameurs, les phares,
écoliers et chevaux, l’incroyable
beauté des rires et des voix.

Tout cela qui s’éloigne comme
un ballet d’éphémères, une feuille
au fil de l’eau flottant.

On ne voit plus devant soi
qu’abîme, une ombre, une autre,
des murs froids, des effondrements.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le froid te pénètre et t’éveille (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le froid te pénètre et t’éveille,
tu es multiple et vide, te voici
dans les paroles éparses, dans un vertige

Qui n’a pas de centre, tu n’es
personne, dispersé dans l’absence.

Perdu. sans lieu, naufragé de quel
voyage, dans la fraîcheur nouvelle
du plus vaste oubli.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Elle était sortie de sa boutique (Giampiero Neri)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




    
Elle était sortie de sa boutique
comme une apparition rapide
au passage des camions de soldats,
une figure dansante
parmi les véhicules dispersés,
mais c’étaient des Allemands qui battaient en retraite

***

Era venuta fuori dal suo negozio
come una apparizione veloce
al passare dei camion di soldati,
una figura danzante
fra gli sparuti autocarri,
ma erano Tedeschi in ritirata.

(Giampiero Neri)

 

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Les oiseaux s’envolent et les fleurs tombent (Kheng-Tsin)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



 

    

Les oiseaux s’envolent et les fleurs tombent

A l’aurore d’une matinée de printemps,
les oiseaux, arrivant par volées,
S’abattent dans le parterre en fleurs,
devant le pavillon de mon tranquille jardin.

A peine sont-ils posés,
que l’ouvrage de la nuit les effraie ;
Ils partent brusquement, tous ensemble,
non moins destructeurs que la nuit.

Le battement de leurs ailes
a détaché bien des pétales ;
Le vent, qui entrechoque les tiges,
maltraite aussi mes pauvres fleurs.

Des nuages de toutes couleurs
voltigent sur les degrés du perron ;
Il semble qu’il soit tombé de la neige rose,
comme au séjour des immortels.

Les oiseaux partis, le chant cesse ;
Les pistils et les étamines jonchent le sol,
flétris et dispersés.

De la terrasse du pavillon
j’ai contemplé longuement ce spectacle.
Ne sommes-nous pas souvent prodigues du temps
où nos années sont en fleurs ?

(Kheng-Tsin)

 

 

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DISPERSÉ (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




    
DISPERSÉ

Mais que devient-elle,
Où donc êtes-vous,
Que devient le ciel
Qui nous vit un jour?

Que devient la joue
De cette enfant rouge
Que nous dépassâmes
En nous retournant ?

Et votre belle main,
Refuge de vous-même,
Que la cachez-vous
Sous un souvenir
Qui n’est pas de nous ?

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Par le puissant souffle du vent (Bunya no Asayasu)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



Par le puissant souffle du vent
Sur la blanche rosée,
Dans les champs de l’automne,
Comme sont dispersés les joyaux
Que ne retiennent aucun cordon?

(Bunya no Asayasu)

Illustration: Hokusaï

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